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Collision ∞ Bastian (terminé)
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Lun 19 Juin 2017 - 22:33

Le paysage défile au rythme de mes enjambées effrénées, à mesure que j'écrase sous mes pieds les mètres par centaines. Haletant. Le souffle désorganisé. Les pensées pulvérisées. La soirée est déjà bien avancée et, j'aurais pu faire partie de cette populace flânant dans les rues en cultivant leur douce insouciance, ouais. Hein. Mais tu me connais, j'ai le chic pour m'attirer les pires emmerdes que ce monde puisse porter, alors je cours, je m'esquinte la santé et les poumons dans un dédale de ruelles dégueulasses. Mes rangers abîmés heurtent le sol dans un bruit mat, le silence enveloppe le district dans lequel j'évolue précipitamment ; seule ma respiration erratique fait écho dans les ruelles trop étroites que j'empreinte machinalement. Ma course frôle l'inconscience effarante, tant j'enjambe des obstacles et tente des raccourcis improbables. Hop', un muret. J'accroche mes mains blessées à son sommet et je passe au-dessus, avec une agilité... discutable. J'ai beaucoup de mal à traîner ma grosse carcasse de presque cent kilos, et même si je suis doué au combat ou bien pour viser des têtes dans à peu près toutes les situations, j'ai franchement du mal lorsqu'il s'agit de porter mon propre poids. Je ne suis pas non plus d'une souplesse exceptionnelle ; tu me verras jamais tenter un high-kick au risque de m'froisser un muscle.

Fils de pute ! Reviens ici !

Je grogne.
Tu sais quoi ? Je hais les humains. Ça m'inclut moi également, va pas croire que j'me considère au-dessus de toute cette masse de déchets. Quoique.
Vraiment, j’exècre viscéralement mes congénères. Et rien que d'entendre la voix de cet abruti me sommer de "revenir ici", comme si j'allais, par un miracle incongru, lui obéir... ça m'horripile. Monstrueusement. J'ai juste envie de revenir sur mes pas pour lui coller une balle dans la tête et le refourguer à un psychopathe d'Inazami. Ça me titille, si tu savais comme c'est tentant... Si j'arrachais sa vie inutile, il cesserait de beugler, de geindre et de chouiner. Il fermerait enfin sa putain de gueule et épargnerait le monde de l'immondice effroyable qu'il représente.

Ils sont tous pareils. Tous à chercher les emmerdes. Y'en a pas un pour rattraper l'autre. Faibles, cupides, vaniteux, ils provoquent en moi une haine intense et insoutenable me broyant les tripes. Tous les gens que j'ai côtoyés dans ma putain de vie, toujours les mêmes. Poignardé plusieurs fois, au sens propre comme au figuré. Laissé pour mort. Abandonné. Par des raclures qui n'ont pas cessé de vouloir me faire croire au doux rêve que, ouais, les gens qui se soucient de toi, ça existe. Non. Les personnes soucieuses d'autrui le sont uniquement car cela leur permet de se sentir bien dans leur putain d'existence insignifiante. C'est réducteur, ouais. Je généralise, j'assume. Je. Vous. Déteste.

Nouvel obstacle. Dans la fébrilité de l'instant, je tente une cascade hasardeuse. C'est un muret plus haut que les autres qui me permettrait de semer cet enfoiré en deux secondes, alors j'me lance. J'escalade, mais l'humidité poisseuse stagnant sur le sommet de la plateforme me fait perdre l'équilibre. Je me réceptionne de l'autre côté... Me réceptionne ? Non, j'm'éclate la gueule sur le sol, côté flanc. Et accessoirement, côté bras-pété-avec-des-sutures-faites-à-l'arrache. La douleur explose instantanément, fulgurante, m'arrachant un gémissement de douleur. Ma main gauche vient s'aplatir sur mon bras droit, comme si ça allait atténuer la souffrance m'envahissant à cet instant. Cette fois je grogne, me relevant en serrant les dents. Il faut que je continue ma course, au moins sur quelques mètres, afin de pouvoir regagner Inazami en paix.

Bordel, ça fait maaaaal. Allez, on inspire. On expire. Calmement.
OH MON DIEU JE CROIS QUE JE PISSE LE SANG.
On a dit CALMEMENT, bordel de merde !

Je saigne, un peu, pas de quoi en faire tout un plat. Alors je reprends ma course, d'une démarche certes plus hésitante qu'à l'accoutumée, mais tout aussi rapide. Tête baissée. Parce que si je fixe l'horizon, je vais penser à tout le chemin à faire pour retourner chez moi, en sécurité, dans ma p'tite tanière de loup solitaire, et j'vais déprimer.

Je cours, je me presse, je halète de nouveau en occultant les présences humaines qui peuplent les rues commerçantes. Pourtant, j'aurais dû faire attention.

Un bruit de freins, strident, m'extirpe un instant de ma léthargie agonisante. Dans ma course, je lève le regard et mes yeux bleus se retrouvent alors immédiatement éblouis par deux phares plantés juste devant moi. La seconde d'après, j'me prends le véhicule. Ça a le mérite de me stopper net, en PLS sur le sol hein, complètement sonné. J'ai heurté une foutue moto de plein fouet, en plein dans le flanc droit, comme si le destin s'acharnait. Je ne sais pas à quelle vitesse elle roulait, visiblement pas si vite puisque j'ai encore la force de penser, d'avoir conscience de moi, conscience d'être. Je ressens la douleur. Je viens de capter que je suis encore passé à deux doigts de la mort. Mon sweat est déchiré, laissant entrevoir quelques centimètres carré de mon ventre hâlé. Mes mains sont éraflées, mais je les remercie d'avoir amorti la chute. Ma tête est intacte. Je crois.

J'inspire.
Je suis vivant.

OH PUTAAAIN.

Deux ou trois personnes nous regardent. Et les seuls mots qui se jettent hors de mes lèvres, dans un réflexe presque naturel, sont des excuses.

Merde, merde, merde... J'suis désolé. J'suis vraiment désolé.

Désolé d'être un abruti fini qui gambade dans la rue sans regarder où il va. Désolé d'être encore en vie. J'essaye de me relever, à mon rythme, lentement... mais je n'ai pour l'instant que la force de me redresser. Encore hagard, j'observe les dégâts, sous les yeux éberlués des passants. Je suis calme, trop calme, ils me croient peut-être sous le choc ? Ce n'est pourtant pas le cas, si j'pouvais être choqué par quoi que ce soit ça se saurait.

Maintenant j'ai plus qu'à subir la gueulante du motard en colère qui va me faire la morale en me prenant pour un ado attardé. Super... J'aurais préféré crever.

