La vie nécessite un peu de psychologie [Haru]

Anju Mishima
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Mer 11 Oct - 21:49
Un peu de psychologieAnju & HaruIl faut qu’une main posée sur votre épaule vous pousse vers la vie
Cette main tendre et légère...
Ou lourde et brusque du destin
Étudier dans un établissement du standing d’Amai a indéniablement des avantages : la cloche est impérieuse mais élégante, la propreté des salles le rend accueillantes, les rétroprojecteurs fonctionnent. De quoi vous donner envie d’étudier, surtout comparés à la sonnerie métallique et au matériel hors d’âge d’un lycée de rase campagne. Et ça tombe bien parce qu’en cet instant, pour l’angelot perché sur l’épaule d’Anju, le moindre petit détail est bon à prendre, s’il peut lui servir à pousser la jeune fille dans le bon sens – en l’occurrence, en direction de la salle de classe.

Ce n’est pas comme si Anju était obligée d’aller à ce cours, pourtant ! Ce ne serait pas un gros handicap pour elle, si l’introduction à la psychologie relationnelle ne faisait pas partie de son cursus. En tout cas, les oiseaux ne le lui reprocheront sans doute pas, et elle a la ferme intention de passer plus de temps avec eux que coincée sur une chaise devant un bureau ou dans une salle de réunions. Du moins, c’est l’idée qu’elle veut garder de son futur métier, mais elle est régulièrement obligée de se rendre à l’évidence : il y aura des moments où elle devra interagir avec ses semblables, elle ne pourra pas y couper. Consciente de sa marge de progression dans ce domaine, elle a sauté sur l’occasion de combler ses points faibles lorsque celle-ci s’est présentée à elle. Sauf que maintenant qu’elle est sur le point de faire face à cette dite faiblesse à combler, la demoiselle hésite. Est-ce que ce n’est pas ridiculement lèche-bottes de suivre un cours supplémentaire pendant tout un semestre pour remédier à un détail, alors qu’elle pourrait se contenter de lire un article dans un magazine de vulgarisation et de mettre en pratique quelques conseils d’un coach quelconque ?

Mais si Anju a tendance à trop cogiter, elle est aussi une personne de parole. Elle s’est engagée à suivre ce cours, il est déjà trop tard pour reculer. Alors après près de dix minutes de dandinements et de tergiversations dont la conclusion était déjà écrite, lorsque la première cloche lui intime de se décider une bonne fois pour toute, elle prend son courage à deux mains et passe la porte.

La salle est déjà presque pleine. Tant pis pour elle : elle a eu tout le temps de voir ses camarades de cours défiler devant elle, ses chances de trouver une bonne place diminuaient devant ses yeux, alors qu’elle ne vienne pas se plaindre – comme si c’était son genre. Par chance, il reste une place contre le mur, un peu plus loin sur sa droite. Anju s’y faufile, ignorant consciencieusement les autres en espérant qu’on l’ignorerait en retour, et s’y installe toujours sans lever les yeux. Mais lorsqu’elle est enfin prête, qu’elle n’a plus rien, aussi futile que ça puisse être, sur quoi focaliser ses pensées, elle prend conscience du bruit autour d’elle.

Ce bruit en lui-même n’a rien d’extraordinaire, pour une salle de classe qui attend son professeur : des bavardages bon enfant, quelques rires, parfois des éclats d’une chamaillerie ou des interjections lancées d’un bout à l’autre de la pièce.  Mais Anju, toujours aussi incertaine quant à sa présence en ce lieu, l’interprète, peut-être trop : on dirait que tout le monde autour d’elle se connaît. Elle serait la seule intruse au milieu d’un groupe déjà soudé ? Elle a soudain l’impression que l’attention se concentre sur elle, comme s’il était écrit sur son front qu’elle avait osé sortir de son domaine et pénétrer le cénacle des étudiants en sciences humaines. Quelle outrecuidance !

Par pitié, qu’on ne lui demande pas ce qu’elle fait là ! Elle n’a pas vraiment honte d’être venue élargir son horizon mais elle n’est pas sûre que d’autres comprendront ses raisons. Elle s’intéresse à beaucoup de choses et particulièrement à ce qui peut lui servir, et alors ? Ça ne fait pas d’elle une fayotte ou un de ces éternels étudiants qui multiplient les diplômes. Heureusement pour elle, le prof n’est pas de ceux qui aiment commencer leur premier TD avec un tour de salle, des « dites-nous un mot sur vous », ces niaiseries censées créer un esprit de corps qui sont souvent plus gênantes que socialisantes. Il se présente rapidement, puis entrée directe dans le vif du sujet.

Et pendant une heure, plus de questionnements inquiets sur la justification de sa présence. En gardant les yeux baissés sur ses notes et en se focalisant sur la voix du chargé de TD, Anju peut croire qu’il ne parle que pour elle, qu’elle est seule devant lui. Même lorsqu’il interroge ou fait intervenir d’autres étudiants, elle peut se convaincre qu’il ne s’agit que d’une sorte de faire-valoir dans ce one-man-show très privé. Jusqu’à ce qu’il interrompe son discours et annonce qu'une dissertation sera à rendre dans deux semaine. Là, pendant que ses camarades se plaignent de l’existence même de ce devoir, Anju retient surtout que ce travail sera à faire par deux. Et pas le choix de son binôme : le sujet (mais lequel ? Le prof garde le meilleur pour la fin) n’en est que plus intéressant si on le travaille avec un inconnu.

Une fois les habituelles tentatives de négociation réduites au silence, le chargé de TD énumère les couples de noms, choisis au hasard d’après lui : celui d’Anju arrive en milieu de liste, accolé à celui d’un certain Haru Toki. Pour se signaler, elle lève une main un peu tremblante et cherche du regard son nouveau camarade de classe.
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La vie nécessite un peu de psychologie [Haru]

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