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Caitriona Adam
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Mer 16 Jan 2019 - 17:46
Si un an plus tôt, on avait dit à Kate qu’elle irait étudier au Japon, qu’elle y rencontrerait une fille géniale avec qui l’amitié semblait si évidente, qu’elle s’épanouirait sans problème, elle aurait été sceptique, mais vous savez, au fond, elle aurait été excitée et elle aurait eu confiance en elle. Elle sait qu’il est dans sa nature de se débrouiller et de se lier sans difficulté aux autres.

Et si, un an plus tôt, on lui avait dit qu’une fuite de gaz détruirait une grande partie, si ce n’est que la totalité, d’un centre commercial, à moins d’une centaine de mètres de là où elle se trouverait ?
Elle n’y aurait pas cru un seul instant.

Après être rentrée d’Irlande – Noël et le Nouvel An là-bas l’ont à la fois requinquée mais également déprimée – les deux demoiselles ont vite fait de se revoir. Avoir une présence chaleureuse et rassurante fait du bien au cœur et à l’âme. Alors ce mardi, elles ont décidé d’aller faire les boutiques. C’est donc par habitude qu’elles font du centre commercial leur destination fétiche : on y trouve tout à un prix plutôt raisonnable. Mais la foule, le bruit, les odeurs, tout cela finit par faire tourner la tête. Avant que Kate ne le fasse, Lise lui propose de sortir et l’Irlandaise ne peut qu’accepter à cœur joie. Et puis, elle sent bien le malaise qui étreint son amie et c’est autour d’une boisson chaude et d’un gâteau – non sans lui rappeler leur première rencontre ! – qu’elles se détendent et discutent tranquillement.
Après avoir passé un temps fou à se remplir le ventre, elles finissent par sortir et se dirigent naturellement vers la librairie, qui trône non loin du centre commercial, géant de béton illuminé d’une lumière tragique, semblant les prévenir du malheur qui plane. Accueillies par une douce chaleur et l’odeur du papier, elles se faufilent entre les gens – il y a moins de monde que dans le centre commercial, mais il y a également moins d’espace pour circuler – et cherchent chacune de leur côté ce qui les intéresse, sans se perdre de vue. Absorbée dans la recherche d’un livre demandé par un de ses professeurs, Kate sent tout de même la petite secousse qui, heureusement, ne lui fait pas perdre son équilibre. Elle lève les yeux, un peu paniquée. Les autres vaquent à leurs occupations, habitués à ce genre d’événements. Mais pas Kate. Elle se mordille la lèvre inférieure et, repérant Lise du regard, la rejoint, légèrement anxieuse. Au moment où elle ouvre la bouche pour lui faire part de son inquiétude, l’impensable se produit.

Vacarme tonitruant ponctué de cris et d’un mélange de sons indissociables. Kate trouve refuge près de Lise, sa main dans la sienne. Kate tremble, ses genoux flanchent et elle prend appuis sur le sol de son autre main, qui rate de peu un bout de verre. Elle ne s’en rend pas compte, la devanture lui est masquée par des livres, mais elle sent un vent pas si frais que ça caresser sa peau. Elle voit sans l’enregistrer le sourire de Lise. Ses oreilles bourdonnent, et elle a mal. Elle a peur. Elle est terrifiée. Autour d’elle, une vague de murmures s’élève. Personne ne comprend. Alors, ce n’est pas un tremblement de terre ? Elle peut au moins penser correctement. Mais non, c’était une explosion. Une explosion ? Son souffle se précipite mais elle est ramenée à la réalité par Lise qui la tire. Quoi, elle veut aller dehors ? Et si c’était encore dangereux ? On ne sait même pas ce qui se passe ! Kate balbutie quelques mots mais ils se perdent dans le vent alors que celui-ci les accueille. Les bouts de verre craquent sous leurs pas, mais Kate ne s’en rend pas compte. Toute son attention est focalisée sur ça. Ça n’a pas de nom. Ce qui se déroule sous ses yeux n’avait ni forme, ni nom. C’est tout simplement le chaos.

