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Le poids des mots ∞ Aaron
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Logan Rothschild
- Grand Manitou -

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Mar 11 Déc 2018 - 22:17
Cette boutade a au moins le mérite de me détendre un brin. Nul doute que mon rire trahit alors ma nervosité ; il n'a rien à faire là, et soulève placidement ma poitrine pour nous donner l'illusion, à lui comme à moi, de quitter l'atmosphère austère de notre conversation. Balayer la gravité de ces échanges trop labiles : tantôt hargneux, tantôt empreints de frustration et d'incompréhension. Alors je ricane, ouais, j'essaye de me détendre, en dépit du nœud tenaillant mes entrailles et de l'intarissable flot de pensées qui me donne l'impression de me noyer. Je ne m'attends pas à une réponse sérieuse, ni même amicale ; qu'il m’envoie chier ou me dise que je suis moche est le dernier de mes soucis : j'avais seulement besoin de légèreté. On commençait à s'embourber dans quelque chose de trop sérieux, presque solennel. Et j'ai besoin d'un peu de temps, pour digérer tout ça, me faire à l'idée que je vais assurément devoir aménager ma vie autrement, pour lui faire ne serait-ce qu'une petite place dans mon quotidien – comme s'il n'occupait pas déjà assez d'espace dans ma foutue tête.

Étonnamment, son speech me rassure. Il me donne là une raison toute trouvée à ce qui s'est passé, me balance une justification qui me convient tout à fait, après avoir passé des semaines à me demander, bordel de merde, pourquoi j'avais amorcé cette connerie monumentale. Je le regarde un instant, le temps de finir de me convaincre, et finis par hausser les épaules, tandis que je repars à l'attaque de ma nourriture – plus par automatisme qu'autre chose.

Absolument. C'est exactement ça. En fait, ça ne peut être que ça.

Je hoche la tête, ravi d'y voir un peu plus clair, à présent. Ça ne change en rien mes regrets, mais ça me permet au moins d'affirmer que nous étions dans le même état d'esprit, et que ce désir sorti de nulle part découlait invariablement de ce que nous venions de vivre. En revanche, même si pour une fois nous semblons tomber d'accord sur quelque chose – alléluia –, je ne peux m'empêcher de tiquer à ce qu'il ajoute ensuite, la tête penchée à la manière d'un animal curieux. Je le scrute un instant, soupesant ses mots, et après avoir fini ma bouchée de riz, me risque à exprimer un énième désaccord – mais on commence à avoir l'habitude.

Je ne trouve pas que ça a été violent. Le désir, oui, sa fulgurance, aussi... mais le reste, c'était plus...

Je semble hésiter.
J'hésite réellement, en fait ; j'ignore comment qualifier cette nuit-là, mais tout ce que je sais, c'est que je n'ai pas ressenti la moindre brusquerie lors de notre étreinte.

Je sais pas.

Voilà de quoi me faire parfaitement comprendre, n'est-ce pas? Parfois, j'aimerais avoir une rhétorique plus affûtée, pour trier mes pensées, mes idées et mes sentiments, et savoir leur accoler le mot juste... là, assis sur cette chaise, je revois juste des flashs, sans être capable d'expliquer ce qu'ils m'évoquent. Mais il y avait nos regards, sa cascade de baisers et ses mains agrippées aux miennes, nos doigts entremêlés, mes hésitations et sa prévention à mon égard, son sourire niais et le timbre de sa voix... Est-ce qu'il l'a oublié ? Ou suis-je le seul à y voir quelque chose... je ne sais pas, je ne vois pas comment l'exprimer. Mais ce n'était pas juste ce qu'il me décrit, j'en ai la certitude : ça ne se résumait pas seulement à lui et moi, contre le monde. Et bientôt, je sens mes convictions, érigées il y a à peine cinq minutes et grâce aux propos d'Aaron, s'écrouler misérablement. Je ne sais pas, et ça m'énerve. Merde. Ça aurait dû être brusque. Alors pourquoi ça ne l'a pas été ?

Peut-être que j'ai eu besoin de ça, car ces meurtres m'ont donné la certitude de continuer à vivre ; à vivre une vie morne, chiante et vide. Pour me convaincre que ça en valait la peine, peut-être que... je sais pas, j'ai voulu me sentir désiré un instant, et avoir l'impression que mon existence importait à quelqu'un.

Mon regard dérive sur le vide, à défaut de pouvoir faire face immédiatement aux jugements implacables de mon interlocuteur. Mais cette explication, si peu reluisante soit-elle, me paraît plus plausible – et me rend pathétique au possible, mais je ne veux pas me voiler la face, pas aujourd'hui. Rien à faire ; malgré ma tentative précédente pour alléger l'atmosphère, nous en revenons toujours au sérieux, aux hésitations, à l'incompréhension. Et s'il y a quelques minutes, rire me semblait être un bon moyen d'apaiser les tensions, la tornade d'émotions négatives qui trouble dorénavant mon regard me coupe à présent tout trait d'humour.