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Dim 2 Juil 2017 - 19:37
Collision - Logan Rothschild


Cette odeur, je la connaissais. Un pneu qui glisse sur l'asphalte, jamais je n'aurais cru que ça viendrait de ma moto. La peur envahissait mon corps tout entier tellement qu'en descendant, mes jambes tremblaient. Mes mains étaient encore posées sur le guidon, j'avais eu de la chance dans ma malchance faut croire, de ne pas être tombé sous le poids de l'engin. Quelque chose avait sauté de nul part; un gros sac peut-être? Non, pas quelqu'un. Ma conscience ne voulait pas entendre ça, avoir frappé une personne. Même un chien elle s'en voudrait à mort. Putain. C'était bel et bien quelqu'un. On ne pouvait pas voir mon visage avec mon casque noir qui cachait l'intégrale de ma tête, mais je devais agir et vite. Un délit de fuite? Non jamais. Avec les gens qui nous regardaient, comment j'aurais pu faire ça de toute façon. Ils n'étaient pas beaucoup, certes. Ces idées étaient déjà chassées, je voulais avancer mais mes signes vitaux ne répondaient pas à mon cerveau. Mes oreilles cillaient, comme si j'avais reçu un coup de feu juste à côté de mes tempes.

J'aurais dû faire plus attention. Si je n'étais pas venu dans ce quartier, ou si j'avais roulé plus lentement, il serait passé derrière la moto ou même encore, si je n'étais pas resté au boulot plus tard, peut-être que je ne me serais pas fâché avec toute cette paperasse désordonnée. Le sommeil me manquait, je devais décompresser. On m'avait toujours dit de ne jamais aller dans ce quartier dangereux le soir; j'avais oublié l'heure. Faire de la moto m'aidait à m'échapper, un peu comme faire de la sculpture. Ce sont deux choses différentes, mais je les aime autant l'une que l'autre. Je m'en voulais de ne pas être resté chez moi, à bricoler avec mes blocs de bois comme un gamin qui s'amuse aux légos. Merde. C'est évident que je ne connaissais pas le coin, j'errais lentement avec mon bolide sport, rouge et noir pour attirer l'attention de tout le monde hein. Il fallait que je tourne un coin pour voir cet homme, le même qu'un chevreuil qui reste devant les lumières d'une auto. Réveille, on n'est pas au Canada ici, il n'y a pas de stupides bêtes apeurées qui restent planquées là. J'aurais eu besoin d'une gifle à ce moment précis.

Aller Bastian, ressaisis-toi! C'est le temps de jouer au docteur, tu as un humain devant toi. On n'est plus à l'université ou l’hôpital, ça se passe maintenant. J'ouvre mes mains, oubliant de mettre l'accotoir pour la moto, elle tombe par terre. J'enlève mon casque qui roule sur l'asphalte et je m'avance vers lui. Je suis seul, les commerçants finissent par s'en aller, comme si rien ne s'était passé. Ils sont débiles ou quoi? Personne n'appelle d'ambulance, et comme un imbécile, je n'ai pas mon cellulaire. La joie, et si celui que je venais de frappé est fou, c'est moi qui va se ramasser sur le sol. Je commence à reprendre mes esprits et à voir tout ce sang. Les tremblements ont cessé, je regarde moi-même mon corps, je n'ai rien sauf quelques tensions aux doigts et aux cuisses.

Je pince les lèvres. Tout ce rouge, ça ne vient pas de moi. Je ne roulais pas assez vite pour faire autant de ravages sur son corps, il faudrait l'amener à l'hôpital mais je suis certain qu'il ne voudrait pas, traînant dans un arrondissement comme celui-là. On dit quoi dans ce temps là? ''Alors rentre chez toi, tu sais quoi faire!'' Bien sûr que non. Je pourrais l'amener dans mon appartement, mais je n'ai pas les effectifs pour de tels plaies. Je pensais beaucoup trop, et de toute façon, j'étais arrivé devant lui.

-Garde ta salive pour tes forces. Puis tu devrais rester par terre, je pourrais voir si tu as quelque chose de cassé. Je suis médecin, j'imagine que tu ne veux pas aller à l'hôpital hein? Tu vas avoir besoin de points de suture, je peux t'amener à l'université où j'y travaille, ce sera plus sécuritaire. C'est ça ou j'appelle la police.

La police, il en aurait rien à foutre, mais vue son état, il aurait intérêt à accepter. Je le fixais dans les yeux, cachant mon hésitation. Je ne le connaissais pas après tout, il pouvait bien m'en coller une et partir avec ma moto, même si mon gabarit fait peur à la plupart des gens. J'haussais un sourcil en attendant sa réponse, fébrile à l'idée d'agoniser seul dans le noir.


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Mer 5 Juil 2017 - 21:15

Les gens m'observent, dardant leurs regards intrigués sur ma personne ensanglantée. Ils restent plantés là, immobiles, contemplant le spectacle d'une silhouette abîmée par un impact aussi prompt que brutal ; ils penchent leurs têtes et se questionnent, mais n'esquissent pas le moindre mouvement vers moi. Ni aide, ni considération. Je ne leur reproche rien mais constate simplement qu'ils sont humains. Humains dans leur égoïsme. J'ai l'habitude, d'être ainsi ignoré. J'ai toujours avancé seul tu sais, j'suis assez débrouillard dans mon genre et mon côté solitaire n'a fait que renforcer ce trait de caractère. Je n'ai pas besoin d'autrui. Je ne dépends de personne. Alors voir ces Nippons apathiques me toisant sans vergogne, avant de se détourner le plus naturellement du monde pour s'en aller... ça me fait que dalle.

Mes yeux bleus viennent doucement chercher des repères inaliénables ; le sol, en l'occurrence. Précautionneusement, mes deux mains jonchées d'éraflures plus ou moins marquées effleurent le bitume, quémandant une sensation me permettant de m'ancrer dans la réalité. Dans la matérialité. Je suis là, je suis en vie. Je respire. Ma jambe droite me fait souffrir, la douleur palpitant laconiquement, en fond. Rien de cassé a priori ; sinon j'aurais hurlé ma race bien comme il faut.

Les bruits de pas que j'entends sur le côté se rapprochent de moi, me tirant de ma contemplation ahurie qui me saisissait jusque-là, mes yeux plantés sur le sol, mes mains et mon sang le bariolant. Je relève le visage, mon très cher faciès adoré désormais parsemé de deux égratignures, sur ma joue et mon menton. Mon regard sombre accroche alors une silhouette imposante, plus massive et sans doute plus grande que moi. Un petit air d'Occident, avec sa chevelure blonde et ses prunelles onyx ; il me rappelle un peu le stéréotype du bûcheron sexy sur lequel fantasment les gonzesses, il ne lui manque que la chemise à carreaux. M'enfin. J'dois vraiment être tombé sur la tête pour lui accoler un tel adjectif. Sexy ? Rectification : carrément louche, en fait. Sa dégaine... j'sais pas, je lui fais pas confiance. il va m'en coller une et ma tête va s'envoler avec la légèreté d'une balle de ping-pong. Tch.

Sa tirade ne fait qu'exacerber mes doutes. Un soi-disant médecin - tiens, comme par hasard ! -, qui en plus me menace d'appeler les flics ? Et pour quoi faire, hein ? Leur dire gentiment qu'il a failli me tuer ?! Je fronce les sourcils, amorçant un mouvement de recul instinctif.