Elle a déjà vu, à la télévision, des scènes de ce genre. Des gravats partout, des gens qui crient et se bousculent, égoïstes dans la peur et la panique. Mais avant, un écran la séparait de tout cela. Et la voilà téléportée à l’intérieur de sa télévision, vivant le cauchemar de tant d’autres avant elle.
Il y a de la fumée qui monte dans le ciel, mais ce qui la frappe sur le coup, c’est l’absence. L’absence de béton illuminé, entre les bâtiments autour d’elle. Alors elle comprend sans réaliser que le centre commercial n’est plus là. Où est-il passé ? Elles ont peut-être emprunté une autre sortie ? Non, c’est bien la même. C’est la même rue. C’est la même ville. Et le centre commercial n’est plus là. En fait, à bien y regarder, il est encore là. Simplement sous une forme différente.

Les yeux de Kate se brouillent et son esprit ne veut plus suivre. Si le centre commercial s’est effondré, alors… ? Elle ne veut pas penser à la fin de la phrase mais l’image dans sa tête ne s’en va pas. Des corps des corps des corps du sang un enfer. On était là-dedans tout à l’heure. On était là.
Sa main est toujours dans celle de Lise. Un ancrage dans la réalité. Ses mots lui parviennent, résonnant avec ce qu’elle éprouvait. Elle ne se rend même pas compte que ce n’est pas du japonais, ni même de l’anglais, mais du français. Puis ce sont des paroles dans la langue locale qu’elle entend. Aider ? Aider les gens. Kate cligne des yeux, désorientée. C’était évident. Mais ce qui l’était moins, c’était la manière dont elles vont s’y prendre. L’Irlandaise renifle, son cerveau se remettant en marche.

« Appeler les secours est inutile. »

Sa voix tremble. Ses paroles suivent son train de pensées, mais c’est comme si son parcours ne comprend que des virages, des vrilles et des boucles.

« Aider… Aider les gens coincés. Il faut aider les gens coincés sous les gravats et les éloigner de là et, et tu ? Je ne connais rien en soins je… on ne peut qu’aider à dégager les gens des décombres. Mais on reste. On reste ensemble. »

Les jambes encore un peu flageolantes, elle prend la direction du centre commercial. Chanceuses, si chanceuses. Elle cligne des yeux une nouvelle fois, renifle, prend une grande inspiration et tente de retrouver son calme. Elle met de côté tout ce qui pourrait la déstabiliser – songer à ceux qui étaient dans le centre – et fait le vide dans sa tête. Après quelques pas, elle va un peu mieux et ne risque plus de s’effondrer. Alors qu’elles s’approchent du lieu de la catastrophe, le malaise s’intensifie et tout est chaotique. Où sont les survivants ? Comment les aider, dans le désordre qui empêche toute organisation ? La poussière dans l’air commence à se faire sentir. De plus en plus de personnes arrivent à contre-sens, couvertes de poussière, parfois de sang, toutes avec un air d’effroi sur le visage.

« On ? On entre ? »

C’est irréel. Absolument impensable. Elle lève les yeux. Le centre commercial est immobile. Mais pas silencieux. Elle entend des cris, des pleurs, mais également comme des cailloux qui heurtent le béton. Est-ce que ça va s’effondrer de nouveau ? Elle frissonne. Ce n’est pas le moment d’y penser.

Se doutant que la réponse de Lise ne serait pas négative, elle l’entraîne avec elle à travers les portes des enfers, toujours solidement cramponnée à sa main.
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Yûko Ahiko
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Jeu 17 Jan 2019 - 13:21
Malgré mes efforts pour tirer Lucius de là, quand ce n'est pas le mur c'est le sol qui cède...  Je vois le plancher se dérober sous lui, qui s'agrippe comme il peu afin de ne pas atterrir plus bas. La panique commence m'envahir de nouveau, quelques larmes perlant aux coin de mes yeux, à cause de la poussière comme de mes émotions trop intenses. Je ne sais absolument pas quoi faire pour l'aider, la force de mon corps ne sera pas suffisante, même avec toute l’adrénaline qui la parcourt et ma volonté.

- Y-Yûko ! Je vais pas tenir-- Argh. Tu as pas un truc auquel je pourrais m'accrocher... Ou quelqu'un pour me donner un coup de main dans le coin ?