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Aaron Payne
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Dim 16 Déc 2018 - 21:42
La violence a quelque chose de rassurant. Quand on est agressé, on a le droit d’oublier les salamalecs et les bonnes manières et de répondre de la même façon, ce que je sais faire sans soucis. La violence, aussi, peut venir de si profond, de recoins si noirs de ton âme, que tu n’as pas à te sentir obligé de la justifier – quand bien même toi, tu sais que tu avais juste envie de lui mettre sur la gueule, à ce petit prétentieux. Et si jamais tu tombes face à des psys en herbe qui essaient de te faire cracher que ton père tabassait ta mère ou que tu essaies de compenser un manque de confiance en toi, réponds d’un air blessé que tu n’as pas envie d’en parler. Un truc imparable pour faire fuir les fouineurs.

Donc la violence, comme excuse à presque tout, ça marche super bien. « C’était pas de l’attirance, c’était de la violence, faut pas chercher à comprendre. » Un scénario qui me conviendrait parfaitement, sans chichis. Bien sûr que ça ne peut être que ça. Mais alors que j’allais me réjouir, un peu ironique, que nous tombions enfin d’accord sur quelque chose, Logan se reprend. Décidément, il faut qu’il aille toujours chercher la petite bête. Je sais pourtant ce que j’ai ressenti. Il y avait bien cette fulgurance, et le désir, indéniablement, mais il était mêlé d’une oppression et d’un sentiment d’urgence que je ne ressens que lorsque je fais face à un danger. Il y avait bel et bien de la violence dans tout ça, quoi qu’il puisse me dire.  

Je ne comprends juste pas son expression. Chercher à m’approcher autant de la source de ce danger et la provoquer, c’est une chose à laquelle je suis habitué, mais pas en baissant ainsi ma garde. Et pourtant, même en me souvenant de cette nuit, je ne ressens aucun regret. Je l’aurais voulu, en un sens, mais je n’y arrive pas. J’ai acquis la certitude, déstabilisante au possible, qu’en étant ainsi ouvert, j’ai pu ressentir des choses qui se seraient fracassées contre mon bouclier si je l’avais levé comme j’aurais dû. En un sens, j’ai un mal de chien à l’admettre et de l’autre, je n’ai aucune envie de renoncer à ces sensations ou à leurs souvenirs.

Ce que je ne veux pas, au contraire, est l’entendre se justifier. Parce qu’à l’écouter, je suis pris d’une terrible jalousie. Il parlait d’humiliation, plus tôt : il doit être en train de tenter de se venger. C’est la seule explication pour cet aveu et l’effet de douche froide qu’il me fait.  

- Donc je t’ai servi à te rassurer. Pourquoi pas moi, après tout ? demandé-je d’une voix que je voulais froidement sarcastique mais qui se brise un peu trop à mon goût. J’étais au bon endroit au bon moment. Ça a été, tu t’es senti assez désiré ? ou est-ce que j’aurais dû encore plus gémir ton nom ?

Le souvenir de ces instants d’abandon, vagues mais bien présents, me font serrer la mâchoire. Je me laisse tomber en arrière dans ma chaise et me met à jouer avec mes baguettes. Ce sont elles que je fixe du regard mais je ne peux totalement ignorer celui qui se trouve en arrière-plan. Je ne peux pas l'ignorer du tout, même : mes pensées reviennent inlassablement vers lui.

- T’es loin d’être le seul à avoir une vie morne et chiante. Quand je pense aux années de patrouille qui m’attendent, si mes chefs n’acceptent pas de voir que je vaux bien mieux… Y’a qu’avec toi… Y’a qu’avec toi que j’entrevois autre chose. Donc oui, ton existence m’importe. Elle m’importe : content ?! Tu m…

Je m’interromps au dernier moment et le fixe, rendu muet par une peur sourde et stupide. Qu’est-ce que j’allais lâcher, encore, pris dans ma lancée ? Ça aurait été très gênant, et encore plus qu’il le croie. Ou qu’il y croit trop, parce qu’il aurait raison d’y croire un peu. Il m’importe parce que sans lui, ma vie ne peut pas suivre la trajectoire qui lui es destinée. Mais c’est tout, qu’il n’aille pas se faire de fausses idées. Manquerait plus qu’il s’attache. S’il veut une mère, ce n’est pas à moi de le chouchouter. C’est ce qui me vient à l’esprit, et pourtant, au lieu de me dire que j’en ai dit bien assez, je ne peux m’empêcher de laisser échapper une dernière phrase qui, je le sais avant même de la prononcer, vient tout foutre en l’air.