Qui me dit que t'es vraiment médecin, d'abord ?

La méfiance, encore et toujours, si lancinante et corrosive lorsqu'elle s'impose à moi. Je n'y peux rien, c'est habituel. Je ne donne pas ma confiance à autrui, les barrières que j'ai si longtemps érigées ne peuvent pas s'abattre comme ça, en un claquement de doigts. Ça marche pas comme les ponts-levis, tu vois. C'est un processus long, chiant, et de toute façon, personne n'a jamais eu la patience de me fréquenter plus de quelques heures sans céder à l'envie de me coller une gifle. Un coup de poing. Ou un coup de couteau. Mon caractère de merde, peut-être. Sûrement.

Je soupire, l'air las. Ma main quitte le sol pour s'attarder distraitement sur la courbure de mon bras blessé, la douleur m'arrache une grimace et je réprime alors un grognement mécontent. J'ai l'air d'un gosse. Un gosse avec sa petite moue renfrognée, les lèvres pressées en une expression presque boudeuse.

En vrai, j'suis un peu acculé, là. Je n'ai pas envie de m'expliquer devant la police, ni d'aller avec ce type que j'connais ni d'Ève ni d'Adam... et si, admettons, j'accompagnais ce bûcheron à son lieu de travail, mh ? Il va m'ausculter. Indubitablement. Me toucher, avec ses mains, palper mes plaies, étaler ses empreintes sur moi... Argh, je hais les contacts physiques. Même un effleurement, j'supporte pas. Avant, ça me provoquait juste une sensation d'inconfort, j'me disais que j'devais pas être un gars trop tactile. Mais avec le temps, c'est devenu effroyablement désagréable. Surtout quand il s'agit d'inconnus.

T'sais quoi ? J'suis majeur et vacciné, alors laisse-moi me débrouiller. J'suis pas très loin de chez moi de toute façon.

En espérant qu'il ne se saisisse pas de son portable pour composer le numéro des forces de l'ordre. Il manquerait plus que ça...

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Mer 26 Juil 2017 - 16:54
Collision - Logan Rothschild
On lui sert un plateau d'argent et il me le balancerait au visage s'il le pouvait, franchement. Je dois avouer que mon ton était sec, assez pour faire chier n'importe qui. Depuis quand j'étais aussi offensant avec les autres? Mmmh, peut-être à cause de mon air d'ours enragé. Ça me laisse toujours perplexe de ne pas savoir quoi pensent les gens vis-à-vis moi; j'ai toujours l'impression d'être le méchant loup dans les trois petits cochons, quel complexe! En même temps, c'était compréhensible qu'il soit sur la défensive, je ne ressemble en rien à un médecin. Mon expiration était si longue que mes muscles étaient détendus. J'avais quoi à perdre maintenant? Beaucoup de choses, certes. J'ai ma famille, des amis, mon job. Oui, mon travail! Je pouvais prouver que je suis médecin, pourquoi ne pas y avoir pensé avant! D'un ton calme et chaleureux, j'essayais de le résonner.

-Écoute, je n'ai pas plus envie que toi d'être dans un merdier et pour être franc, je n'ai pas mon téléphone avec moi. Si tu me laisses une minute pour sortir mon porte-feuille, je peux te prouver que je suis médecin et...si tu n'habites pas loin, tu serais déjà parti, non?

La confiance devait s'installer entre nous, on aurait pas le choix. Un petit espoir, mince soit-il, devait régner. Je ne faisais pas de geste brusque, loin de là mon intention. Dans ma poche arrière se trouvait mon porte-feuille, où il y avait ma carte inscrit ''Médecin universitaire''. Je la gardais toujours sur moi, au cas où un événement arriverait hors de l'université. Je ne m'attendais pas à celui comme ce soir, évidemment; plus un étouffement ou un arrêt cardiaque dans un restaurant, vous voyez le genre. Il y avait mon visage et mon nom aussi, quoi de plus crédible? Avec un sourire en coin, je lui montrais ma carte. J'espérais seulement qu'il ne soit pas assez stupide pour s'enfuir. Je me fiche bien du pourquoi il était dans ce quartier ou comment il s'était fait toutes ces blessures, je veux juste aider. Secourir et épauler les gens, ce sont mes priorités dans la vie. On me dit souvent que je suis un bourreau du travail, mais ce n'est pas ce que je pense. C'est surtout un mode de vie, car ce n'est pas uniquement pendant mon quart de travail que les gens ont besoin d'être guéris ou écoutés, c'est 24 heures sur 24. Si un ami m'appelle en détresse la nuit, je vais répondre à mon téléphone. Jamais je ne laisserai quelqu'un mourir par manque de temps.

-Tu vois, je veux juste t'aider. Fais-moi confiance, si tu montes sur ma moto et qu'on va à l'université, tu seras remis sur pieds en moins de deux.

Étrangement, mon cœur s'était remis à battre normalement. La peur et l'insécurité avaient disparu d'un coup. Je me suis retourné en direction de ma moto, ramassant mon casque par le fait-même. Je savais qu'il viendrait, car il me rappelait une personne que j'avais connue. Sinon j'étais carrément à côté de la plaque. Un coup sur mon véhicule, je lui lançait mon casque. Il en aurait plus de besoin que moi.

-Alors, tu viens?



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- Grand Manitou -
Ven 28 Juil 2017 - 19:48

Les traits de son visage changent. Se détendent. Les miens en revanche, sont toujours crispés dans une expression de loup blessé : entre la crainte et l'agressivité latente. Je le regarde, de biais, je le dévisage lourdement, affrontant ses iris noirs comme si je voulais le plonger dans un torrent bleu nuit. Non, c'est pas en jouant la carte de la sympathie qu'il va m'avoir. Ils font tous ça. Toujours avenants, avec leurs sourires odieux et hypocrites, ils te toisent et viennent te noyer avec leur condescendance à peine voilée, comme un châle poisseux qu'on recouvrerait doucereusement sur toi. Si lui est médecin, moi je suis bénévole à Amnesty International. La blague.

Mes mains sont solidement ancrées sur le sol, m'y accrochant comme si je m'agrippais à mon semblant de liberté. La voix de l'inconnu se mue pourtant en quelque chose de... différent. Ça sonne soudainement chaleureux. Je cille, un peu perdu, dépaysé et incrédule. Il me parle, le sourire audible dans sa voix. Il me parle et ce n'est pas agressif. Depuis combien de temps est-ce qu'on ne s'est pas adressé à moi de cette manière ? Je n'ai plus l'habitude de rien, de tout ce qui fait l'être humain. Malgré ça, ma méfiance ne s'éteint pas. Je lorgne avec sévérité le moindre de ses mouvements, la moindre inflexion de ses muscles vers ma personne en piteux état. Ils sont tous pareils, ne l'oublie pas. Tous semblables, reste vigilant.