Je sursaute en entendant le son de sa voix, qui me ramène à la réalité. Ma tête tourne dans tous les sens, suivis de mon corps, afin de trouver quelque chose de suffisamment solide pour le remonté et pratique pour que ma force suffise. Mais rien ne semble vouloir faire l'affaire. Mon regard se repose sur Lucius. Il ne tiendra pas longtemps... La panique me gagne de nouveau, je secoue donc violemment la tête de droite à gauche pour essayer de garder les idées claires, paniquer ne l'aidera pas... je dois aller chercher quelqu'un avec plus de force que moi, qui sera capable de le remonter

J'hoche la tête fermement et me tourne vers la sortie, enfin l'ouverture dans le mur donnant sur le reste du centre commercial. Je ne suis pas sur que ce soit bien l'emplacement de la porte d'origine.

-Tiens bon je reviens vite !

Ma main fait un rapide signe d'encouragement vers Lucius alors que je m'élance dans la poussière qui a remplacée le centre de l’immense regroupement de commerce.

Une fois sortie du magasin, je fais face à l'immense carnage provoqué par l'explosion. La poussière dense qui volette partout, obstruant mes poumons et me faisant violemment tousser. l’éclat de début de brasier dans certains endroit, surtout proche du lieux d'origine de tout ce massacre, menaçant de prendre de l’ampleur à tout moment. Les mur tombés et les gravas recouvrant le sol ou du oins ce qu'il en reste. Les cris de terreur et de douleur provenant d'un peu partout, prouvant que tout ça n'est pas que de mon imagination, mais que des gens souffres bien dans les divers recoins de ces décombres. Mon regarde se pose quelque instant sur un pan de mur près de moi, mais y reste très peu alors qu'un haut le cœur me prend et que de nouvelles larmes coulent sur mes joues, brûlantes. Une main en très mauvais état en sort.... je ne pense pas que la personne a qui elle appartient ai survécu. Cela a au moins l’avantage de me ramener à Lucius et l'état dans lequel il va se retrouver si je ne me dépêche pas. Détournant définitivement le regarde, je me remet en mouvement, cherchant du regard une personne encore en vie pas trop loin, et surtout avec une carrure plus imposante que la mienne. Je pousse de petits cris d'appel, du genre « à l'aide ! » ou « il y a un blessé ici », mais même moi je n'arrive pas vraiment à comprendre ce qui sors de ma bouche tant la panique et la vacarme ambiant obstrue mes sens.

Mon regard fini par se poser sur un homme qui semble porter des enfants. Enfin c'est ce qu'il me semble vue d'ici. Il semble en bon état, en tout cas asses pour aider le rouquin, je cours donc vers lui. Je constate vite qu'il s'agit de Logan, mais mon cerveau refuse de l’analyser réellement, toujours en mode panique avec des warnings clignotant hurlant « urgence ». Je m'agite inutilement devant lui, criant un peu pour me faire entendre.

-J'ai besoin d'aide ! Lucius est sur le point de tomber et il c'est pris un mur sur le dos !

Je n'en dis pas plus, n'y arrivant pas à cause de la poussière qui tapisse ma gorge de plus en plus quand je parle, mais également car ma panique semble avoir alerté Logan, qui me suis quand je prend le chemin inverse, avant même d'avoir fini de parler. Je le guide à travers les gravas et les pan de mur délabrer jusqu'au magasin -ou ce qu'il en reste- où se trouve le jeune homme. Une fois arrivé je montre a mon ancien colocataire à moitié dans le vide, auquel je cris.

-Tiens encore un peu on arrive !

Mon regard se pose sur logan qui cherche à se dégager des enfants pour être plus libre de ses mouvements. Comprenant qu'il a besoin que je prenne la relève pendant qu'il aide Lucius, je m'approche d'eux et les serre contre moi en leur montrant Logan.

- Il reviens vite, il va juste aider le garçon là, il est pas loin.

Je leur fais un sourire que je veux rassurant, mais qui a tout autant pour but de me convaincre. Avec inquiétude, je regarde le sauvetage en serrant fort les enfants contre moi. J'entends autant que je vois le sol craquer un peu plus, menaçant de les engloutir tout les deux. Et pendant un instant je doute ? N'ai je pas fais une bêtise en appelant quelqu'un ? Et s'il tombaient tout les deux ? Que Logan n'était pas asses fort ? J'aurai condamné deux personnes en voulant aider... Je ferme les yeux de terreur, la tête pleine de « et si ? »

Mais c'est avec soulagement que j'entends le bruit du corps remonté et de leur pas maladroit et blessé. Je rouvre les yeux rapidement, pour voir Logan me faire signe de le suivre. Je prend donc les mains des deux enfants dans les miennes et les entraîne à la suite, faisant de mon mieux pour leur éviter la vue de ce qui nous entours.