- Et pas juste pour cette nuit-là.

J’ai tellement marmonné entre mes dents que je ne suis pas sûr d'avoir été compréhensible, à se demander si je me parlais à moi-même ou vraiment à lui. Répéter est hors de question, alors je peux attendre de découvrir s’il a saisi ou non ou essayer de dégoupiller la grenade que je viens de stupidement lancer. J’essaie d’afficher un sourire moqueur et de trouver une façon de dénigrer mais mon esprit reste vide et mon visage crispé. Alors j’espère… j’espère qu’il n’a rien entendu parce que plus je m’en souviens, plus j’ai envie d’aller me planquer.
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Logan Rothschild
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Mar 25 Déc 2018 - 22:07
Je sais que mon hypothèse, jetée avec amertume et énoncée d’une voix atone, ne recueillerait pas une réaction positive. Pourtant, l’exprimer avec des mots, les entendre résonner dans le souffle apathique accompagnant chacune vibration de ces syllabes pesantes, permet de l’envisager sérieusement – de me l’admettre enfin, surtout. Cette certitude vient s’imprimer dans ma conscience perdue, entravant ses efforts pugnaces pour la repousser. À l’évidence, sentir son regard me brûler la peau m’a fait un bien fou. Merde, j’avais besoin d’exister aux yeux de quelqu’un, ne serait-ce que pour un instant éphémère, immatériel, comme une trêve appréciée au milieu de confrontations perpétuelles. J’avais envoyé les conséquences se faire voir pour ne profiter que de la sensation exquise et grisante d’être l’objet du désir, d’être celui que l’on regarde, que l’on touche, que l’on embrasse ; que l’on aime désespérément. Tout ça pour en arriver là : dans ce restaurant qui distribue une nourriture infâme, attablé avec mes contradictions, mes hésitations – et accessoirement, ce type insupportable et le cynisme qu’il me sert entre deux concessions. Alors je me sens mal. L’estomac broyé par un désarroi monstrueux, j’ai la conviction que je ne pourrais plus rien avaler. À son ironie, je ne réponds que par un silence éloquent, désireux de ne pas paraître encore plus pathétique que je le suis déjà. J’ai l’impression de me faire réprimander comme on reprendrait un gosse mal éduqué, et ça me fout la honte. J’ai honte, ouais. Alors je préfère baisser les yeux, les lèvres closes, avec l’envie irrépressible de me barrer en courant – mais ce serait le comble du ridicule, donc je m’abstiens.

Si je me sentais terriblement bien, sous le joug du regard avide qu’il posait sur moi durant cette nuit si singulière, je donnerais n’importe quoi pour m’en soustraire à présent. Je me sens vulnérable, mes pensées à découvert, et ce malaise s’empare de moi à tel point que je voudrais aussitôt enfiler le sweat délaissé sur ma chaise, pour me cacher davantage.

Pourtant, je n’en fais rien. Prostré, silencieux, je suis le mouvement laconique des baguettes avec lesquelles se distrait mon interlocuteur. Lorsqu’il reprend la parole, néanmoins, je prends la peine de lever le regard vers lui. De son corps, négligemment adossé contre le dossier de la chaise, jusqu’à ses yeux, aux prunelles fuyantes, traduisant un trouble aussi palpable que le mien. Ses propos quant à eux, finissent d’instaurer la confusion. Pourquoi est-ce qu’il me balance ça ? Pour me rassurer, pour m’enjôler, pour me convaincre de sa sincérité ? Pourtant je voudrais y croire vous savez. Je voudrais boire ses paroles et en être ivre, m’en délecter comme un assoiffé ; mais je sais que les mots ne pourront jamais tarir quoi que ce soit. Ces syllabes, teintées de mille faux semblants, se sont effritées à mesure qu’on me les jetait à la figure. Ceux à qui mon existence importait ont fini par se détourner – car on se lasse toujours de tout, n’est-ce pas ? Surtout de moi. Alors tant pis, je reste stoïque, le sourire cynique frémissant sur mes lèvres sans naître franchement, quand bien même je voudrais m’accrocher viscéralement à ses mots et à ce que je désirerais qu’ils signifient. Tant pis, tant pis. Je ne peux pas m’y résoudre.

Est-ce que son existence m’importe ? Non. Non, assurément. S’il mourrait demain, je...

Je cille. Une nausée me prend, et mes intestins se retrouvent écrasés par la violence des images macabres qui m’assaillent par dizaines, incontrôlables.

C’est...

Et pas que pour cette nuit-là. Ça veut dire quoi, ça ? Qu’est-ce que je suis censé répondre à ça, bordel ? Je ne sais pas. Je n’y crois pas une seconde. Mais j’ai l’impression de devoir répondre tout de suite, poussé par une urgence indéchiffrable, tenaillé par un sentiment d’effroi inexplicable et chaotique.