Il extirpe - très lentement - quelque chose de sa poche arrière ; un portefeuille qu'il ouvre avec précaution. Mes yeux ne le quittent pas, s'accrochent au mouvement alangui de ses mains parcourant ses effets personnels, et il me montre enfin une carte de visite. Bastian Doyle. Médecin Universitaire. Les informations tonnent en moi comme un coup de fusil retentissant au loin. J'entends son écho : Bastian Doyle, médecin universitaire. Je répète distraitement, trébuchant dans l'amas de pensées qui stagnent dans ma tête : médecin universitaire. Je me détends. Imperceptiblement. Mes mains relâchent leur prise sur le sol, je lève le visage vers lui et le regarde droit dans les yeux. Mais trop tard : il se détourne déjà.

Tu vois, je veux juste t'aider. Fais-moi confiance, si tu montes sur ma moto et qu'on va à l'université, tu seras remis sur pieds en moins de deux.

Au fond de moi s'affronte une foule hystérique de sentiments opposés, qui scandent et hurlent à plein poumons de ne pas céder, de ne pas faire confiance, parce que ça finit toujours mal de toute façon et que j'apprends jamais de mes erreurs. Et puis il y a quelque chose, là, quelque part, qui me susurre un tentant "pourquoi pas ?". "Juste pour cette fois". Juste histoire d'être rafistolé sans frais. Après ça, je retourne à Inazami. Je ne m'engage à rien. Je. Ne. M'engage. A. Rien.

Un soupir, tandis que je l'observe s'éloigner de moi, rejoignant sa moto. Péniblement, je tente de me relever. D'abord, je plie les jambes : une douleur fuse instantanément le long de ma cuisse, tirant mes traits en un rictus de souffrance lancinante. Mes mains s'aident du sol pour me relever, doucement, avec toute la précaution du monde, alors que mon esprit à l'affût guette la moindre étincelle de douleur. Mon flanc droit. Je n'ose même pas soulever mon sweat pour constater les dégâts, je sais par avance qu'un hématome immonde fait doucement sa place sous ma peau.

Alors, tu viens ?

Il me lance son casque. Mes réflexes encore fonctionnels, je le rattrape. Je titube jusqu'à lui, essayant de ne pas boiter mais force est de constater que je suis salement amoché. Arrivé à sa hauteur, je lui rends son casque.

Me prêter un casque, c'est comme mettre un petit pansement sur une hémorragie. Ça sert à rien. J'ai déjà la gueule éclatée.

Et j'enfourche, avec une difficulté notoire, le véhicule. Passons sur le fait que je suis PROFONDÉMENT mal à l'aise, ainsi contraint d'être le passager blessé, comme un gosse se rattachant à son paternel. J'ai... honte. Me demande pas pourquoi. Je me sens faible, démunis, je me sens... comme le petit orphelin que j'étais avant. Est-ce qu'il a eu pitié, hein ? Alors que la moto démarre, je me terre dans un mutisme affolant. Le silence. Mes pensées se taisent. Je suis mal et j'ai mal.

Et sans même le remarquer, ma respiration se fait plus lente. Mes paupières se ferment sur le monde, et j'ignore si c'est l'épuisement ou bien le sang perdu qui me rend si léthargique ; toujours est-il que, sans pouvoir l'anticiper ni lutter, ma joue vient trouver le dos du médecin, s’accaparant ainsi un oreiller improvisé. Peu à peu, je m'endors carrément contre cet inconnu, bercé par le vrombissement régulier de sa moto.

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Ven 15 Sep 2017 - 21:45
Collision - Logan
Parfait, je ne m'étais pas planté. En revanche, ça allait être un vrai casse-tête rabibocher ce colosse. J'avais mis mon casque puisque visiblement, il n'avait pas tord. Toutefois, une chose était clair chez lui, ce ne sera pas ce soir qu'il va mourir. S'accrochant à la vie comme il le faisait peut-être inconsciemment, certes, c'était de mon point de vue un grand courage. Celui-là en a dû voir de toutes les couleurs depuis qu'il était un gamin, ça me désolait par le fait-même. Après sa démarche de zombie, on se mettait en route vers l'université. À priori, le couvre feu était passé depuis un bon moment. J'étais parti à quelle heure? Aucune idée. J'inventerai quelque chose de plausible si jamais quelqu'un me demande ce que je fais ici; avec un homme pris pour mort dans les bras. Je l'ai trouvé errant, comme un chaton, mais c'est un humain, quoi de plus vrai. Quel con! Faudra faire vite pour l'amener dans mon cabinet, déjà qu'il semble bien endormi entre mes omoplates.

La moto garée devant mon bureau, je tenais son corps bien droit pour le faire glisser sur mon dos. Il doit peser pas loin du deux cents livres putain! En plus de la carte de visite dans ma bouche et de traverser le couloir avec ce sac à patates, on se croirait dans un film de série B tellement c'était louche. Aussitôt le jeune homme déposé sur la table des patients, je prenais une grande respiration en étirant ma colonne. Un abonnement au gym ne me ferait pas de tord maintenant que j'y pense! La porte barrée à clé, personne ne viendrait me déranger, ou plutôt nous déranger.

Enlever tout cet habillement, ça sera déjà ça de fait! Je lui laissais son sous-vêtement, question d'intimité. Et puis, il y avait que le sang séché de sa plaie dessus, rien à signaler à son entre-jambes. C'était tant mieux, je ne me ferai peut-être pas sauter à la gorge avec cette honte qui la rongera à son réveil. En le regardant, il semblait si démuni, vulnérable. Je devais me mettre en mode docteur, la quantité de sang continuait à tomber à grosse gouttes. Une anesthésie locale ne pourrait pas fonctionner puisque deux gros ecchymoses se formaient sur sa cuisse et son flanc droit. Mmmh, je n'utilise rarement cette méthode mais je devais lui injecter une anesthésie générale, afin de régler chaque partie avec ce que je possède dans ce bureau. Je me croirais aux urgences de l’hôpital avec toute cette adrénaline! Par chance que je garde toujours des couvertures et des vêtements de rechange.

C'était assez étrange de voir des points de suture à moitié bien faits, faudra tout refaire. En plus de voir si les côtes sont cassées, ce qui se cache dans cette cuisse droite et sortir les cailloux de ses mains. Ma chevelure me démangeait et j'avais si chaud. On commence par le début, défaire ces points et les refaire correctement. Toute ma concentration était de mise, pendant que le patient dormait paisiblement. Je n'avais pas de scanner à l'université, faute de budget faut croire. Je n'avais qu'à tâter pour savoir si un os était cassé; il a eu beaucoup de chance le malin. Seulement une côte de cassée à droite, le fémur est intacte. J'avais lavé tout le sang qui avait coulé sur son corps, mis de nouveaux points de suture, un bandage pour la côte cassée, de l'alcool à friction sur la joue et son menton. Son histoire piquait ma curiosité. Pourquoi un jeune de son âge était si mal en point? Je n'allais quand même pas fouiller dans ses affaires pour trouver son nom, un peu de politesse malgré qu'on ne soit pas vraiment dans un hôpital.

