Breathe. ∞ Jake

Logan Rothschild
- Grand Manitou -
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Sam 10 Juin 2017 - 17:19
La sueur, les éclats de mes pensées éparpillés au sol, la tête qui tourne et tourne encore, m'entraînant dans un manège infernal. Je ferme les yeux. J'inspire. C'est douloureux. Le vide me broie encore, écrasant ma raison dans sa poigne languissante, je suis perdu à l'aube de mon désespoir. Mais trêve de prose. Je lève mon cul du carrelage immaculé en serrant les poings, plantant mon regard sur mon reflet fatigué. Toujours des valises sous les yeux, toujours ces iris trop bleus, paumés dans ce visage hâlé tiré par la fatigue. Je faisais la larve sur le sol parce que mon corps n'a pas supporté la douleur effarante de ma cicatrice encore récente. Mal sutturée. J'ai voulu régler le problème moi-même mais ma tolérance à la douleur connaît ses limites. Je me hais, je me hais... Si viscéralement, si tu savais. J'donnerais n'importe quoi pour cesser d'être moi. Pensées incohérentes. Merde.

Je soupire.
Attrapant un bandage, je l'enroule grossièrement autour de mon bras blessé, rajoute une compresse par-dessus et fais tenir le tour avec un autre bandage et du scotch. C'est rudimentaire hein mais c'est juste le temps de prendre ma douche. Le maniaque que j'suis ne supporte pas d'être sale. Et la chaleur qui nous fait tous transpirer comme des bêtes me pousse à prendre quelques douches par jour. J'envoie chier l'écologie, ouais. Et toi avec.

Je me désape et m'engouffre dans la cabine, actionnant l'eau froide qui se déverse instantanément sur moi. C'est rafraichissant, ça fait un bien fou, et surtout, ça m'réveille plus vite qu'un combo redbull-café. Il est cinq heures du matin, je n'arrive pas à dormir ; trop de choses se bousculent dans mon esprit à l'affût, trop d'introspections, d'hésitations, de pensées rebelles qui m'empêchent de trouver le sommeil. Elles ne me lâchent pas. Je suis surexcité, mon corps est fatigué mais quelque chose dans ma tête me maintient éveillé. Qu'est-ce ?

Le désir de vengeance.

Comme un écho à cette pensée, mon smartphone se met à sonner. Je finis de frotter ma tignasse ébène pour en extraire le shampoing, et m'extirpe de la cabine en quatrième vitesse.  À peine le temps de choper la serviette pour essuyer mes mains glacées, je décroche et enclenche le haut-parleur.

Ouais c'qui ?

Je viens sécher mon épiderme et mes cheveux, enfilant mes fringues pendant que l'autre me fait le topo de la situation.

C'est Yoann. J'ai trouvé de quoi lier ton Yakuza à une autre organisation. Mais ça tu t'en fous je présume. Il en a après toi pour des motifs qui ne concernent pas la mafia, j'ai creusé à partir de ce que tu m'as donné Dan et, merde, je crois que tu as mis un sacré bordel.
Je m'en branle, t'as une adresse ? Un nom ?

Je rajuste mon jean, et attrape à présent un t-shirt blanc que je m'empresse de revêtir, afin de ne plus voir ce torse découvert et l'énorme cicatrice qui y jonche.

Une adresse. Pas chez lui : plutôt une planque. Dans un hangar. Tu vas le tuer ?
Il a voulu me tuer.
Il a presque réussi.
Alors tu connais la réponse, abruti. Envoie-moi l'adresse par SMS, et m'appelle plus quand j'suis sous la douche. J'raccroche.

Après avoir raccroché, je refais face à mon reflet. Rajustant quelques mèches de cheveux, j'empoigne ensuite le parfum aux fragrances boisées, celui que j'porte depuis des années. On dirait pas comme ça mais, avant d'être une pourriture se complaisant dans le sang et la boue, j'étais ce gars avec sa chemise blanche et à l'allure impeccable. Même si j'fume, je déteste sentir la clope. Alors un pshit au niveau du cou, avant que n'attrape mes vêtements usagés pour les balancer dans le lave-linge, l'actionnant au passage. Ceci fait, je sors de la salle de bains.

Mes pas me mènent jusqu'à ma chambre encore plongée dans l'obscurité. Là, un sourire étire mes lèvres. Je touche bientôt au but.

