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Le poids des mots ∞ Aaron
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Logan Rothschild
- Grand Manitou -
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Dim 12 Mai 2019 - 22:28
Princesse se relève avec mon aide et tente de se recomposer un équilibre à peu près correct. Je le regarde faire, toujours avec cet air de petit chieur qu’on a imprimé sur mon visage, puis me détourne de lui comme un enfant fier de sa blague. Je me pavane presque, le laissant ramasser son pull délaissé sans me soucier davantage de son état : après tout, j’ai frappé gentiment ! Dans quel état aurait-il fini, si, dans mon mépris coutumier à l’égard des règles, je lui avais envoyé mon poing à la figure ? J’ai été terriblement gentil. Peut-être un peu trop : je me suis laissé toucher afin de ne pas trop le décourager dans sa démarche mais, à présent, mon épaule aime me rappeler son existence en irradiant un martèlement sourd, accompagnant chacun de mes mouvements. Ce n’est pas agréable, mais j’ai connu pire douleur que celle-ci : côtes cassées et blessure par balle se disputent la première place de mon top dix — sérieusement concurrencées par la redoutée agonie de l’orteil désireux d’aller taper la bise à un coin de meuble.

Ravi et doté d’un sourire absolument radieux, je quitte la salle, regagnant les casiers près de l’entrée afin de récupérer mes affaires. Je chausse mes rangers, récupère mon sweat et l’enfile en regrettant d’en avoir pris un à ma taille : je me sens poisseux, et la sensation du tissu frottant contre ma peau n’est pas des plus agréables. Un regard en biais me confirme qu’Aaron ne s’est pas vautré tête la première sur le sol pendant que j’avais le dos tourné, mais l’air concentré qu’il arbore, sûrement pour ne pas trop tanguer, m’arrache un ricanement moqueur. Dans ma bonté d’âme à toute épreuve, je parviens à ne pas lui faire remarquer sa médiocrité et sa faiblesse ; ce qui ne m’empêche pas de me foutre de sa gueule en silence. Sans doute que, fier de ma victoire nette et indéniable, je continuerai à lui rappeler cet épisode compromettant : le Marine mis au tapis par un pauvre délinquant aliéné... Peut-être que c’est me dévaloriser : mais j’estime que c’est basiquement ce que je renvoie à la face du monde.

Finalement, on sort de là, et je déplore qu’aucune foule en délire ne soit venue m’acclamer après pareille victoire. Tant pis. Je me tourne vers Aaron, en songeant que, peut-être, dans un élan de fair-play incongru, ce dernier soulignerait la perfection de ma prestation, mais il se contente de décliner ma proposition. Tant pis, encore — tant pis pour lui, je veux dire. Sa taquinerie ne parvient pas à provoquer autre chose qu’un hochement de tête faussement distrait, l’air de dire « cause toujours », mais mon sourire cynique émerge de nouveau lorsque je vois le sien, léger et taquin : c’est ça, Aaron, garde la face !

« Tu pourrais au moins faire semblant de vouloir ma compagnie, hein. Mais tu as raison, rentre donc seul et ressasse ta défaite cuisante ; moi, je vais aller savourer la pizza de la victoire. »

Un enfant, oui, je suis un enfant. Appuyant délibérément mon accent très anglais, j’ai articulé avec soin chacune des syllabes pour les faire suinter d’arrogance et de condescendance... et ça me fait beaucoup rire. Gagner ou perdre, je m’en fichais, lorsque j’étais plongé dans le combat. Mais à présent que j’ai gagné, il est très difficile de ne pas lui balancer ma suffisance à la figure — mais toujours gentiment, parce que c’est le thème de la soirée.

Je me détourne donc, et retrouve mon sérieux le temps de quelques instants. On sait où se trouver, hein ?

« Tu sais où me trouver, surtout. Je n’aime pas l’idée d’avoir un stagiaire — ou un collègue, appelle ça comme tu veux. Si je suis sur un contrat intéressant, j’irai pas te chercher. »

Mon regard attrape le sien quelques secondes, simplement pour appuyer mes propos. Je ne voulais pas revenir sur ces sujets épineux mais j’en suis obligé ; qu’il ne s’attende pas à mon entière coopération après cette discussion houleuse où, encore une fois, rien de concret n’a été dit. Je lui ai fait confiance une fois, mais savoir qu’il veut mettre son nez dans mes affaires professionnelles ne m’inspire que de la méfiance, à l’heure actuelle.

Mais il est trop tard pour remettre tout ça sur le tapis. Je cille, blasé, et retrouve peu à peu ma désinvolture habituelle.

« M’enfin. T’as mon numéro, de toute façon. A plus ! »

Et je fais volte-face, rejoignant la foule pour m’y frayer un chemin.
J’ai pas vraiment envie de faire le bilan de tout ce qu’ont été ces retrouvailles. Je pense juste que ça aurait pu être pire, finalement, et qu’on a réussi à se parler sans s’empoigner par le col - s’il avait osé, de toute manière, je lui aurais collé une baffe. J’y penserai sans doute plus tard : en attendant, je vais rentrer prendre une douche et la manger, cette pizza de la victoire !


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