Un sourire bête se dessinait sur mon visage, comme si je venais de sauver une vie. Il n'y avait pas assez d'antalgique pour soulager toutes ses blessures à son éveil, il devra endurer pour quelques heures. Puis, bouger lui fera un mal de chien, il ne pourra pas aller bien loin sans se plier en deux. Quant à moi, la fatigue me gagnait petit à petit. Assis sur la chaise, je cognais des clous en attendant qu'il se réveille d'une minute à l'autre. Le soleil faisait son arrivé pendant que je trouvais la nuit.

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Mar 19 Sep 2017 - 20:55
Bah alors Logan, tu viens pas ?

Le garçon secoua doucement la tête en guise de réponse, ses mains resserrées autour de sa guitare abîmée. La force de l’enfance ravagée, les phalanges blessées et les chaussures pleines de boue. Il agrippait, serrait, retenait cet objet las aux cordes brisées, le regard empreint de cette amertume épouvantable l’étreignant comme des bras décharnés.

Il se souvenait du nœud dans sa gorge, de l’avalanche de larmes sur ses joues et de la sensation monstrueuse de son âme suffocante, lorsqu’il est parti. Lorsqu’il a senti ce regard noir posé sur lui, et qu’il l’a regardé faire volte-face, chacun de ses pas chargés d’une rancune indélébile. Son seul ami l’abandonnait avec tout le flegme du monde, crevait les promesses d’antan pour rejoindre sa nouvelle famille, délaissant celui qui avait été son « petit frère » au profit d’inconnus maintenant dotés d’une autorité parentale.

La Gérante n’aimait pas les larmes. Une gifle, pour ne pas avoir fait acte de présence et souhaité un bon départ à son ami. Une autre, pour le faire cesser de chouiner.


Je vais t’apprendre, moi, à faire des caprices !

Son haleine empestait la clope, mais Logan se laissa escorter jusqu’à sa chambre, où il fut contraint de rester jusqu’au lendemain. Privé de nourriture, comme ce matin et hier soir. Une litanie notoire.
Son petit mètre trente-cinq se hissa jusqu’au miroir mural, inspectant son visage rougi. Calmement, il vint essuyer ses larmes et dévisagea son reflet avec la plus grande sévérité. On ne doit pas pleurer, se répéta-t-il avec fermeté, on ne doit pas chouiner. Peu importe ce qu’il peut bien arriver, je ne pleure plus. Plus jamais. Je ne pleure plus.

Petit garçon de huit ans venant d’apprendre à ses dépends, que pleurer n’était pas toléré.


(...)

Je me réveille peu à peu, mais n’ouvre pas les yeux. Il y a simplement ma conscience qui se déploie à nouveau, mes sens qui émergent et me font constater ce silence, ces sensations, ce froid désagréable qui serpente le long de ma peau, mordant le creux de mes reins. Les traits de mon visage se crispent, et j’ouvre les yeux dans un gémissement désapprobateur. J’ai froid. Je me les pèle grave, en fait. Mon regard endormi jette un œil à mon corps, que je découvre, euh… découvert, c’est le cas de le dire. Dans un instant de panique, je tire la couverture sur moi, ce qui a pour effet immédiat de M’EXPLOSER LA COTE, la douleur me gratifiant d’un formidable K.O critique en deux secondes chrono, ce qui me fait indubitablement retomber sur le lit, non sans avoir ravagé ma lèvre inférieure à coup d’incisives pour éviter de gueuler comme un phoque enragé. Voilà. J’ai mal. J’ai froid. Et je suis quasi à poil.

J’ose une respiration fébrile, mais un étourdissement m’assène un violent vertige. Mon expiration meure dans un nouveau gémissement plaintif. Vie de merde. Et puis qu’est-ce que je fous ici, déjà ? Non, plus important : c’est où, ici ?! Mon cerveau en vrac tente de ramasser les bribes de souvenirs, mais comme il est aussi défoncé que moi, bah il ne daigne même pas mettre les événements dans le bon ordre. Soooit. J’suis pas d’humeur à faire des puzzles.

J’envoie donc mon cerveau se faire foutre et prends le risque de me redresser une seconde fois, plus lentement qu’à l’accoutumée évidemment hein, je suis pas fou non plus et avoir mal, figure-toi que c’est pas trop mon trip.

Trois minutes plus tard, je suis assis sur le lit et inspecte les blessures que je me suis faites la veille. J’ai pas l’habitude d’être si bien rafistolé, d’ordinaire j’te fais ça vite fait dans ma salle de bain avec un sachet de p’tits pois surgelés sur la gueule, pour empêcher les bosses de trop gonfler puis de muter en godzilla, tu vois. Mais là, c’est du beau travail. Il m’a même recousu comme il faut, et c’est la première fois qu’on m’fait pas ça à vif. J’ai dormi comme un bébé, j’suppose donc qu’il m’a drogué la gueule pour éviter que j’me réveille pendant qu’il me charcute, ce qui explique les étourdissements et les putains de vertiges qui m’empêchent de faire tout mouvement brusque… Sauf que moi, j’suis un type brusque. Alors évidemment, quand j’essaye de mettre un pied par terre… bah.

J’avais pas prévu le combo douleur + vertiges + oh putain fait froid quand même, alors je tombe du lit, hein, littéralement, non sans avoir fait tomber le lit avec moi. Voilà voilà… c’est ça, de peser 100 kilos. Et bien sûr, avec un boucan pareil, j’ai réveillé le bon samaritain-bûcheron.

Alors je suis là, l’air hagard, la couverture sur la tronche et le lit à mes pieds, moi et mon cul sur le sol, cillant d’incrédulité, encore choqué de cette chute inopinée.

Euh. T’aurais pas des vêtements ?

Et un peu de dignité à me prêter, aussi ?
Merci.

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Ven 29 Sep 2017 - 23:10
Collision - Logan Rothschild
La vache, j'avais pas prévu un réveil aussi...spectaculaire? Les pupilles à peine dilatées que mon corps était debout raide comme un piquet. J'avais dormi combien de temps? Bon on s'en fou, maintenant que je suis là avec le cœur qui a arrêté de battre pendant quelques secondes. Presque nu par terre, c'était une première pour moi dans mon cabinet! Un rire retenu de justesse, mon cerveau aurait bien pris une gifle pour retrouver son côté sérieux. L'envie de le scruter avec mes yeux noirs me surpris. Malgré ses peu de livres en trop, son allure égarée faisait son charme. Je n'avais pas eu le temps de l'observer d'une autre manière que médicale. Mais maintenant qu'il était dans cette position, sa mâchoire détaillée et ses nombreuses blessures – outre celles récentes – le vieillissaient. Pauvre gamin, la vie s'acharne sur son sort. Je me pinçais les lèvres, penchant ma tête vers la droite. Il est robuste, comme moi, mais il ne semble pas canadien pour autant. Probablement un Anglais. Enfin Bastian, pourquoi tu le regardes comme si tu voulais le domestiquer? Il a beau être sexy, enlève tes instincts de mâle et reprends tes esprits!