Rappelez-vous, de cet enfoiré qui a voulu m'tuer. Mon corps meurtri dans les rues d'Inazami, moi chancelant, moi m'écroulant. Et le sang, mon sang, qui s'est écoulé longtemps, jusqu'à ce que je vois des étoiles invisibles et que je me sente partir, quitter peu à peu la matérialité. Dans la sérénité. Souvenez-vous, de cette silhouette fine au-dessus de ma carcasse abîmée, de ces longs cheveux blonds et de ce regard apeuré. Et la douleur qui irradie, la souffrance qui m'envahit. Elle essayait d'arrêter l'hémorragie. Je l'ai détesté. Je l'ai détesté du fond de mon âme. Du plus profond de mes tripes à l'agonie.
J'ignore par quel miracle j'ai trouvé la force de me relever. J'ne sais même pas à quoi je me suis raccroché pour garder cette volonté de vivre. Soyons honnête hein, mon existence ne rime à rien. J'pense qu'inconsciemment je provoque la Mort, en espérant qu'elle vienne me chercher, pour mettre fin à cette mascarade. Tout c'que je sais faire, c'est tuer. Détruire. Faire souffrir. Me faire souffrir.

Mon portable sonne de nouveau. Dans un grognement, je reviens sur mes pas, traversant le salon pour déboucher sur la salle de bain, où dort mon smartphone. Je décroche, agacé :

Quoi encore ?
Logan ?

Cette voix, je la reconnais immédiatement.

Jake ? Y'a un problème ?

Silence. Le despote n'a pas l'habitude d'être aussi peu loquace, et cette constatation m'emplis immédiatement d'inquiétude. Que s'est-il passé, bordel ? Comme si j'avais pas assez de problèmes comme ça. Les flics et les yakuzas veulent ma peau, j'suis abîmé d'partout, j'ai un gang à démanteler et un autre boulot sur les bras, j'ai pas le temps d'être inquiet. J'ai pas le temps de subir les sentiments.

J'ai fait une connerie.
Attends, quoi ?
J'ai besoin de toi. Tu peux venir à Uzume ? Très rapidement.  

A peine prononce-t-il ces mots que je cours jusqu'à ma chambre, attrape un couteau de combat que je cale dans ma rangers et chope un sweat à capuche afin de passer plus inaperçu. Je l'enfile, mets la capuche sur ma tête et quitte mon appart' en trombe, Jake toujours à l'autre bout du fil.

T'es où ?
Pas loin d'Inazami, je vois les usines d'ici.
J'arrive.

Je raccroche, enfouis le portable dans la poche arrière de mon jean, et me mets à courir. Je déteste cette sensation. J'me sens fébrile, je suis tellement inquiet que mon coeur plonge dans une tachycardie frénétique, mon estomac se tord, j'ai la gorge sèche et je tremble. Jake. S'il lui arrive quelque chose, je... Je le supporterais pas. Je pourrais jamais surmonter ça. Il est la seule personne qui compte vraiment, la seule personne pour qui je mourrais s'il le fallait.

Dans le ciel, le soleil commence à se lever. J'arrive à Uzume, les rues sont calmes, la seule silhouette que j'entrevois est celle de mon despote, visiblement en vie. Sur pieds. En forme. Je m'approche, la moue interrogative, la tête penchée sur le côté...

Alors ?

... Et ce que j'apprends à cet instant me glace le sang.

TO BE CONTINUED MOUHAHAHAHA.
Boon du coup tu me dis si niveau dialogue ça te va, mais comme on en a déjà parlé sur Line ça devrait le faire. ♥ Vu qu'c'est juste un RP de transition tu pourrais répondre et clore directement ? Si t'as besoin d'intégrer des dialogues de Logan dans ta réponse -pour que ce soit plus fluide ou que sais-je encore- là encore j'suis dispo sur Line/Skype. Beusous.



mon coeur est passé sous le métro. #384C83 " Je fais ce que je peux. Avec mes silences et le reste. Avec mes peurs de bête. Avec mes cris d'enfant qui ne débordent plus. Je fais ce que je peux. Dans ce petit bain de cruauté et de lumière. Dans les éclats de verres et de mensonge. Dans la délicatesse. Dans la violence du temps qui piétine nos rêves. Dans nos petits pataugements précieux. Un matin après l'autre. Un oubli après l'autre. Un mot sur le suivant. Je fais comme tout le monde. Avec le ciel et sans les dieux."
Merci Jake !:
 

Breathe. ∞ Jake

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