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Une (bonne ?) chose de faite [Logan x Aaron]
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Sam 28 Avr 2018 - 23:48
Ce n’est pas la première fois que j’imagine un tel rapprochement de nos corps. Et comme toujours, j’ai une explication toute trouvée pour m’éviter de trop y penser : je ne fais que concrétiser le rapport de force mental que je voudrais avoir avec lui. Je veux le dominer psychologiquement, donc je me visualise le dominant physiquement. C’est aussi simple que ça. Quelle autre raison pourrais-je avoir ? C’est du moins ce dont j’essaie de me persuader, avec un succès mitigé. Parce que ce dernier scénario ne rentre pas dans le cadre rassurant que j’ai bricolé. Là, il n’y est plus question de domination mais de fusion : aucun de nous ne peut prendre le dessus sur l’autre car nous ne faisons plus qu’un. Un monstre hideux, fait de deux « cinglés » qui ont dû traverser la moitié du monde pour trouver quelqu’un capable de tenir tête, qui à sa violence, qui à son mépris.  Mais au diable les explications pour ce revirement ! Celles que j’entrevois sont bien trop tordues ou trop fumeuses pour être vraies. Il a raison : on s’en fout.

Je le regarde avancer vers moi avec un mélange de peur et d’envie ; ou plutôt, avec une envie qui m’effraie un peu moi-même. Elle me fait oublier la notion même de danger, qui devrait pourtant prévaloir face à un type tel que Logan. Quand il se plante devant moi, me barre de son bras une voie de retraite, m’intime du regard de bien rester où je suis, je m’immobilise sagement. Dès qu’il tire sur ma chemise, je me penche, docile. Comme il me l’ordonne, je ne pose pas de questions, de crainte de mettre un terme à la scène qui se joue face à moi. Et quand ses lèvres se posent sur les miennes, je n’envisage même pas de le repousser.

Je ne sais pas du tout ce que j’attendais de ce baiser. Peut-être qu’il me dégoûte et me confirme que mes drôles d’idées n’était qu’une mauvaise blague de Freud. C’est raté. Si ses lèvres sont sèches et frottent contre les miennes, je préférerais presque ce contact direct au gras d’un rouge-à-lèvre ; tout comme je préfère ses morsures et sa recherche de l’affrontement à une timidité ou une fausse sainteté. Sa main sur ma nuque me paraît brûlante, pourtant un long frisson glacé me parcourt l’échine. Quand enfin je retrouve assez de mobilité pour extirper mes mains de mes poches, je ne sais quoi en faire. Dans le doute, je me rabats sur un geste classique : je les pose sur sa taille.

Je voudrais participer à ce baiser. Je voudrais que même s’il est né de sa seule initiative, il devienne un échange mais Logan paraît décidé à prendre, seulement. Impossible d’infléchir sa danse et ses envies. Il me mord de nouveau la lèvre inférieure puis la délaisse. Il me lâche, même. Je réalise alors le côté décalé de ma position : je le tiens délicatement par la taille, comme une poupée. D’un autre côté, je les fous où, mes mains ? Finalement, un peu par défaut, la gauche glisse dans son dos pendant que l’autre va se perdre dans sa tignasse noire.

Alors que j’espérais me rassurer avec des choses connues, la nouveauté me décontenance. Je ne suis sorti qu’avec une seule fille à cheveux courts, Amanda, et encore, elle avait une coupe au carré qui lui cachait les oreilles. Avec Logan, les pointes émergent à peine d’entre mes doigts, les laissant glisser sans entraves. Il faut que je retrouve mes sensations habituelles ; là seulement je pourrai reprendre pied dans la réalité et espérer comprendre ce qui est en train de m’arriver. Alors je délaisse ses cheveux pour glisser le long de son cou. Essayant d’ignorer l’angle marqué de sa mâchoire et sa pomme d’Adam que mon pouce effleure, fixant toujours ses yeux comme pour ignorer le reste de son visage, je continue le long de son torse.

Grossière erreur, bien sûr. Je suis un amateur de belles poitrines, alors sentir sous ma paume la platitude de ses pectoraux finit de me faire prendre conscience de l’inédit de ma situation. Et je bascule. J’abandonne l’idée de me raccrocher à des analogies, envoie valser tous mes souvenirs pour ne plus garder en tête que mes sensations et les envies qu’elles évoquent. Et là, tout de suite, j’ai envie de prendre à nouveau ses lèvres. Mais à ma façon.

Moi, je ne me contenterai pas d’un smac et n’utiliserai pas mes dents pour prétendre y mettre un peu de virilité. Je veux la possession et l’abandon, je veux voir la naissance du monstre. Mes deux mains se posent sur ses joues pour empêcher toute fuite. Le contact amorcé, un de mes bras vient crocheter sa taille pour plaquer son corps contre le mien. Et pendant ce temps, ma bouche joue avec la sienne. Je l’embrasse, et dès que j’ai l’impression qu’il me rend ce baiser, je casse le contact pour aller le réinitier quelques millimètres plus loin. Après quelques occurrences de ce manège, j’essaie d’aller chercher sa langue.

Mais bientôt, des doutes viennent ternir cette soudaine révélation. Et surtout, ces différences que j’ai vaguement perçues se formalisent. L’évidence me frappe. Ce type est un… ben, un type, un mec, quoi ! Un gaillard presque aussi grand que moi, et pas bien plus féminin ! Cette idée me glace. Je sépare mes lèvres des siennes mais ne peux me résoudre à m'éloigner plus que cela. Les yeux fermés, j’appuie ma tempe contre la sienne, essayant de retrouver mon souffle en même temps que mon calme. La protestation de principe de ma conscience combat un brouhaha de contrarguments et de cris d’envies.