Le brun nous guide jusqu'à à escalier qui semble stable et nous nous abritons dessous. Je pousse les petits à s’asseoir et les tournes pour qu'ils regardent les murs et non le reste de l'immense salle. Une foi sur qu'ils ne tomberons pas sur une scène trop violente pour leur cœur innocent -même si je me doute qu'ils ont déjà du en voir depuis le début de cette catastrophe- je me retourne vers Logan et Lucius. Le premier semble occuper à prendre soin du deuxième, mais je vois bien qu'il est blessé également. Soupirant, je m'approche de lui et déchire un bout de mon t-shirt, déjà bien abîmé par tout ça, Dans le but de la soigner pendant qu'il fait de même avec l'autre garçon.

- Tu te la ferme et tu t'occupe de Lucius.


Prévoyant déjà sa réaction je prend de l'avance, l'émotion encore présente me permettant de m'imposer sans penser aux possibles conséquences de sa part. Je ne le regarde d'ailleurs même pas, concentré à  nettoyer très sommairement les plaies que je vois avec les parties les moins sales du tissu, puis de  bander les zones que je peux avec ce qui reste, en particulier son poignet, qui me semble être douloureux quand il le bouge. Je cherche avant tout à faire diminuer la douleur autant que possible, ne pouvant guère faire plus pour le moment.
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Hana Hideyo
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Localisation : sur son balcon à Koyane ou dans le jardin botanique
Mer 23 Jan 2019 - 21:20
La panique s’empare totalement de moi alors que je me bats pour enfiler ces satanés baskets ! C’est tellement plus simple de glisser des escarpins à mes pieds ! Pourquoi j’ai pas mis une robe pour peindre ?
L’idée que Bastian est coincé, blessé et peut être en train d’agoniser m’est insupportable. Focalisée sur cette idée impossible à croire et sur ma tâche, je n’entends pas Jared venir. Pourtant je l’appelle, le supplie même. Car depuis des semaines j’ai appris à composer tous mes gestes avec lui, en fonction de lui, en partenariat avec lui. Or cette fois, c’est un besoin inexorable de lui, de son aide, de ses bras rassurants. Et pourtant je sursaute quand il m’enlace, collé à mon dos. Je pleure de plus belle. Je grogne et résiste quand il me prend mes clés de voiture. J’espérais qu’il me conduise, pas qu’il les enfuît au fond de sa poche avec clairement l’intention de rester dans l’appartement. Il y a urgence. On doit aller sur place ! Mais je n’ai pas le temps de protester, Jared m’entraine vers le canapé. Sa grande main enveloppant la mienne comme dans du velours, mais fermement, sans aucune intention de la lâcher. Le problème c’est que même contrariée, j’ai tellement confiance en lui et besoin de lui que je n’ai pas envie de partir sans lui. Je me sentirais encore plus perdue.
Geignant, pleurant, peinant à respirer et sortir des mots, je me laisse porter contre lui. Sa voix, son odeur, sa caresse, son buste musclé, tout son être est ma forteresse de protection. Je m’apaise un peu. J’essaie de le repousser et me relever, mais Jared a une puissance physique qui me cloue contre lui. Ce n’est jamais brutal ou violent, juste une affirmation qu’il ne me laissera jamais tomber. Et même si je ne veux pas rester à ne rien faire, ses bras restent le lieu le plus sûr du monde dans mon cœur.
Sauf que Bastian, lui, est écrasé sous le poids du béton dans ce centre commercial et je ne peux pas rester ici à attendre.

Peu à peu, mes neurones intègrent les mots de Jared. Il n’a pas du entendre le flash info de la radio. Je lui adresse un sourire timide entre amusement de son optimisme débordant et utopique et reconnaissance devant sa volonté de toujours me rassurer. J’essaye de calmer ma respiration et d’expliquer.

- Le centre commercial ! Bastian y est avec un ami à lui. Il vient d’y avoir une explosion. Le centre s’est effondré.