Mon existence t’importe parce qu’elle sert tes intérêts ; ne sois pas si gêné de le dire. Ce n’est pas de cette façon dont j’en parlais, mais ça ne fait rien.

Je ne veux plus en parler, de toute façon. J’en ai marre, de me sentir si ridicule et pathétique. J’en ai déjà bien assez fait. Mon déficit affectif est tel que je cherche une once de désir chez n’importe qui... et me satisfaire du regard d’Aaron rend tout ça encore plus pitoyable. Se sentir exister juste parce qu’un mec me trouve baisable... allez, c’est bon, je ne veux plus y penser. La conversation a bien trop dévié et je ne veux pas m’y enfoncer davantage. Alors j’essaye de me redonner contenance, balaye toutes mes hésitations d’un haussement d’épaules faussement nonchalant et finis de repousser mon plat à peine entamé, l’air de rien. Et toujours l’air de rien, je tente en vain d’être le plus détaché et désinvolte possible, quand je lui annonce, à la volée :

On se casse ? C’est dégueulasse.

Parce que j’étouffe, ici. J’ai l’impression d’être englouti par mes propres émotions, qui bourdonnent, envahissantes, au creux de mon ventre et de ma tête. Les regards indiscrets m’enveloppent d’une gêne doucereuse, d’un malaise sourd et vaporeux, quant au radiateur, il rend l’atmosphère moite et lourde ; si bien que l’air que j’inspire me paraît s’épaissir au fil des mots, des aveux et des silences. Je ne peux pas rester ici une seconde de plus.

Je me redresse, sans un mot, sans un regard, et attrape mon sweat noir que j’enfile sans hâte – uniquement pour dissimuler ladite hâte que j’éprouve à l’idée de me planquer sous ce bête morceau de tissu. Puis je me lève complètement, et me dirige vers la caisse pour payer ces quelques bouts de caoutchouc infâmes ; je ne fais toutefois aucun commentaire sur la nourriture, puisque j’avais choisi le cadre d’un restaurant uniquement pour éviter les débordements. Aucune réponse au sourire commercial que me lance la demoiselle, je fourre la monnaie dans mes poches et cherche à tâtons mon paquet de clopes.

J’ai envie de fumer.

J’ai surtout envie de me barrer d’ici.

C’est soulagé que je franchis à nouveau le seuil de l’établissement, le vent frais venant m’empoigner dès la porte refermée. Je prends alors une profonde inspiration, et mes poumons se chargent d’emblée de cet air vivifiant, chassant les tensions et les digressions morbides que mon esprit ressassait jusque là. Mon corps est extirpé de la torpeur que lui avait conférée la chaleur du restaurant : je sens le changement de température opérer, et mes joues hâlées picotent sous la morsure taquine du froid. Ça me fait du bien. Je me sens mieux.

Me tournant vers Aaron, je lui demande finalement, du bout des lèvres, un air candide dans la voix :

Tu viens ?

Tu veux rester avec moi, ou on se dit à la prochaine ?
Lamentable. Je n’ai pas osé le lui dire franchement. Je crois que j’ai eu peur qu’il refuse frontalement et qu’il se casse, jugeant que l’entrevue a assez duré. Il n’aurait pas tort, mais je ne veux pas le voir partir – pas tout de suite, en tout cas. J’ai l’impression que les choses sérieuses commencent ici, après avoir tout mis à plat et s’être mis d’accord sur la suite. À nous de pas tout faire foirer, maintenant...


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Aaron Payne
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Ven 4 Jan 2019 - 22:59
Qu’est-ce que je fous encore là, en fait ? J’aurais dû me barrer dès que j’ai vu que ça dérapait. J’ai eu tout le temps de me regarder perdre la main (parce que si, je l’ai eue : en étant celui qui acceptait ou refusait de venir à ce rendez-vous, j’étais aussi celui qui avait le pouvoir d’y mettre fin sans me contredire), de me sentir ridicule, toute la latitude pour me lever et le clouer sur place. Pourtant, je reste là, le cul vissé sur ma chaise, à attendre qu’on se foute de ma tronche dépitée.

En fait, partir maintenant, couper court à ce dialogue de sourd, ça ne résoudrait rien. Je ne fuirais pas la honte que je ressens en cet instant mais elle me collerait à la peau, comme les incertitudes et les doutes qui m’ont amené ici ou qui sont nés lors de ce rendez-vous de malades. Je suis venu pour lui prouver que je restais maître de la situation, elle m’a complètement échappé. Je suis en train de me foutre à poil devant lui – une fois de plus, encore et encore. Cette fois, je n’ai plus l’excuse de la bière de trop ou de l’euphorie du vainqueur. Je suis sobre, je ne vois aucune raison pour que mes sentiments m’échappent, et pourtant je reste là à parler, toujours trop, à répondre à ses questions, comme s’il se préoccupait sérieusement de mes réponses, ou comme si je voulais le retenir. Ou les deux.