-  Je ne pensais pas à faire ce genre de connaissance, murmuré-je, mais…

C’est mentir, bien sûr. Ou à moitié. Si je n’ai jamais imaginé précisément un baiser, l’idée y était. Elle y est encore, en fait, et bien ancrée malgré tout. Affalé contre le mur pour compenser les tremblements dans mes jambes, les deux bras passés autour de la taille de Logan et joue contre joue, il ne me manque qu’un semblant de bonne raison pour reprendre où j’en étais.  
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Mar 1 Mai 2018 - 23:54
Ses mains abandonnées autour de ma taille, l'avidité lascive de l'instant mue soudain en peur féroce. Je me fige, le souffle coupé, cherchant à savoir d'où me vient cette trouille insensée, cette terreur épouvantable qui se plaît à me broyer l'estomac. Oui, j'ai voulu ce baiser, je l'ai désiré si intensément, sans savoir comment ça s'est déclenché, pourquoi j'avais franchi le pas. Je ne sais pas où cette connerie nous emmène. Mes doigts veulent griffer, tout autant que mon âme est martelée. Je voudrais reculer, désormais, m'exclamer que je suis désolé, que je ne sais pas, que je ne voulais pas, comme une scène clichée d'une vulgaire série B ; je voudrais fuir et ne plus le regarder mais ses mains quittent ma taille, glissant dans ma chevelure, pressant contre mon dos. La caresse dans mes mèches ébène m'aurait, si j'avais été un chat, fait ronronner de plaisir. Pourtant, quand ses phalanges quittent mes cheveux, annihilant le frisson agréable dévalant le long de mon dos, je me crispe. L'inconnue tactile s'aventure sur la pente de mon cou ; le contact me brûle. Je serre mes doigts, et par instinct, mes mains se logent immédiatement près du creux de ses reins, désireux de l'immobiliser. J'aurais aimé sortir les crocs, et me défendre contre les impulsions avec lesquelles Aaron m'assaillait, mais il s'empare de mon visage et de ma bouche, engendrant une plainte sourde qui remonte dans mon ventre, dans ma tête, dans ma gorge. Mes ongles éraflent doucement la peau de son dos, traçant d'ardents sillons sur leur chemin, au-dessus du vêtement sombre, trahissant cette furieuse frustration m'envahissant chaque fois qu'il brise l'étreinte de nos lèvres. Je grogne. Connard.

Mon souffle exhale l'air, la chaleur grisante fait exploser un millier d'étoiles sous mes paupières closes, et je serre Aaron comme si je m'accrochais désespérément à ce moment hors du temps. Pourtant c'est bien des doutes que j'ai sentis à travers ce baiser rompu trop précipitamment, ce sont bien des foutus ressentiments que j'ai entrevus, là, juste maintenant ; alors on fait quoi, hein ? On reste comme ça, le visage proche de l'autre, la respiration désorganisée, à se (re)tenir comme des gosses indécis ? Et qu'est-ce que je fais, moi, s'il me repousse ? Mes tripes hurlent leur agonie, mes mains deviennent moites et mon esprit se met à crier, crier combien on l'oppresse, combien il a peur. La gorge nouée, je ne peux plus bouger.
Je suis terrorisé.

Quelques sentiments, néfastes, qui bullent dans mon cerveau, me contractent méchamment le cœur, mais ont au moins l'honnêteté de se rappeler à moi, réveillant ma raison. S'il me lâche, maintenant, peu importent ses états-d'âme, je ne pourrais pas le supporter. Je suis un lâche et n'ai plus le courage d'être délaissé, je ne peux pas, je ne peux pas...
Avec l'impression qu'un odieux fardeau écrase ma poitrine, j'attrape lentement ses poignets. Je ne peux pas continuer. Je ne veux pas risquer d'être celui qu'on repousse alors, je choisis d'être l'enfoiré qui délaisse, d'être celui qui rompt ce que lui-même a entrepris. Je m'en fous. Je suffoque. On arrête tout.

Je lui fais lâcher sa prise contre ma taille et m'éloigne, quittant sa chaleur, tournant le dos à mes soupirs. Aucune culpabilité, ou presque, mais mortifié, je le suis quand même. Je me reprends lentement, en haussant les épaules, pas très convaincant dans mon élan de sincérité.

Ne te méprends pas.

Si nous n'étions pas dans mon propre appartement, j'aurais prétexté un truc super important pour claquer la porte et me carapater ; mais là, je ne sais décidément pas quoi foutre, dans mon propre salon, désemparé, désœuvré, frustré et apeuré – putain de combo de merde. Je suis perdu, mais j'ai bien fait. J'ai bien fait de tout stopper, parce que ça ne menait à rien, et que j'ai été con. Merde, la dernière fois on ne pouvait même pas se voir en peinture, j'étais à deux doigts de lui éclater la tête, à même son canapé ! Non, non. J'aurais dû penser aux conséquences. J'aurais dû connecter mes deux neurones, au lieu de lui sauter dessus comme ça. À cause de ça, elle est revenue. C'est bête hein, je n'ai rien à attendre de lui, je n'ai aucune raison de craindre un quelconque rejet, un quelconque désintérêt ; parce que nous ne sommes rien, mais je dois être vraiment atteint. Pourtant ce n'est pas l'envie qui manque, de me laisser aller contre lui, de me perdre dans sa chaleur et dévorer ses lèvres, envoyant chier mes craintes inflexibles.

J'hésite à lui demander d'oublier, mais me souviens que Monsieur « oublie s'il veut », alors je me la ferme et réfléchis. Je me sens si vulnérable, alors qu'il y a cinq minutes, c'est moi qui écrasais la distance, moi qui lui ordonnais de se taire, de ne poser aucune question. Il doit avoir l'impression que je me suis dégonflé. En fait, c'est exactement ce que j'ai fait.

Mais je ne veux pas me la jouer froid, cinglant, masquant mes doutes avec un « casse-toi » risible, je ne veux pas faire semblant et, après tout ça, ce serait con de ma part. Alors je soupire.