Mes pleurs redoublent de plus belle, malgré ma volonté d’essayer de prononcer des paroles claires. Mais ça se transforme vite en chouinement.

- Je l’ai appelé… Il est coincé… Il est blessé… Il faut l’aider…. Je dois l’aider…

Mon cerveau ne peut intégrer l’incongruité de la situation comme si une mouche allait pouvoir déplacer une tonne de béton. Peu m’importe. Mon meilleur ami, mon grand frère, mon nounours est en danger. Je lui ai promis de toujours être là. Et je ne peux pas rester sans agir.

J’essaie de me lever en tirant Jared.

- Aide-moi… Emmène-moi... S'il te plait... Bast ne répond plus au téléphone. J’ai peur…

J’éclate en sanglots rien qu’à l’idée de mort qui traverse mon esprit. Le sentiment d’impuissance totale qui m’étreint me déchire de part en part. Et telle un bébé hérisson je me roule en boule sur les genoux de mon amour, pleurant toute la peur et la peine qui me serrent le cœur.
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Lise Dubos-Mesnil
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Sam 26 Jan 2019 - 0:53
La réalité vous envoie parfois une grande claque dans la tronche. L’instant présent est pire que ça !  Rien à voir avec ces images de films catastrophes, ou même de ce qu’on voit parfois aux informations télévisées. Là c’est une sensation d’oppression indescriptible, un nuage de poussières qui n’en finit pas de tomber et de nous faire tousser. Mes yeux brulent et mon écharpe ne suffit pas à me protéger. C’est pire que la pollution civile que je ressens déjà avec bien plus de gêne que dans ma campagne normande. Ici c’est un paysage d’apocalypse.

Et des gens commencent à bouger, sortant de décombres, le visage en sang, trainant une jambe ou se tenant le bras ou la tête. D’autres soutiennent des blessés, des proches, des inconnus, des pauvres âmes.

Ma main n’a pas lâché celle de mon amie depuis notre départ de la librairie. Le seul ancrage à une réalité plus douce. La seule personne qui m’est cher en l’instant et que je suis heureuse de ne pas savoir dans cet effroyable amas de béton.

Peu à peu la peur panique, qui s’exprime par un tremblement incessant de mon cœur, devient conscience de l’abomination qui nous entoure. Une seule pensée me vient quand j’entend, encore et encore, des cris de toutes parts et voit des bras s’agiter appelant au secours, sur ce qui devait être les étages du centre commercial. Je prend conscience qu’il y a des personnes, des dizaines de personnes, coincées sous ces décombres.
Impossible pour mon esprit d’aller jusqu’à l’idée que nombreuses de ces âmes sont sûrement à l’agonie, voire ne sont plus. Il y a des survivants, des personnes en détresse. Je vais bien. Je suis entière, bien qu’un assourdie et anxieuse. Je dois bouger, aider, secourir.

Les sirènes des urgences retentissent au loin, mais je ne les vois pas arriver vite.
Mon cerveau carbure à vives allure. Nous devons aider ces personnes. Nous pouvons aider ses personnes en attendant que les vrais urgentistes interviennent. Je sais que dans ce genre de circonstances, chaque seconde compte.

Mes neurones ne vocalisent que sur cette idée et je l’exprime de vive voix pour Kate, comme pour moi-même. Je ne sais même pas si mon amie me répond aussi en français. Elle s’exprime majoritairement en anglais. Depuis mon arrivée au Japon, j’ai pris l’habitude de jongler entre l’anglais et le japonais. Mais depuis l’arrivée de Kate qui comprend ma langue maternelle, je passe de l’une à l’autre de ces trois langues de plus en plus naturellement. Mon esprit ne réfléchit pas. Je l’entends. Et j’acquiesce en opinant de la tête. Evidemment que nous restons ensemble ! Ma main fondue dans la sienne, hors de question que je la lâche !
Mais aussi hors de question de rester à regarder cette horreur sans intervenir.
Et Kate le sait. Elle a appris à composer avec ma spontanéité. Comme disent mes frères, je peux foncer tête baissée dans le tas si je crois profondément en ma cause et mon bien fondé. Laisser des gens dans le malheur, c’est tout sauf moi. Kate le sait aussi. Elle pose à peine la question « on entre », m’entraînant déjà vers une ouverture d’où sortent un jeune couple en pleurs serrés l’un à l’autre. Je leur adresse un petit sourire, une sorte de réconfort comme pour leur dire « tout va bien pour vous maintenant ».