Toc toc toc. On cognait à la porte. Mes pensées se chassèrent d'elles-même et je tournais ma tête vers la clé qui était sur mon bureau.

-Est-ce que c'est vous monsieur Doyle? Tout va bien?


Je n'étais pas supposé être ici, pas cette journée. Je raclais ma gorge et dis aussitôt d'une voix hésitante :

-Oui oui, excusez-moi pour le bruit j'ai fait tomber quelques boîtes de l'étagère!


On entendait déjà les pas s'éloigner et un son inaudible. Ouf! Habituellement je ne barre jamais mon local. Il devait passer par-là pour faire sa tournée régulière. Puis je regardais le jeune-sans-nom, l'aidant immédiatement à se relever.

-Assois-toi sur la chaise. Je t'apporte des vêtements tout de suite, les tiens sont...en lambeaux. Je sais que ça fait mal, mais tu dois garder ton calme pour diminuer la souffrance. Pas de trop grandes respirations, tu as...

Tu t'es pété une cote; on fera les applaudissements un autre jour hein. Mais non, pendant que je cherchais du linge adapté à sa taille dans les objets perdus, je réfléchissais à comment j'allais lui dire la ''nouvelle''. J'avais fait ça des centaines de fois, mais pour chaque personne c'est différent. Un ton apaisant, certes, mais avec son caractère, c'est plus difficile. Les poings serrés, pensant aux multiples jeunes qu'on voit aux urgences ensanglantés, mais qu'on ne saura jamais vraiment ce qui s'était passé. À l'inverse, celui que j'avais derrière moi avait adopté une façon de penser : ne faire confiance qu'à soi-même. Cette sorte de personnes est, comment dire, impulsive. À présent habillé, j'étais plus à mon aise. Je n'osais pas trop le toucher ni prendre sa température, mais ses vertiges semblaient s'estomper. Les fesses accotées sur le métal qui sert de lit et les mains croisées, c'est parti.

-Tu as eu un accident hier soir avec le devant de ma moto, mais aussi avant ça, tu t'en rappelles? Tu vas te rétablir rapidement, sauf pour une de tes cotes à droite. Elle est cassée, ce bandage t'aidera pour la garder en place mais il n'y a pas de remède miracle. Tu m'en vois navré mais le mal disparaîtra après deux mois, peut-être un si tu guéris vite. Malgré le fait que tu sois sûrement contre, je vais avoir besoin de ta collaboration.

Je me grattais la chevelure en essayant de la démêler, sans succès. La main sur le menton, je n'allais pas passer par quatre chemins.

-Il y a une technique spéciale pour ton bandage, et les points de suture que je t'ai refaits ne sont pas fondants. Je te ferai une ordonnance pour une semaine pour de la morphine, mais ça requiert ton nom, ton vrai pour aller à la pharmacie. Si tu vois où je veux en venir, tu as deux choix. Soit tu repars avec cette ordonnance et on ne se revoit jamais, soit on se revoit dans sept jours et après aux deux semaines.

Il m’intriguait, voilà. Pas par sa splendeur de beau gosse, mais surtout son histoire. Il me faisait curieusement penser à quelqu'un que j'avais connu à mes 15 ans.


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Lun 2 Oct 2017 - 22:32


Le vacarme tonitruant de ma chute a provoqué le réveil immédiat de Monsieur Doyle, et passé la surprise retentissante, je crois déceler une lueur d’amusement au fond de ses prunelles noires. Sur le coup, je le prends mal. Vexé, vulnérable, quasiment A POIL, je dois subir ce regard qui plonge sur moi et qui m’observe avec insistance , tandis que je ne peux rien rétorquer, à part peut-être faire passer toute ma véhémence à travers mes yeux sombres. Et lorsque je me décide à exprimer mon mécontentement à coups d’insultes et de reproches, voilà qu’un connard vient frapper à la porte. Je me fige, attrapant les pans de la couverture afin de me couvrir davantage, et fixe tour à tour la porte et le médecin, avide de connaître le déroulement des secondes qui vont suivre. Vous imaginez un peu s’il rentre et qu’il découvre un jeune homme presque nu, étalé sur le sol ? Bah alors Monsieur Doyle, on se tape des jeunots au travail mh ?

Un dialogue de deux phrases s’amorce avant que je n’entende les pas tranquilles de l’inopportun s’éloigner au fond du couloir. L’instant d’après, le médecin m’aide à me relever. J’ai instinctivement un mouvement de recul, peut-être un peu trop brutal sur le moment mais je m’estime assez grand pour me relever de moi-même et surtout, je déteste que l’on me touche.
Me retrouvant donc sur mes deux pieds, debout malgré les vestiges des étourdissements venus m’assaillir et m’envahir par à-coups, je m’assois sur la chaise que me désigne Bastian. Il se détourne de moi, me laissant souffler un coup et me dire à quel point j’ai honte de moi. Honte d’être ici, tel un gamin convalescent qui passerait sa visite médicale, honte de devoir m’en remettre à lui. Une partie de mon être est en train de se foutre royalement de ma gueule et me fait me sentir comme le piteux orphelin que j’ai toujours été, alors mon dos se voûte et mon visage se baisse, écoutant le monologue de mon interlocuteur malgré mon air distrait.

Entre temps, il m’a filé des vêtements. J’ignore d’où est-ce qu’il a sorti ces trucs mais je m’en fous, j’enfile le pantalon de jogging et le t-shirt que je découvre un poil trop petit pour moi ; pas étonnant compte tenu de ma carrure de titan. Il me parle, s’explique, me fait comprendre que certaines blessures sont « graves » et qu’il va me falloir du repos obligatoire. Dans un geste instinctif, ma main vient glisser sur mon t-shirt, palpant le bandage à travers le tissu. Foutue cote. Je fronce les sourcils, ne cherchant guère à dissimuler l’amertume flagrante s’imprimant peu à peu sur mon faciès hâlé. Je ne croyais pas que ça c’était cassé. Je pensais que l’hématome était seulement passager, que ma peau marquait vite, voilà tout. ET BAH NAN. Bam, interdiction formelle de pratiquer mes activités illégales, sous peine de mort. Parce qu’avec une cote pétée, bah on peut pas trop se battre. Putain… Comment est-ce que je vais dire ça à mes employeurs ?

Si tu vois où je veux en venir, tu as deux choix. Soit tu repars avec cette ordonnance et on ne se revoit jamais, soit on se revoit dans sept jours et après aux deux semaines.

Alors, là ! J’enrage ! Putain mais quel enfoiré ! De quel droit s’impose-t-il dans ma vie, hein ?! Que veut-il de moi au juste ? Je me lève – violemment –, ce qui me provoque une douleur lancinante me coupant le souffle, stoppant tout mouvement de ma part. Bordel. J’inspire, et attrape Bastian par le col, crachant ma haine et ma hargne avec mon langage fleuri coutumier :

C’est quoi ton problème ?! Tu veux te faire un « badboy » c’est ça ? Ça t’excite ? Tu crois que j’t’ai pas vu me mater ouvertement mh ? VIEUX PERVERS !