Pourtant, encore une fois, il me prouve qu’il n’en a rien à carrer, de mes réponses. Il la corrige à son aise, me faisant passer pour le type froid et égoïste que je suis bien souvent – bien souvent, mais pas cette fois-là. Oui, il me sert ; oui, je tire de son existence des satisfactions propres, mais il n’y a pas que ça. S’il n’y avait que ça, j’aurais envie de continuer cette partie de mastermind, de jouer l’innocent en flirtant avec la mauvaise foi ou de faire semblant de m’avouer vaincu tout en préparant ma revanche. Là, j’ai juste envie de nier, bêtement, et de lui asséner que putain, il ne se foute pas de moi, parce qu’une partie de moi le fait déjà bien assez. Ou alors de l’envoyer violemment se faire foutre, mais pas par moi cette fois parce que j’ai déjà donné et qu’on voit bien le résultat. Mais je ravale ces réparties infantiles, qui me tombent sur l’estomac plus lourdement encore que les sushis en plastique de ce soir.

J’élabore une réponse un peu moins cinglante, dans la forme au moins à défaut du fond, quand il me libère. Oui, qu’on se casse, vite fait. Je m’étonne juste qu’il ait formulé cette proposition sur le ton de l’invitation. Moi, j’aurais annoncé mon départ, le plantant sur place. Lui, visiblement, il préfère que je dégage aussi. Il a peur que son absence me permette soudain de profiter du repas ? Pas trop de risques. Mais je n’ai pas de raison de m’opposer à lui, alors je renfile mon blouson et lui emboîte le pas entre les rangées de tables.

- J’ai envie de fumer, lance-t-il pendant que je me fais délester d'une somme scandaleuse au vu du plaisir que j’ai tiré de sa contrepartie.

- Et moi donc.

Ça n’arrangera pas mon impression de bouche rendue pâteuse par les conneries que j’ai sorties ce soir mais pourra sans doute détendre un peu la boule de nœuds qui me sert de système nerveux.  

Tout en rejoignant Logan à l’extérieur, je me demande si je vais tenir jusqu’à chez moi. Logan, s’il habite plus loin, se précipitera sans doute au coin fumeur le plus proche et je nous vois mal tirer sur nos sèches en se lançant des regards en coin. Nous nous sommes déjà tout dit.

- Tu viens ?

Un ricanement étouffé, incrédule, m’échappe. Il rigole, pas vrai ? Son regard m’apprend que non.

« Tu sautes ? » : voilà ce qu’il demande, au fond. Acquiescer, c’est me jeter dans l’inconnu. Pas seulement parce que j’aurais enfin la chance de sortir de ma zone de confort et d’ennui. Surtout parce que je comprends de moins en moins ce qui nous lie et que si je m'entête à multiplier nos face-à-face et à les prolonger, il viendra un moment où je ne comprendrai plus rien, ne serai plus sûr de rien, me retrouverai obligé de naviguer à vue. À l’autre extrémité, je pourrais lui rire plus franchement au nez. Le semblant de conversation que nous venons d’avoir est  une preuve que nous n’avons plus rien à nous dire que l’autre puisse entendre, alors autant arrêter là. Abandonner maintenant ne serait pas honteux. Mais ce ne saurait être une fin acceptable, n’est-ce pas la conclusion à laquelle je suis arrivé il y a quelques minutes à peine ?

- De quel étage ?

J’écarte vite ma stupide réponse maugréée avec ironie en désignant du menton un coin de la place, entouré de pots de fleurs bien plus hauts que ceux qui ornent le reste de l’esplanade.

- Le coin fumeur est là-bas.

Et j’y traîne les pieds. Trois salarymen s’y trouvent déjà, à parler fort et ricaner, sans doute des échappés du groupe qu’on entend depuis le bar voisin. Je leur jette un coup d’œil méfiant mais remarque vite qu’ils sont trop éméchés pour nous prêter sérieusement attention. Dans le doute, je me cale dans l’angle opposé mais les oublie bien vite.

Il me reste deux cigarettes, pas une de plus. Dans un élan de bonté ou un sursaut de politesse élémentaire, je fais mine d’en proposer une à Logan mais vois qu’il a déjà sorti son paquet. Pour la peine, je l’allume. Je me souviens du cirque que j'ai fait chez lui, je ne vais pas lui servir le même manège à chaque fois. Et ainsi, je peux en profiter pour m’attarder un peu, laisser mon briquet avancé pour éclairer d’une lumière chaude et dansante les reliefs de son visage anguleux. Je laisse mon regard suivre ses pommettes, descendre le long de son nez, jusqu’à ses lèvres. Puis la flamme de mon briquet est soufflée, rompant le charme, et je me détourne de lui.