Un regard vers mon amie pour m’assurer qu’elle est toujours d’accord. Parce que j’ai conscience qu’on prend un risque, parce que je ne veux pas mettre Kate en danger. Sauf qu’il y a de grande chance que ma propension à secourir les âmes perdues me fasse perdre tout bon sens qu’en à la réalité du danger qu’on s’apprête à défier.

Mais rien ne nous arrête. Nous entrons, enjambant les gravats, escaladant des plaques de béton fracassée. Il fait noir. Je sors mon portable et allume la lampe torchon. Conscience que ce n’est pas du tout raisonnable d’utiliser un tel équipement dans un endroit qui vient d’exploser et pourrait contenir encore une concentration explosive sous-jacente ? aucune !
J’entends des pleurs, un chouinement. Il n’y a que ça qui obnubile mon attention. Ne lâchant pas Kate, on s’entraide à passer les gravats. Nous croisons d’autres âmes effarées à qui nous indiquons la sortie. Une lumière venant de notre passage d’entrée les aide à se repérer. Kate et moi continuons en sens inverse de ses âmes choquées pour suivre le son de ces gémissements qui nous parvient de plus en plus fort. Nous nous écartons de ce qui était la galerie centrale pour arriver dans un monticule de peluches. C’est totalement irréel. Mon regard croise celui, vide, d’oursons, de lapins, de chiens, de pandas, de licornes. Tous ont une couleur gris poussière. Tous me donnent une sensation de malaise.

- Je crois qu’on est dans le magasin pour nouveaux nés.

Ma voix est chevrotante et je tousse en finissant ma phrase. Quelques mètres plus loin des poussettes et landaus écrasés nous confirment les lieux.

« Au secours ! Aidez-moi ! »

Entrecoupés de sanglots, les chouinements se font plus précis.

Je grimpe sur un plot, surement un ancien présentoir, et aide Kate à me rejoindre. Le plafond n’est plus, il est bas et nous nous courbons pour passer de l’autre côté.

- Madame, parlez-nous ! Où êtes-vous ?.

Les sanglots de la dame redoublent, surement du au soulagement que ses cris aient été entendus.

« rayon habits naissance »

Je regarde Kate d’un air circonspect. Je n’ai pas la moindre idée d’où ça se trouve et je crois que mon amie est aussi ignare que moi sur le sujet. Ce n’est pas le genre de magasins que je fréquente. Comment me repérer ?
Et la femme qui panique entre sanglots et cris ne me rassurent pas du tout. Le seul point positif, c’est qu’elle fait du bruit donc nous aide à nous orienter. Mais il faut qu’elle se calme. Je ne sais pas pourquoi mais c’est ce que mon instinct me dicte.

- Calmez-vous Madame. On va essayer de vous aider. Chanter avec nous, ça va vous aider. Et on pourra vous repérer

Mes neurones réfléchissent à toute allure. Spontanément j’ai envie de chanter « L’eau vive » de Guy Béart. C’est la chanson que maman me chantait souvent pour m’endormir ou me calmer. Elle l’a chantait beaucoup aussi lors des vêlages des vaches et brebis. Et j’avoue qu’à la ferme pédagogique je la chante régulièrement en m’occupant des animaux. Sauf que c’est du français. Que même si Kate comprend, elle ne la connait pas. Et que la jeune femme en détresse a un accent japonais très local et ne doit pas connaître du tout cet air. Mon cerveau doit fumer. Mais dans ce fatras de décombres et poussières, ça n’a pas d’importance. Et Kaiko s’impose à mon esprit. Elle chante aussi quand elle travaille avec moi. Et à l’image de « l’eau vive », mon amie m’a appris une chanson de son enfance « Beko no ko ushi no ko » (Veau, petit veau !). Avec un peu de chance, la dame connait. Et si je chante que le premier couplet et refrain en boucle, Kate pourra répéter et suivre. C’est comme ça que je l’ai apprise.