Je suis désolé. La vérité c'est que j'ai la trouille, de tes hésitations et des miennes, et c'était idiot. Je veux dire... ça. J'aurais franchement pas dû. C'est un peu la honte, en fait... Je ne sais pas comment t'expliquer. Mais tu devrais t'en aller.

Finalement, mes yeux viennent trouver le sol et je garde le silence, expirant dans un soupir dépité.
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Sam 5 Mai 2018 - 0:38
Il ne me serait jamais venu à l’esprit que ce pouvait n’être qu’une blague, ou même un élan irréfléchi. Embrasser quelqu’un dans une atmosphère aussi peu romantique, ça ressemble franchement pas à un coup de tête. Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il voulait très exactement ce qu’il était venu chercher et que j’étais en train de lui donner. Tout indiquait qu’il en souhaitait même plus : la façon dont il s’est accroché à moi quand ma bouche s’est posée sur son cou ; ses ongles pris dans ma chemise, presque à la déchirer, comme pressés de m’en débarrasser ; ses grognements de frustration à chaque fois que je détachais mes lèvres des siennes. En m’interrompant, attendant cette fameuse « bonne raison » de continuer, je crois que j’espérais qu’il reprenne lui-même l’initiative, m’entraînant dans sa chute comme il l’avait déjà fait.

Aussi, lorsqu’il desserre de lui-même mon étreinte autour de lui, la surprise m’empêche de réagir. La surprise, et le manque d’envie de m’opposer à lui, sans doute. Je laisse mes bras baller, privés de toute intention. Mon esprit est complètement focalisé sur Logan, pas le temps de penser en plus à maintenir mon corps dans une position à peu près digne. Je le regarde s’éloigner, me tourner le dos, hausser les épaules comme pour se convaincre lui-même d’écarter une idée sans importance. Son ordre m’arrache un petit rire jaune. Y’a de quoi se méprendre, pourtant, non ? Il m’a sauté dessus sans préavis, au point que j’ai eu toutes les raisons de croire qu’on passerait bientôt de son salon à sa chambre, donc m’entendre rétorquer de me la coller derrière l’oreille, ça passe un peu mal. Ou alors, tordu comme il est, il veut dire l’inverse : que je ne prenne pas cette fuite comme un signe de rejet. Il en a des bonnes. Il m’allume et me jette en beauté, je ne vois pas trente-six façons d’interpréter ces faits.

L’explication qui vient, après quelques instants de tergiversation et de soupirs, me fait froncer un sourcil, me laissant plus perplexe qu’éclairé. Le coup du « J’aurais pas dû, tu devrais partir », on me l’a déjà fait, mais jamais en le pensant réellement. À mes yeux, ça sonne comme une excuse de sainte-nitouche, utilisée par les filles qui savent très bien ce qu’elles veulent mais souhaitent l’obtenir tout en pouvant rejeter la responsabilité sur l’autre. Seulement, toutes les autres fois, j’ai senti un accent de défi dans la voix, pas ces hésitations et cette gêne qui paraissent tellement sincères qu’elles me perturbent une seconde. Mais il peut pas vraiment le penser. Y’a pas de raisons. Enfin, objectivement, si : tout nous sépare, à commencer par nos choix de carrière et notre envie de nous faire du mal dès qu’on se croise. Ce que je veux dire, c’est que nous avons déjà fait affaire, il est évident que nous nous ressemblons plus que ce qu’on croirait au premier abord. Et ce ne serait pas la première fois que la haine débouche sur autre chose – si on en croit tous les films où le héros et l’héroïne se méprisent ouvertement avant de finir ensemble.  

J’ouvre la bouche mais rien n’en sort. Je devrais répondre quelque chose, pourtant. Ou pas : je ferais peut-être mieux de m’en aller en silence, sans rajouter un poids dans cette ambiance plombée à souhait. Mais, après ? Ce qui vient de se passer, j’en ferai quoi ? L’oublier serait compliqué. Mon semblant de remord, seule raison pour laquelle j’aurais pu vouloir omettre le tournant inattendu qu’a pris cette soirée, a finalement été vite éclipsé par la surprise d’être ainsi rejeté. Les sensations elles-mêmes, cet empressement et cette dureté, sont tellement différentes de ce à quoi je suis habitué que je m’en souviendrai longtemps. Rien qu’y penser me fait me mordre ma lèvre déjà meurtrie. Et puis, il y a eu les mains de Logan sur ma nuque et dans mon dos, sa chaleur tout contre moi et son étreinte possessive.

Son histoire de trouille, je suis pas sûr de comprendre. Pourquoi il aurait peur d’hésitations ? Je n’hésitais pas, de toute façon : je reprenais mon souffle. Au pire, c’était une toute petite hésitation, pas de quoi en déduire que je voulais pas. C’est un gosse, pour prendre le moindre « peut-être » comme du désamour ? Et qu’est-ce qui était idiot ? De croire que je pouvais vouloir d’un malade comme lui ? Si c’est son idée, c’est moi qu’il va trouver idiot. Parce que j’ai peut-être réussi à ignorer les précédents signaux qui me taraudaient depuis des semaines mais je peux plus refermer les yeux à présent que je les ai ouverts. Et maintenant qu’il m’a chauffé comme ça, il me faudrait une bonne douche froide pour me calmer.

Cette fois, c’est moi qui me jette sur lui. Je viens me coller contre son dos et l’enserre de mes bras. Je voudrais retrouver sa bouche mais sous cet angle, c’est son cou qui s’offre à moi en premier. J’y plante mes lèvres. Une fois, deux fois, trois fois. Je descends le long de son trapèze puis jusqu’à sa clavicule. Tandis que ma main gauche reste sur sa hanche pour la coller contre la mienne, la droite se glisse sous son t-shirt. J’explore ce ventre que j’ai tellement vu dans mes rêves, je goûte la douceur de cette peau, ignorant la ligne plus rugueuse qui le traverse de part en part. Je le sens bouger au rythme de sa respiration hachée.