J’ai gueulé. Et là, je me mets à tousser. A tousser fort, à cracher mes poumons, à me tenir les cotes et surtout celle blessée, en m’appuyant sur le vieux pervers alors que je l’invectivais y’a deux secondes, dans le plus grand des calmes. Ok ! J’ai pété un câble. J’ai également omis le fait que la première pensée qui m’a traversé l’esprit lorsque je l’ai vu c’est « ohh il est sexy ce bûcheron » alors j’ai franchement pas le droit à la parole. Mais hein, moi c’est parce que j’ai les hormones qui travaillent. C’est l’âge, ok ?! Lui, il a pas d’excuses. Alors forcément, je commence à me faire des films. Je le savais ! C’était suspect, cette gentillesse, personne ne se montre si serviable sans arrières pensées dans ce monde pourri jusqu’à la moelle !

Donne-moi ta foutue ordonnance, ou dis-moi pourquoi exactement tu t’intéresses à mon sort, si c’est pas pour mon cul. Vieux. Pervers.

Je crois que le fait de m’être retrouvé quasiment nu altère sérieusement mon jugement. Sans parler des hormones, oui. Non. Hein. J’ai mal, je veux prendre une douche et je rêve d’un chocolat chaud… foutue journée.

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Mer 4 Oct 2017 - 16:42
Collision - Logan Rothschild
Bon ça va, je les ai mérités ces postillons au visage. En fait non, ça allait pas du tout. Je l'avais mis en colère et je devais me sortir de ce merdier. Le jeune était pas le seul à tousser comme un cinglé. En plus de frapper le meuble avec un coup de poing étonnement fort et de grogner tel un ours enragé, il y avait l'autre accroché à moi. Après s'être fait prendre au cou, normal que je ne puisse pas parler tout de suite. Par chance que l'homme de la sécurité était parti assez vite, un deuxième problème aurait été mis sur mes épaules. Pervers...okay, il allait un peu loin mais bon, puisqu'il ne connaît rien de moi, j'allais le digérer assez vite. Avec mon instinct de je-suis-trop-gentil, je l'aidais encore à s'asseoir, cette fois sur le bureau. La chaise était trop loin, il aurait planté par terre. Pourquoi tout ça se passait aussi vite? Quand j'étais aux urgences, il y avait deux trois infirmiers m'aidant, mais là j'étais seul. Réfléchis connard, parce que la t'es dans la merde jusque par dessus la tête. Ça aurait été presque drôle si on était à la télé, avec de belles répliques du genre ''C'est pas grave, ça sera guéri en une semaine''.

J'étais sur la défensive, lui sur l'attaque. Il est tenace le jeune, mais je saurais très bien le contrôler si ça devient trop dangereux. Tss, la violence, j'aimerais ne pas me rendre là. Le chaos étant passé, en voilà que je me faisais sauter dessus. Toutefois, il n'avait pas complètement tord. C'est vrai, ça m'était passé par l'esprit tout à l'heure qu'il est sexy et avec mon orientation sexuelle, c'est évident qu'il est de mon genre. Malgré qu'Hayden et moi se tournons autour comme des adolescents, celui-là ne m'aurait pas déplu. Bien franchement, aujourd'hui n'est strictement pas la bonne journée. Déboîté comme il est, même le sexe le ferait crier; hurler de douleur on s'entend hein. Il va falloir qu'il descende de ses grands chevaux, sinon ses points de suture vont exploser et ses ecchymoses vont virer au noir, si ce n'était pas déjà fait. Putain, j'étais vraiment mal barré. Reprenant mon souffle, j'essayais de m'expliquer rapidement, avant de me faire tuer.

-Au point où tu es blessé, veux-tu me dire pourquoi je voudrais me taper un jeune quand ça te ferait souffrir le martyr? Calme-toi, tes points de suture vont s'ouvrir et ta côte va éclater en mille morceaux. Putain...

Il était présentement pardonné de toutes les conneries qu'il ait pu dire sur moi. Dans ces conditions, c'est à moi de m'expliquer. Oui, et bien, mon cerveau avait encore de la difficulté à mettre tout ce puzzle en place. Pervers, jamais. La première pensée qui vient à chaque humain quand on en voit un autre, c'est certainement si on la trouve jolie ou non, non? Jusqu'à présent, celui-là me rappelait vraiment Antoine, que j'avais connu au lycée. Il buvait, fumait, séchait les cours et tout ça à sa guise. Moi, je voulais le protéger. Il était comme mon petit frère; je m'étais longtemps tenu responsable de sa mort. Chaque personne a son lot de péripéties venant du passé, on en prend et on en laisse.

-Tu me rappelles un ami que j'ai déjà connu. Il était badboy comme toi, dans le sens ''je fais confiance à personne'' et il faisait ce qu'il voulait quand il voulait. Moi, je suis le contraire. Et c'est un de mes plus gros défauts. Je voulais le protéger, le couver. Il a supposément glissé d'un toit, la police a maquillé l'affaire. Je l'ai eu au téléphone pendant sa mort, avec l'écrasement sur le sol, j'en fais encore des cauchemars.

J'en avais les yeux trempes. Je regardais le plancher comme si tout ça ne s'était pas produit. Pourtant, je n'avais pas envie de rentrer chez moi. Je voulais en savoir plus sur lui; pourquoi tant de cicatrices? La protection prenait encore le dessus. Est-ce que c'est une bonne idée Bastian, de prendre un nouveau sous ton aile? Un long soupire. Je m'asseyais proche de lui sur le bureau, poussant d'un coup les objets.

-Toi, tu survis. T'es coriaces. Tes cicatrices le démontrent. Je me trompe? Et en même temps, je suis pas très vieux, je te pardonne quand même pour ce que tu as dit. Moi aussi je suis impulsif, ça se contrôle tu sais.

J'étais étonnement calme, malgré qu'il y a peut-être cinq minutes, j'étais enragé. S'il voulait me sauter à la gorge, tant pis. J'étais fatigué, alors ce qui arrivera, arrivera.


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Mer 4 Oct 2017 - 23:03


Colère communicative, je sens son corps se crisper et je suis certain, dans le trouble de l’instant, de me prendre un coup de poing bien placé au terme des secondes qui vont suivre. Mais je n’y peux rien, j-j’arrive pas à me calmer. Faut toujours que j’entrevois le négatif, déceler un côté sombre, chercher matière à haïr, c’est un réflexe presque primordial pour moi. J’ai attrapé ce regard à la volée, et je l’ai interprété. Honteux, mal à l’aise, fébrile et fatigué, j’me suis emporté. Je ne supporte pas que quelqu’un, qui que ce soit même, puisse plonger son regard sur mon corps. Tout simplement parce que j’exècre et maudis viscéralement cette chair pleine de cicatrices, que je hais avec une atrocité telle ce que je suis et ce dont je suis façonné. J’y peux rien, ça a toujours été comme ça. Petit déjà, je regardais mes yeux dans le miroir et je m’imaginais les ravager à coups de ciseaux. J’ai toujours détesté les compliments car j’estimais que personne ne pouvait réellement voir ce que moi je percevais.