Je prends le temps de me tirer quelques bouffées. Elles n’ont pas l’effet calmant escompté. En fait, être sorti de ce restaurant et de son atmosphère surchauffée, ne plus être bloqué sur une chaise, profiter d’une minute ou deux de silence, ont déjà aidé autant que je pouvais l'être.

- Je ne suis pas ton apprenti, finis-je par dire toujours sans le regarder. Ni ton stagiaire, et encore moins ton larbin. Je compte voler de mes propres ailes au plus tôt. C’est pas que je ne te fais pas confiance, mais ce sera mieux pour toi aussi. Je t’attirerai pas… Oh, et puis merde ! On en parlera demain. Ou un autre jour.

Je vais pas y arriver. Si j’essaie de lui expliquer ce que j’ai en tête, je vais forcément avoir droit à des reproches nés d’incompréhension stupides.

- Tu voulais aller où ?

Peut-être juste ici, en fait, pour s’en griller une. Visiblement, mes doigts de pieds écrasés m’ont appris à modérer mon optimisme mais pas à le museler complètement.
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Logan Rothschild
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Dim 6 Jan 2019 - 23:14
Je l'observe un instant, la tête à demi-penchée sur des interrogations vaporeuses, et refrène le froncement contrarié de mes sourcils lorsque, après un court moment de flottement, il me jette son rire sans joie et sa réponse monosyllabique à la figure. Il faudrait d'ailleurs que je lui suggère de retirer l'affreux balai qu'il a dans le derche, un de ces quatre, histoire qu'il décompresse assez pour prononcer une phrase dénuée de cet arrière-goût infâme de cynisme puéril. T'es con, ou quoi ? Oui, non ? On va où ? C'est si compliqué d'aligner une réponse censée ? Je pince les lèvres et le suis finalement jusqu'au coin fumeur, sans un mot ni commentaire. La seule chose dont j'ai besoin maintenant, c'est d'une foutue clope. J'aimerais aussi que le monde se la ferme, au moins le temps que je puisse digérer tous les mots que j'ai échangés avec Aaron, dans la moiteur de ce restaurant médiocre, mais la foule est toujours dense à Uzume et, gigantesque, avale quiconque ose s'y aventurer. Le bruit, le monde et cet agglutinement de silhouettes en constant mouvement couvrent le son de mes pas, et, fatigué, je garde les yeux rivés sur le bitume, pour ne pas qu'ils heurtent les immenses panneaux publicitaires naissant au bout de la rue, comme d'abominables monstres d'acier brouillant ma vue. Je n'aime pas la foule. Je n'aime pas les gens, de toute façon. Le bourdonnement indistinct que provoque leur simple existence suffit pour faire grouiller l'agacement le plus viscéral, propulsé jusque dans chaque atome constituant l'être misanthrope que je suis.

Faut croire que malgré ma haine, j'arrive à tolérer la présence de certains humains ; j'y songe une seconde, le temps de sortir mon paquet de cigarettes, et la pensée s'éteint lorsqu'Aaron allume son briquet, la flamme réchauffant alors mes joues engourdies par la brise hivernale. Je tire sur ma clope, l'air morne, et ose finalement un regard vers les hauteurs. La tête penchée en arrière, mes yeux dévisagent lourdement le ciel amputé d'étoiles, puis louchent sur les volutes de fumée que mon souffle rejette avec langueur. Ça fait du bien. Je sens mes muscles se détendre, et j'oublie même la foule qui, bien éduquée, contourne soigneusement le coin fumeurs dans lequel nous sommes parqués. Les trois autres humains et leur hilarité désespérée ne me dérangent pas outre mesure, bien que mon regard éteint, glissant mollement du ciel pour tomber sur eux, les fixe quelques secondes avec un dédain ostentatoire.

C'est Aaron, qui, avec ses inepties, m'extirpe de cette contemplation pleine de mépris. Une nouvelle bouffée de nicotine, et cette fois, je fronce franchement les sourcils. Il me saoule carrément. C'est quoi cette attitude ? Parle, va jusqu'au bout ou bien ferme-la ! Surtout si c'est pour balancer ce déferlement de conneries sans nom... m'attirer quoi, hein ? Ose le dire. Des ennuis, peut-être ? Je soupire. Sombre idiot. Chaque mot prononcé me confirme qu'il n'a rien compris, et ça me fout en rogne, parce que j'ai l'impression de m'être débattu dans le vent, avec mes pensées, avec mes mots, en croyant qu'il m'écoutait sérieusement – qu'il avait branché son cerveau de ricain entêté. Mais tout ce que j'ai dit, il l'a déjà zappé évidemment, et me balance à présent le même raisonnement stupide qu'à l'accoutumée, comme une suite à ses propres mots... mais pas aux miens. Alors, ouais. Ça me gave. Il me gave. À croire que rien d'autre que le sexe ne fonctionne entre nous. Je nous trouve pathétiques.