- Où tu vois des hésitations ? soufflé-je tout contre son oreille.

Mes mains continuent leurs divagations, l’une arrive au niveau de ses côtes pendant que l’autre descend vers sa cuisse. S’il veut fuir de nouveau, il a intérêt à y mettre l’énergie nécessaire. Cette fois, hors de question que je le laisse s’en tirer comme ça, pas avec une excuse aussi merdique.
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Jeu 10 Mai 2018 - 21:00
Incapable de le regarder, je me morfonds, empêtré dans un sentiment mêlant honte et remords. Honte d'avoir amorcé un rapprochement que je n'assume même plus, regrettant déjà mon geste, une peur débile mais pugnace s'accrochant à moi comme une sangsue, me contraignant à la fuite. C'est stupide. Et parce que je me sens stupide, je lui demande de partir. Je dois donner l'impression de ne pas savoir ce que je veux mais, je ne l'avais pas vue venir, cette vague d'hésitations ; je me suis pris un déferlement intarissable sur le coin de la gueule et n'entends plus que le brouhaha du courant dans ma tête, un vacarme monstrueux qui se fracasse contre le silence parfait dans lequel je nous ai plongé, avec mon mélodrame à la con. Je comprendrai qu'il se foute de moi ou qu'il se casse sans dire un mot, d'ailleurs et par une risible habitude, je m'attends à son mépris ou son incompréhension. Mais pareil à un gamin n'admettant pas sa faute, je refuse de lui faire face ; parce que je suis un idiot et que ma voix tressaille chaque fois que j'essaye d'aligner deux mots qui ne soient pas teintés de cynisme ou de traits d'esprit bancals.

Tellement sûr, si invariablement persuadé de l'entendre bientôt refermer la porte derrière lui – après s'être démené avec les six verrous, cela va de soi – qu'un soubresaut m’étreint furieusement lorsque je sens soudain ses bras s'enrouler autour de moi. Mon corps collé au sien, j'entrouvre la bouche, inspirant profondément, cherchant à retrouver la lucidité de mon esprit qui plane déjà et, avec Aaron m'entourant de son poids, de son parfum et de son contact, je me démène contre ce brouillard grisant, voilant ma raison et mes hésitations. Et puis ses lèvres, brûlantes, glissant sur mon cou, embrasant ma peau et mes peurs, tandis que mes incisives se plantent dans ma propre lèvre pour, d'instinct, faire taire le soupir naissant au creux de mon ventre, au creux de ma gorge. Le moindre baiser engendre une multitude de frissons qui naissent sous ses lèvres, épicentre de mon plaisir, et dévalent mon dos avec une langueur effroyable. Les sensations m'assaillent et me submergent.

Je le laisse faire, parce que c'est foutrement agréable et l'idée de tout arrêter de nouveau ne m'effleure même plus l'esprit. Plus que de la peur, le repousser relèverait cette fois du mensonge, du déni saugrenu de mes propres envies et des actes qui les accompagnent. Je ne veux pas prétendre vouloir qu'il s'en aille et me laisse avec mes craintes ; dans tous les cas, mon esprit névrosé aurait trouvé un moyen de se sentir abandonné. Alors je capitule et laisse ses mains parcourir mon corps, me crispant lorsque ses phalanges viennent indolemment effleurer ma cicatrice, puis me détendant à mesure qu'elles remontent jusqu'à mes côtes.

Son murmure accompagne l'affaissement de mes barrières et, désireux de le toucher à mon tour, je me retourne, venant aussitôt trouver ses lèvres. Mes mains, retrouvant leur mobilité, s'immiscent sous le tissu de sa chemise et parcourent la peau de ses hanches, puis de son dos, alors que je fais lentement glisser ma langue contre la sienne. Un baiser que je finis par rompre, à bout de souffle, sans pour autant me détacher de lui. Je ne laisse d'ailleurs pas le temps aux pensées de naître ni à nos regards de se croiser, et pousse Aaron sur le canapé. Je le rejoins sur ce dernier et, appuyant dans ma position un équilibre dominateur, viens tranquillement m'installer au-dessus de lui, posant mes mains sur le dossier en cuir, de part et d'autre de son visage.

Sans un mot – on aura compris que la parole n'est pas mon fort, de toute façon – je défais les boutons de sa chemise sans aucune hâte, les pensées bien loin des hésitations que j'avais pu avoir quelques instants plus tôt. Là, maintenant, il n'y a plus que lui et son corps que je découvre et que j'effleure, à mesure que le vêtement s’affaisse. Me penchant finalement, comme fondant sur ma proie, je résiste à la tentation de l'embrasser à nouveau et pose plutôt mes lèvres sur son cou, goûtant sans gêne à cette peau mise à nu. Une de mes mains quitte son appui sur le canapé pour explorer son abdomen, taquinant le bord de son pantalon, puis remontant, avec une lenteur affolante, jusqu'au haut de son ventre. Décidant de clore courtement mes yeux, la commissure de mes lèvres s'étire en un sourire fugace, avant qu'une canine sans pitié ne vienne s'agripper à la peau fine de son cou.

Mordillant, embrassant, m’imprégnant des sensations et dégustant ses réactions, je viens finalement, avec – presque – une subtilité dévorante, lécher les lèvres d'Aaron, comme pour me souvenir du goût sensuel implosant dans ma bouche.
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Dim 13 Mai 2018 - 17:21
Je m’attendais à devoir le retenir un peu. S’il a cherché à m’échapper une fois, après avoir lui-même bien engagé les choses, il aurait logiquement dû recommencer. Je ne suis déjà plus en état de faire de la psychologie même de bas étage, de réfléchir en termes de « Il me repousse pour que je lui coure après. » Tout ce que je sais, c’est qu’il a tenté de fuir et que je ne le veux pas. Aussi, quand je le sens bouger entre mes bras, d’abord, je résiste, puis je comprends ce qu’il veut et le laisse faire. Et tout repart.