Je me retrouve assis sur le bureau, les jambes tremblantes et le cœur au bord des lèvres. J’ai des bouffées de chaleur, la nausée me prend, mon estomac se tord et je sens les remous de la colère broyer mon crâne. Je respire rapidement et chaque mouvement du thorax me fait grimacer de douleur. Les vertiges reprennent et la fatigue vient me rappeler qu’on m’a shooté, et que j’ai franchement pas intérêt à m’exciter si je veux rester conscient. Bastian m’ordonne également de me calmer. J’essaye. Nerveux, je passe une main dans mes cheveux, celle-ci dégringolant le long de ma nuque et s’y attardant fébrilement.

Il m’explique finalement que je lui rappelle un ami qui, a force de trop négligé sa vie, a fini par glisser du haut d’un toit. Je sais que je flirte avec tous les excès. Je bois beaucoup, je fume, je provoque, me bats, me blesse. Je joue avec mon existence, je suis en train de chuter et le pire c’est que ça m’fait rire. Je me marre, je perds pied. Mais c’est pas ma faute tout ça, c’est de la leur ! Ceux que j’ai aimés, ils sont morts, ils sont tous morts et je passe devant leurs tombes à chaque fois que je foule le sol de Fujin, bordel ! Et ma cicatrice, et les abandons, et puis les autres… laissez-moi me foutre en l’air, ne me ramassez pas lorsque je heurte vos motos, laissez-moi pourrir dans un coin pour que je ne vois pas demain.

Si ma colère est communicative, sa tristesse l’est également. Je me sens amer. Abattu. De nouveau coupable d’exister. J’inspire et je tousse, la main plaquée contre ma côte.

Je me sens comme un gosse. J’ose même plus le regarder. En fait, je n’ose carrément plus rien dire et le silence pesant qui s’installe en est la preuve flagrante. Le fait de hausser le ton m’a carrément vidé de mon énergie, et je n’ai plus la force de m’opposer à quoi que ce soit. Je me sens stupide d’avoir pu penser qu’il faisait partie de ces gros pervers agissant par intérêt, je n’ai pas l’habitude de faire face à de la… gentillesse ? J’peux pas m’empêcher de douter encore, mais je vais prendre ça pour de la bienveillance. Là encore, j’ai davantage l’habitude de côtoyer la malveillance d’autrui : subir leurs coups bas, ou leurs coups tout court d’ailleurs, c’est coutumier pour moi.

Mh, donc… je dois revenir dans une semaine ?

J’ai parlé, l’hésitation dans la voix. Je n’ai pas vraiment envie de m’attarder sur cette conversation trop personnelle et les explications qu’il m’a donné me satisfait suffisamment pour que je cesse de poser mes questions stupides.
Et puis je lance, du bout des lèvres :

Du coup, moi c’est Logan…

Maintenant, je vais faire comme si le mur était super intéressant, puis je vais le fixer pour désagréger un peu ma gêne. Aehm.

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Jeu 12 Oct 2017 - 17:35
Collision - Logan
Tout ça avait pris une tournure dont je ne m'y en attendais pas. C'était calme, sombre à la fois. J'avais surtout envie de pleurer, de recevoir un câlin et de lui donner une claque dans le dos, en lui disant que tout allait être beau, des arcs-en-ciel avec des calinours. Une vague impression qu'on m'avait drogué, et que ça avait fonctionné. Je mets tout ça sur le compte de la fatigue, mon ennemi juré en ce moment. Puis, colosse comme je suis, Logan devinera rapidement que je suis tout le contraire de ce que mon apparence démontre. Il n'est pas stupide, j'imagine qu'il manque seulement d'encadrement. Lui fixait le mur, moi le sol. Je ne sais pas à quoi on ressemblait, mais mon intelligence avait foutu le camp il y a quelques secondes. La connasse, elle aurait pu me laisser un peu de force, sale vipère.

Sa toux me donne des frissons. Je n'ai jamais eu de côtes cassées, mais je sais à quel point c'est pénible. J'en avais vus des cas de souffrance; j'étais bien content d'être rendu à l'université pour voir...moins de tourments peut-être. Mes journées étaient plus relaxes, avec un horaire plus stable. Ce Logan m'en a fait voir toutes les couleurs en une couple d'heures. Mon souffle était maintenant normal, et un petit sourire se dessinait sur mon visage. Ça me faisait chaud au cœur non pas de savoir son nom, mais de comprendre que je pourrai le revoir. J'allais pas sauter de joie, histoire de garder une bonne ambiance. Je me levais pour chercher mon calepin de prescriptions. Mmmh, y'avaient trop de feuilles et deux fesses sur le bureau, j'y voyais rien. Un peu plus et j'avais un coque vagal, planter tête première c'est pas trop mon genre.

Bon, on va arrêter de s'imaginer plein de scénarios à la con, je lui donnerai sa prescription et s'il tient parole, ça me fera très plaisir de le revoir ailleurs que dans mon cabinet. Papier trouvé ainsi qu'un crayon qui attendait, je lui exigeais un peu de morphine si les anti-douleur ne faisaient pas effet.

-Je te fais confiance pour ne pas faire d'overdose, faut pas rigoler avec ça. Je te donne mon numéro de cellulaire, comme ça tu pourras me joindre en tout temps. Même si c'est la nuit, ça ne me dérange pas, on ne choisit pas quand on est blessé hein! N'hésite surtout pas, d'accord?

Je le fixais avec mes yeux noirs, espérant qu'il se retourne au moins. Je tendais le bout de papier qui ne l'empêchera pas de dormir, puis je regardais autour de nous deux. Le bureau était en sale...bordel. Je rangerai tout ça demain, on avait besoin de sommeil. Je n’arrêtais pas de bailler, une bonne claque au visage m'aurait fait un bien fou. Je n'osais pas voir l'heure sur ma montre, mais je savais que les élèves allaient bientôt sortir dans les couloirs, si ce n'était pas déjà fait. Logan pourra se faufiler comme il le souhaite, malgré son habit.

-Bon, maintenant Logan passe à la pharmacie et rentre chez toi dormir. Je ne peux pas aller te porter c'est peine si j'arriverai à traverser Koyane. Envoie-moi un message texte au sixième jour, pour que je t'envoie l'adresse. Ici ce n'est pas assez sécuritaire.

Ça sonnait louche ces phrases. Mais bon, aussi bien qu'il vienne chez moi qu'à l'université le soir quand je ne suis pas supposé être là, voilà. La porte déverrouillée, je la ferme aussitôt pour que personne n'y entre. Je le regardais partir, avec mon sourire bête. Mon matelas m'attend, doux mais froid.


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Collision ∞ Bastian (terminé)
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