Je pense qu'il ne capte toujours pas ce que je suis.

Je vais nulle part, tant que t'as pas pigé ce que je vais te dire.

Les lèvres serrées, le regard déporté vers le loin, j'observe le sombre étalage d'ombres qui s'étendent devant nous, frappés par le temps. Et moi aussi, j'amorce un mouvement. Je me plante devant lui. Je le fixe, une seconde, le temps de tirer sur ma clope, mes yeux dardant sur lui un regard sévère – inquisiteur, mais pas en colère. Je suis seulement un peu exaspéré. Un peu. Pour l'instant. Mais si je dois le rouer de coups pour qu'il intègre ce que je suis, je vais pas me gêner.

Bien sûr que si, tu seras mon larbin. Tu sais pourquoi ? Parce que je ne suis pas un vulgaire tremplin que l’on piétine ; que je n’ai pas besoin de ta gueule, et te fais déjà l’immense honneur de t’intégrer à mon quotidien. Est-ce que tu comprends ? Qu’il me faut une contrepartie ? Parce que si tu refuses, que tu me prends juste pour un putain d’agenda dans lequel piocher tes futurs contacts, je t’exploserai, Aaron. C’est aussi simple que ça.

Je le fixe sans détour, et ma voix au timbre grave et menaçant ne laisse entrevoir aucun second degré. Je suis on ne peut plus sérieux. Si je suis capable de brandir un couteau devant Bastian et de le défigurer à coups de poing, je pourrais réitérer l’expérience, sans regret aucun, avec ce type – juste pour le plaisir de le remettre à sa place. Ou de lui faire payer l’humiliation que je me suis trimballé pendant des mois, au choix. Les raisons ne manquent pas.

Finalement, je souris, mes lèvres étirées dans une expression contradictoire ; de joie badine et de sauvagerie cruelle.

C’est pas un jeu, tu le sais. Ce que tu sais pas, par contre, c’est l’état dans lequel je suis lorsque je dois éventrer quelqu’un. D’accord ? Tu me connais pas. Si ça ne te plaît pas, tu dégages. Inazami se chargera de t’arracher ton pauvre orgueil pour te le carrer bien profond dans le derche.

Les traits délaissés de toute expression, je n’ai pas d’émotion, ni sur ma face, ni dans mes yeux. Je le dévisage encore quelques instants, en silence, puis finis par me détourner, comme désintéressé. Après un silence, je lance, comme si de rien n’était.

Y’a plein d’endroits où aller. Mais moi non plus, j’te connais pas. T’aimes faire quoi ?


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Aaron Payne
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Sam 9 Fév 2019 - 0:14
J’espère détendre la discussion. Fini de parler boulot, on va se boire un verre ou taper dans quelques balles – le baseball sur des toits de building, c’est une des bizarreries purement japonaises qui m’éclatent le plus dans ce pays, le truc où se ridiculisent les gars en costard qui veulent passer pour cool et sportif. Il faut que je lâche la pression ou je vais éclater et faire de vraies conneries.

Aussi, je suis bien sûr déçu de l’entendre me repousser aussi violemment.

- Explique-moi, alors, dis-je comme un défi.

Je me redresse tandis qu’il se décale pour se placer franchement face à moi. Son regard est dur, ferme, mais le mien n’a sans doute rien à lui envier. Je l’écoute avec attention quoique sans révérence, plutôt avec une pointe de méfiance, ou au moins de doute. S’il prétend me donner des leçons, je ne suis pas un élève obéissant qui boit ses élèves avec vénération.

- Un agenda, je lui aurais arraché à coups de poing ses noms et ses adresses, corrigé-je. J’ai l’air de vouloir m’amuser à ça ?

Venant de quelqu’un d’autre, ce sourire m’aurait irrité au plus haut point par son contraste avec la menace précédente, mais venant de lui, ce côté prédateur apparaît comme une évidence. Je crois que ça m’aurait même déçu s’il était resté trop sérieux, trop humble. Il lui faut être sûr de soi et montrer les dents. J’admire ce sourire carnassier, oubliant presque que la proie qu’il contemple avec ce plaisir sadique, c’est moi, et je m’imprègne de ses mots. Au point que je n’ai même pas envie de répondre à sa question : je préférerais qu’il continue de parler. Je réalise, au fond de moi, que je déteste ce qu’il me dit là. Ça me fout même complètement en rogne, qu’il doute de ma détermination. Et en même temps, ce dédain égocentrique et ces propos trash sont exactement ce que j’attends de lui.  