Pendu à mes lèvres, il bataille pour sortir ma chemise de mon pantalon. Je pourrais l’aider, je suppose, mais je suis du genre joueur : j’aime retarder un peu le plaisir, juste ce qu’il faut pour le voir venir, le fantasmer. Je n’ai pas beaucoup d’imagination, en temps normal, mais dans ces moments-là, elle s’active, au point que je n’arrive pas à savoir si ce sont mes sens qui sont exacerbés ou si je brode à partir de sensations somme toute banales. Il n’y a pas de raisons pour que ses mains, qui me semblaient brûlantes il y a quelques minutes, soient maintenant glacées ; ou pour que son baiser me fasse tellement plus d’effets que tous ceux que j’ai connus auparavant. Que j’aie autant envie de lui me paraît toujours aussi stupide mais si évident que je n’essaie même plus d’y résister. Alors je laisse mon esprit passer frénétiquement d’un point de contact à un autre, incapable d’encaisser en même temps toutes ces explosions sensorielles.

Je suis tellement absorbé par elles que Logan n’a besoin que d’une petite poussée pour me faire tomber en arrière sur le canapé. Quand je le vois s’avancer vers moi, me surplombant fièrement de toute sa hauteur, j’ai comme une impression de déjà-vu qui me tire un sourire. Je me redresse un peu mais le laisse venir s’agenouiller par-dessus moi. Avec ses bras de chaque côté de ma tête, je pourrais me sentir de nouveau oppressé mais cette fois, cette proximité ne me déplaît pas, bien au contraire. Tandis que ses doigts ouvrent lentement ma chemise (presque trop lentement, même pour moi), les miens parcourent ses cuisses, montant à chaque fois un peu plus haut. Quand enfin il peut en écarter les pans, je m’interromps. Tant qu’il semble prendre des initiatives, je me contente de caresses simples, douces, par-dessus son jean ou juste au niveau de ses hanches. Je ne veux pas le déconcentrer. Au-delà du plaisir physique qu’il m’apporte, j’aime qu’il vienne me chercher. Il est peut-être au-dessus de moi pour le moment mais le voir réclamer mon contact et se courber devant moi pour m’apporter du plaisir me donne un sentiment de domination incomparable. C’est oublier que je souhaite tout cela au moins autant que lui, mais on ne se refait pas.

Ses morsures par contre, finissent par me fatiguer. Il va un peu trop loin, il est temps de reprendre le contrôle. Je le laisse revenir à mes lèvres une dernière fois puis inverse les choses. Je le pousse à le redresser et attrape le bas de son t-shirt pour le passer par-dessus sa tête et le laisser tomber au pied du canapé. Devant ce corps qui s’offre à moi, mon cœur accélère encore et ma respiration devient presque laborieuse. Maintenant, je commence à sentir l’oppression. S’il ne fait plus mine de s’aplatir devant moi, sa virilité, la dureté qui se dégage de sa silhouette désespérément masculine et de ses cicatrices devient évidente, tout comme mon désir de le consumer.

Après cet instant d’intimidation, je reprends mes esprits et la seconde suivante, je passe mon bras autour de sa taille pour le déséquilibrer et le coucher sur le canapé. Le temps de finir de faire tomber ma chemise, et je suis à genoux entre ses jambes. C’est à mon tour de le regarder par au-dessus. Sous cet angle, il est bien moins impressionnant mais c’est bien tout ce qui change. Alors que je voulais prendre le temps d’asseoir ma position et de me calmer un peu avant de remettre ça, le bout de mes doigts est irrésistiblement attiré par sa peau, ils viennent effleurer sa hanche et crocheter la ceinture de son pantalon. J’avale ma salive. Si voir son torse provoque en moi des sentiments contradictoires, que dire de cette partie-là de son corps ? Mais si je devais être effrayé par cette relative nouveauté, j’aurais déjà pris mes jambes à mon cou.

Mon regard hésitant finit par trouver un point de fixation : le grain de beauté, sur son épaule. C’est là que mes lèvres commencent leur attaque, avant de descendre le long de son pectoral. Le contact de sa peau fait disparaître tous mes doutes. Ma main recommence à s’activer. Ce n’est pas la première fois que je déboutonne un jean, je devrais y arriver sans avoir à regarder, pourtant, après Logan et ma chemise, à moi de galérer. Il me faut un instant pour saisir que son pantalon se boutonne dans l’autre sens que ceux des nanas auxquelles je suis habitué… Qu’à cela ne tienne, suffit de changer de main.

Que je crois. Parce que le canapé n’est pas bien large. Je pense trouver un point d’appui mais alors que le bouton vient de sauter et que je me penche de nouveau sur Logan, ma main glisse et je ne me rattrape que de justesse en m’agrippant au bord de l’assise. Voilà qui va pas être pratique. Je n’ai aucune envie de devoir prêter attention à quoi que ce soit d’autre que lui, surtout pas à quelque chose d’aussi bête que la largeur d’un canap’. Et le cuir, ça colle sous la peau, ça fait des bruits obscènes. M’étant assuré, cette fois, d’avoir une position stable, je me redresse, accroche son regard et désigne la porte du menton. Mon souffle est trop court, ma bouche trop sèche, ma gorge trop serrée pour que je prononce le moindre mot.
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Lun 14 Mai 2018 - 23:45
Mon premier réflexe, lorsqu'il me pousse, me privant ainsi de son contact, est de tirer une moue désapprobatrice. Je commençais à peine à m'approprier son corps, à le découvrir sous mes paumes brûlantes et mes lèvres avides, m'attardant sur l'épiderme de son cou comme pour lui donner autre chose que la fureur de ma poigne impérieuse, lors de notre première confrontation – quoique le terme « tentative de meurtre » serait plus approprié. Mais Monsieur s'en fout. Je grogne un peu, juste pour la forme, et le laisse retirer mon t-shirt, me délectant de ses gestes empressés. Une délectation qui s'efface aussitôt que son regard vagabond ne parcourt mon torse. Quelque peu désœuvré à l'idée d'exhiber un corps meurtri, mes lèvres se pincent sous l'appréhension, sous la crainte de paraître disgracieux, avec ces cicatrices imprimées dans ma peau. Je ne laisse pourtant pas ma risible pudeur prendre le dessus et, dans une inspiration laborieuse, me plie à son regard avec un enthousiasme tel que j'ai la sensation que le cœur cognant dans ma poitrine va finir par faire exploser mon diaphragme, et me laisser ainsi transi de ces yeux brûlants que je sens courir sur mon corps.

La suite par contre, en plus de me désarçonner un tantinet, me plaît nettement moins. Dans un écarquillement de mes prunelles fendues, je me sens basculer sur le côté, mes omoplates rejoignant le cuir froid du canapé. Cette fois, c'est lui qui me surplombe et j'aurais pu faire mine d'être offusqué un peu plus longtemps ; néanmoins la vue de son torse achève de faire diversion. Je me fiche bien d'être sous son joug, tant que je peux continuer de le toucher, de l'embrasser, de sentir sous mes doigts la chaleur incroyable de sa peau.

Ses lèvres prennent d'assaut mon corps et je ferme les paupières sous les sensations qui brûlent ou font frémir, les accueillant avec passivité. Mes mains, quant à elles, viennent distraitement s'emparer de ses hanches mais restent sages pour le moment, désireux de seulement profiter des baisers qui m'assaillent lascivement, et d'apprécier le souffle chaud d'Aaron contre ma peau. Chaque contact sur celle-ci fait monter une lente pression dans mon corps, tandis que je m'abandonne à un langage corporel plus instinctif, plus chaotique aussi. Je sais que je ne dévorerai jamais personne avec autant de plaisir que lui.

Pourtant, mon impatience se fait omniprésente et, quand je sens qu'il s'attarde trop sur le bouton de mon jean, je ne peux m'empêcher de soupirer, presque agacé, à la limite du désarroi. Je lève mon regard sur son visage et, entre deux inspirations désorganisées, lui lance un insolent « euh, t'as besoin d'aide ? » ; parce que c'est pas tout de vouloir jouer le mâle alpha mais, si on ne sait pas se servir de ses mimines, c'est un peu la loose, quand même. La peur disparue, je retrouve désormais mon tempérament de chieur taquin et railleur et me fais une joie de le laisser transparaître. D'ailleurs, quand sa main glisse du canapé, effondrant ainsi son appui au-dessus de moi, je pouffe de rire comme un gosse, sans savoir que mon hilarité passagère est plus nerveuse qu'autre chose.

La chambre, oui. C'est mieux, la chambre.

Déposant un baiser trop chaste sur la commissure de ses lèvres, je me redresse et l'entraîne avec moi, main refermée autour de son poignet, vers ma chambre. Sans doute que ma démarche traduit mon empressement mais je m'en fiche et pousse la porte, le tirant à l'intérieur, avant de la refermer soigneusement – comme si quelqu'un allait venir nous déranger, hein. Lâchant son poignet, je le pousse doucement vers le lit, glisse une main dans ses cheveux et de l'autre, défais son pantalon. La première tire un peu sur ses mèches brunes, pour lui suggérer – hum, ordonner – de relever la tête, me laissant le champ libre sur ses clavicules, son cou, et les traits racés délimitant sa mâchoire. Je m'y attaque encore, entre baisers et jeux de langue puis le pousse plus franchement sur le lit, le suivant de près dans sa chute.

Je me retrouve donc à quatre pattes au-dessus de lui – mais ne doute pas que Monsieur inversera de nouveau les rôles, évidemment. J'en profite donc et prends un temps pour l'observer, pour poser ma paume à plat sur son torse, et puis, avec une lenteur désarmante, descendre le long de son ventre, jusqu'à son nombril. Mes yeux replongent dans les siens, mais ma main ne s'arrête pas là : alors que l'autre me sert à garder mon équilibre au-dessus de son corps, posée sur le matelas – ça serait bête de glisser à mon tour –, la caresse se glisse sous son pantalon, sur le tissu de son sous-vêtement, s'y attardant, jouant, se délectant des réactions et de ce regard embué de désir.

Je m'arrête là. Juste le temps de le fixer plus intensément, de cesser mes caresses affolantes. Et sans plus de tergiversations, je lui retire son vêtement, virant aussi mon jean au passage – au cas où il galérerait à le faire, vous voyez.  Sans un mot, mais la malice dans mes yeux, je reviens enfin vers lui, et reprends le manège avec ma main, désireux de faire naître les premiers soupirs, les premiers gémissements.
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Mer 16 Mai 2018 - 21:28
- La chambre, oui. C'est mieux, la chambre.

Ouais, hein ? À moins qu’il préfère qu’on arrête là pour qu’il puisse continuer à se fendre la poire, c’est la conclusion qui s’impose. Quoique, visiblement, il n’est pas décidé à arrêter de se foutre de moi, à m’embrasser et à me prendre le poignet comme un gosse… Je pourrais presque en être vexé, si l’expectative de ce qui allait se passer dans cette chambre me laissait une fraction de pensée disponible. L’impatience que je sens dans ses pas et la conscience avec laquelle il referme la porte derrière nous flattent mon égo. Il me veut et il souhaite se couper du monde extérieur pour ne plus se dédier qu’à moi et à la soirée qui nous attend, voilà le message que je perçois. Mon propre désir s’en nourrit et s’embrase.