Aussi, là, tout de suite, alors qu’il tourne légèrement la tête, comme toute réponse, j’aimerais planter mes dents dans son cou ainsi exposé. J’aimerais remonter le long de sa jugulaire jusqu’à l’angle de sa mâchoire, la suivre jusqu’à son menton, ravir ses lèvres pour dévorer son habituel sourire. J’aimerais faire glisser ma langue sur son sternum, vers son nombril, vers…

- J’aime frapper dans des sacs.

C’est la première réponse qui m’est venue. Là, tout de suite, j’ai vraiment envie de frapper dans des sacs. Ce n’est pas vraiment la grande passion de ma vie, mais tant pis s’il le croit. Pour le moment, tout moyen de me sortir de la tête les images qui m’assaillent est bon et frapper quelque chose est le meilleur de tous. « Quelque chose », et non « quelqu’un » : ça fait quelques mois que je ne me suis plus aventuré dans Inazami pour mes expéditions punitives à l’aveugle, comme si j’avais soudain réalisé l’absurdité et la vacuité qu’il y avait à passer ma colère sur des pauvres types qui n’avaient rien à voir avec elle. Mais je sais bien qu’il s’agit là d’une envie et non d’un véritable goût.

- J’aime aussi garder mon orgueil à sa place naturelle.

C’est à peine plus à propos. Plus qu’une envie, c’est mon obsession actuelle. Trouver le moyen de ne surtout pas m’aplatir devant lui et ce sans risquer de repartir la queue entre les jambes. Je pourrais bien faire semblant d’accéder à ses exigences puis me rétracter le moment venu mais même ça, je ne suis pas prêt à m’y abaisser. Hors de question de même le laisser croire qu’il a gagné. J’imagine le regard et le sourire qu’il afficherait, et ils me donnent déjà envie de lui sauter à la gorge.

En fait, même en le regardant ainsi, dressé de toute ma hauteur, j’ai envie de lui sauter dessus. J’ai beau essayer d’activer mon esprit pour trouver une échappatoire, il me ramène toujours à son cou ou ses lèvres. Comme s’il essayait de m’indiquer mon seul moyen d’avoir un semblant de contrôler sur lui. Il n’a peut-être pas tort : dans la situation actuelle, soit je lui cède, soit je lui tiens tête au risque de le voir me laisser tomber et tout perdre. Alors faire virer totalement le sujet, et même la nature de notre face-à-face actuel, est la meilleure chose à faire, stratégiquement parlant. Sur le court terme, au moins. De là à dire que je réussirais à lui faire oublier ses prétentions de rétribution, c’est sans doute ambitieux de ma part, voire carrément vantard, mais ma position actuelle m’est tellement inconfortable que j’ai du mal à raisonner plus loin que cette conversation-ci.

Un éclat de rire de nos voisins, un peu plus bruyant que les autres, me tire avec peine de la rêverie dans laquelle je commençais à m’enfoncer dangereusement. Mais cet instant de songe n’a pas été totalement inutile : une idée a commencé à pointer son nez. Je plisse légèrement les yeux, que j’ai relevés pour les visser de nouveau dans les siens, et me rapproche très légèrement de lui.

- Que tu aies une compensation, bien sûr. Mais je veux savoir pour quoi je paie et ne pas me faire arnaquer. Alors, rassure-moi : tu n’as pas l’intention de monnayer l’honneur d’être déjà entré dans ton… quotidien ?

Le mépris avec lequel je souffle ce mot et le haussement de sourcils dubitatif qui l’accompagne sont, je l’espère, on-ne-peut-plus clairs : ce n’est pas vraiment celui que j’avais en tête. Son problème est ailleurs, il me l’a bien fait comprendre. Il fait une fixette sur cette histoire. Peut-être que moi aussi, d’ailleurs, mais ce n'est plus ce qui me chagrine. Aussi, j’attends sérieusement une réponse à cette question : peut-il m’assurer que ce qu’il me propose là est entièrement tourné vers l’avenir et non une façon de me faire payer le passé ? Je suis plutôt certain du contraire.

Et après ? Comme si j’espérais qu’il se confonde en excuse et accepte de m’aider bénévolement… Mais l’après est loin. Il est encore hypothétique, prétexte d’une lutte de pouvoir qui se veut virile mais aux yeux d’observateurs extérieurs – encore plus hypothétiques, vu le pas rapide de ceux qui passent et l’ébriété de ceux qui stagnent sur place – frôle sans doute le ridicule.
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Le poids des mots ∞ Aaron
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