Quand il me tire le crâne en arrière, je me fais un plaisir de garder le menton fièrement relevé pour le laisser profiter de mon cou, les yeux baissés, un sourire sur les lèvres. Je voudrais le garder un peu moqueur, qu’il n’exprime que ma satisfaction de le voir à mes pieds, mais sa langue sur ma peau me donne un plaisir que je ne peux dissimuler. Pas plus que les frissons qui me parcourent quand ses lèvres glissent sous l’angle de ma mâchoire. Ma main passée dans son dos se contracte, il s’en faut de peu pour que mes ongles ne se fichent dans sa peau halée. L’autre, sur sa nuque, voudrait l’empêcher de jamais éloigner son visage, même si au fond je veux tellement plus.

Il doit m’avoir entendu, car il passe bientôt à l’étape suivante. Je me retrouve sur le lit, sous lui. Il me fixe, je le laisse faire, me redressant même sur les coudes pour faire gonfler mes pectoraux. Qu’il admire. Qu’il touche. Un peu plus, même ; un peu plus bas… Je voudrais le lui ordonner mais j’ai l’impression que ma gorge serrée ne pourrait que croasser, ou supplier. Hors de question. Autant faire mine de rester stoïque. Quand son regard se plante dans le mien, je le soutiens, alors que mon esprit est fixé tout entier sur le chemin que sa main continue de tracer sur mon ventre.

Depuis quand mon pantalon est ouvert ?

Le contact de sa paume, même à travers le tissu, me tire un hoquet de plaisir, et je laisse mon menton tomber sur ma poitrine, les yeux fermés. Je ne m’y attendais pas, je crois, même en ayant eu tout le temps de le voir venir ; en tout cas pas à des gestes aussi francs. Il me faut une seconde pour me reprendre, réussir à desserrer les paupières et relever vers lui un regard trouble. Ma respiration, qui s’était calmée le temps de suivre le couloir, se fait plus irrégulière. Je perds le contrôle, je perds pied, et je n’arrive pas à savoir si j’aime ça. Je pose une main tremblante sur son poignet mais ne vais pas à l’encontre de ses mouvements. Au contraire, j’essaierais presque de le retenir quand il met fin à ce petit jeu.

Je me soulève pour l’aider à tirer mon pantalon et me redresse un peu plus pour le regarder finir de se déshabiller à son tour. Loin des silhouettes féminines aux courbes douces et accueillantes, la sienne est anguleuse, bardée de traces signes de tentatives d’héroïsmes et, surtout, dotée du même attribut que moi. Jamais je ne me suis préoccupé de cette partie chez mes quelques partenaires masculins. Mieux : je faisais tout pour l’oublier. Là, l’évidence est indéniable, mais c’est aussi cette ressemblance que je désire, réalisai-je. Je ne l’ai pas choisi comme une femme, uniquement parce que, d’après son apparence, je le crois capable de m’apporter du plaisir physique – cette idée ne m’avait jamais effleuré l’esprit avant d’entrevoir qu’elle n’est absolument pas absurde. Je souhaite me confronter à lui, me heurter à ses aspérités et à la dureté de son corps, puis l’absorber et me fondre en lui. Je dois presque lutter contre l’élancement et la chaleur dans mon ventre pour ne pas le tirer tout de suite contre moi. Je le regarde revenir se placer au-dessus de moi et reprendre où il m’avait laissé.

Un peu mieux préparé, cette fois, je ne succombe pas immédiatement. D’autant qu’à présent, j’ai autre chose sur quoi me concentrer. D’un mouvement encore un peu hésitant, je viens poser une main sur sa hanche et la fait lentement glisser le long de l’aine. Je le touche d’abord du bout des doigts, comme si j’avais peur de me brûler. Il me faut un instant pour prendre de l’assurance, le temps aussi que mon esprit finisse de s’échauffer sous ses caresses, et j’ose poser ma paume, et même refermer doucement mes doigts pour imprimer un langoureux mouvement de va-et-vient.

Mais tout à coup, un bref éclair remonte le long de mon dos et m’arrache une exclamation de plaisir. Le son de ma voix, si alangui, me surprend moi-même. Je sais pas ce que Logan m’a fait, où il m’a touché, mais je ne compte pas refaire entendre ce bruit-là. Ce n’est pas moi qui suis censé partir dans les gémissements abandonnés. Pour être sûr de ne surtout pas laisser échapper cela une seconde fois, je me redresse, passe ma main derrière la nuque de Logan et le force à se pencher un peu pour sceller mes lèvres aux siennes.

Je suis plutôt fier de mes abdos mais là, ils ne tiennent pas le coup. Je retombe en arrière, attirant Logan dans ma chute. Sans cesser de l’embrasser, je pivote immédiatement sur le côté. Nos corps nus sont maintenant accolés. Dispensés de tout encombrant airbag organique, nos torses sont directement l’un contre l’autre. Je sens toute la chaleur qu’il dégage, si forte que j’ai l’impression que la sueur qui commence à perler sur ma peau entre en ébullition. Je n’ai qu’à me déplacer un peu pour que nos bassins, eux aussi, se rejoignent. Nouveau flash, mais notre baiser étouffe mon soupir. Je délaisse alors l’avant de son corps pour son dos, au niveau de sa taille. Alors que ma main dans ses cheveux et ma langue s’activent pour détourner son attention, je laisse le bout de mes doigts chatouiller doucement sa colonne vertébrale. Séparant enfin mon visage du sien, juste assez pour pouvoir voir sa réaction, je ralentis alors que j'arrive à son coccyx…
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- Grand Manitou -
Sam 19 Mai 2018 - 14:27
Les draps froids s'imprègnent bientôt de la chaleur de nos corps, alors que mes caresses lascives se poursuivent, tourmentant, embrasant, cherchant à l'enfiévrer, à le dépayser. Je me laisse moi-même emporter par les sensations, grisé par un désir mordant, sous l'emprise de mes battements de cœur erratiques et l'exaltation monstrueuse qui m'étreint. J'essaye d'être doux, mais n'y parviens pas vraiment. En poursuivant mon ouvrage, faisant adroitement glisser mes phalanges curieuses sur sa peau, mon regard s'attardant sur le corps que je surplombe, je prends conscience de la singularité de l'instant. Bon ok, il faut vraiment avoir deux de tension pour ne pas l'avoir remarqué plus tôt ; mais mon cerveau semble tilter avec un peu de retard que, oui, ce que je touche, là, ce n'est pas vraiment ce qui caractérise le corps d'une femme. Pas du tout, même. Je pourrais perdre mes moyens et me laisser submerger par une nouvelle vague d'hésitations, intimidé par ma propre inexpérience, mais ce détail, qui n'en est pas un d'ailleurs, achève de m'amuser, et fait naître sur mon visage un sourire mêlant raillerie et lubricité.

Sourire qui s'effondre d'ailleurs, lorsqu'une délicieuse caresse vient me prendre d'assaut. Un violent frisson parcourt mon échine, s’échouant dans mes reins, chauffant encore plus mon bas-ventre. Mes paupières s'abaissent lentement, savourant cette exquise sensation et le plaisir qui l'accompagne, et je laisse un profond soupir exhaler l'air, se diffusant dans la pénombre de la chambre close. Bordel, que je hais ce frémissement extatique qui ne fait que prouver un peu plus que je meure d’envie qu’il arrête ça. Et surtout, qu’il passe – déjà – à l’étape suivante. Vraiment. Ma propre caresse se fait soudain plus appuyée, taquinant son entrejambe, pour lui provoquer le même soupir lascif que j'ai bien docilement laissé échapper.  Je ne veux pas être le seul à me livrer ainsi.

C'est un gémissement éloquent, surgissant du fond de sa gorge, qui répond à cet attouchement, et un vague sourire frémit sur mes lèvres, sans naître pour autant. Je m'apprête à réitérer la caresse, désireux de lui faire perdre un peu la tête – mais juste « un peu », pour l'instant, promis – mais Aaron se redresse, m'attirant à lui par sa main apposée sur ma nuque.
Il y a d’abord le frisson qui remue un peu ma carcasse. Puis, c’est au tour du baiser de me tirer totalement de mes pensées goguenardes – parce que oui, je suis toujours en état de penser. Je ferme les yeux, réflexe pour me laisser entièrement aller à l'ardeur de ce baiser, à ses lèvres contre les miennes, et le suis doucement dans sa chute sur les draps. Je n'aurais jamais cru que les choses prendraient une telle tournure. J'ai quand même tué un mec, je veux dire, merde, m'envoyer en l'air comme si de rien n'était, dans mon propre appart', avec un type dont les manières m'horripilaient à tel point que le seul désir que j'éprouvais à son égard, était de lui éclater la tête, ce n'était pas franchement prévu. Et pourtant, c'est bien son contact qui m'arrache des soupirs et tue mon souffle, et ce sont bien ses mains, autrefois refermées en deux poings hargneux pour me démolir, qui effleurent désormais ma peau, m'embrasant toujours un peu plus à leur passage.

Ses doigts qui parcourent le bas de mon dos, me soutirent un nouveau frisson. Et une prière muette pour qu'il n'y ait que ça. L'envie de conserver un peu ma fierté, de ne pas tout livrer, me livrer, d'un coup d'un seul. L'idée un peu érotique de me faire désirer et de ne pas simplement céder à ça. Juste ça. Ses phalanges contre ma peau, sa bouche contre la mienne. Quand il rompt l'étreinte de nos lèvres, je ne bouge pas, attendant, réalisant que mes doigts se sont crispés sur son épaule. Je lève les yeux vers Aaron, les pupilles dilatées, les lèvres entrouvertes sur une inspiration que je cherche à happer, mon esprit embrumé par le désir.

Finalement, je glisse ma main libre sur ses reins, emprisonnant encore un peu son corps contre le mien. Je rapproche mon visage, heurtant doucement son front du mien, alors que j’ondule un peu mon bassin, le provoquant. Que je sois inexpérimenté ou non, exciter quelqu’un ce n’est pas un jeu bien compliqué. Un peu de frottements, un peu de voix, les regards envoûtants, les mains qui osent, les lèvres, la langue. Rien de bien nouveau. C’est la suite qui risque de se compliquer. Rien que de savoir lequel de nous allait passer en mode en-cas et lequel aurait donc l’honneur – ou l’horreur, allez savoir – de jouer avec la carotte. Ouais. L’image commence à se brouiller dans ma tête et je la chasse rapidement. Je glisse mes mains sur son cou, les remontant finalement à sa nuque, où je noue mes doigts entre eux. Je m’ancre gentiment à son corps, pour m’installer plus franchement contre lui.

Si je le surprends par des caresses fermes et catégoriques, lui par contre, s'applique à me faire languir, ses mains préférant d'abord effleurer doucereusement mon épiderme hypersensible, engendrant une cruelle frustration. Je grogne franchement.

Ma voix se fait plus rauque, plus basse, plus murmurée.

T'as fini de jouer ? C'est frustrant...

Qu'il me fasse gémir carrément.
Glissant une de mes mains le long de son flanc, pour finalement la placer sur sa hanche, que j'agrippe, mon autre main quitte son épaule pour remonter sur la nuque d'Aaron, lui prenant un autre baiser, moins hâtif, et plus profond cette fois. Ma langue revient flatter sa jumelle, les lèvres vagabondes cherchant à happer, à faire fondre leurs semblables.

Et puis je romps doucement l'échange frénétique, noyant mes yeux dans les siens, les reins en feu, le désir à bloc, la lucidité sur le grand départ.
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Une (bonne ?) chose de faite [Logan x Aaron]
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