L’ambiance est surréaliste. Je chante une comptine japonaise au milieu d’un paysage de béton apocalyptique, la main de mon amie accrochée à la mienne.
Mais ça marche. La femme chante avec moi. Sa respiration se fait plus calme, ses sanglots moins hystériques.

A l’oreille, nous nous dirigeons au travers des marchandises du magasin en vrac avec des morceaux de bétons partout. Je m’écorche le genou contre un bout de métal que je n’ai pas vu. Je grimace, mais un coup d’œil rapide me fait dire que c’est juste une égratignure. La plaie n’est pas profonde et ça saigne peu. Alors je continue d’avancer vers la voix.
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Aaron Payne
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Sam 26 Jan 2019 - 20:48
Je déteste  qu’on me tienne tête. C’est déjà vrai en temps normal, ça l’est encore plus quand le temps manque. Je pourrais lui démontrer par A+B qu’il ferait mieux de rester sur son cul et que dans son état, il est plus une source d’inquiétudes qu’une aide, mais c’est un grand garçon et même un professionnel, il devrait s’en rendre compte lui-même. Alors s’il s’entête à le nier, je me contente de soupirer et de le laisser croire ce qu’il veut. Quand il me tire vers lui, je me penche de bonne grâce, le regard vide de celui qui a renoncé à s’énerver, puis me redresse quand il me lâche. Sa toux me fait hausser un sourcil, le temps que je me demande s’il acceptera de voir cette énième preuve de son état pitoyable, mais visiblement la poussière n’a pas pénétré assez loin dans son esprit.

- Non, réponds-je sèchement.

Et pourquoi pas une opération à cœur ouverte, tant qu’on y est ? J’ai parlé de garrot et d’attelle, je sais aussi qu’on ne fait pas de trachéotomie en plantant un corps de stylo dans une gorge même après avoir pratiqué une incision avec le couteau suisse du pique-nique, mais mes connaissances en médecine d’urgence s’arrêtent là.

- Mais je suppose que vous allez m’expliquer ?

Face à n’importe qui d’autre, je me serais sans doute montré un tout petit peu plus prévenant, ne serait-ce qu’en vérifiant que je ne faisais pas mal, mais là, je me contente de suivre bêtement ses instructions. S’il voulait de la douceur, fallait envisager les « merci » et les « s’il vous plaît ».

- Félicitations, Docteur, vous êtes guéri, ironisé-je une fois l’humérus en place et le bras remis dans la ceinture-écharpe. Je peux passer au blessé suivant, maintenant ?

Et sans attendre cette fois de réponse, craignant peut-être qu’il trouve encore le moyen de me contredire, je vais m’agenouiller vers le corps sur lequel j’avais commencé à me pencher tantôt. J’espère qu’il ne s’est saigné à mort pendant le caprice de Dr. C’est-Pas-Okay parce que sinon, il va m’entendre. Mais non, vu l’état de son crâne, je n’aurai pas pu faire grand-chose de plus même dix minutes plus tôt. Je relève la tête vers mon compagnon d’infortune pour lui demander s’il sait ressusciter les morts quand une nouvelle fournée de gravats chute de l’étage supérieur. Mon sang ne fait qu’un tour, mais la peur saine qui m'a fait me rouler en boule le temps que tout se stabilise est très vite remplacée par un sentiment d’urgence dirigé vers les victimes potentielles éparpillées autour de moi. Le raffut de la chute de pierres a d’ailleurs transformé certains des gémissements plaintifs qui rythmaient le bruit de fond en un appel à l’aide laborieux et étouffé. Mon téléphone en mode torche à la main, je fonce dans sa direction, dans un couloir noir et encombré.
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Caitriona Adam
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Mer 30 Jan 2019 - 20:16
Dans une situation normale, ou d’un point de vue externe, être au rez-de-chaussée d’un bâtiment au risque infini de s’écrouler encore plus n’est pas une très bonne idée. Mais, dans un élan aussi impulsif que la nature de son amie, Kate n’y pense pas. Son cœur et son esprit n’ont de place que pour la détresse qu’elle ressent par rapport aux victimes de l’accident. Elle se met à leur place et son être se déchire. Elle ne peut pas rester en sûreté à attendre que la tempête passe, à prier pour les personnes ensevelies, alors qu’elle n’est qu’à quelques mètres de là.

Alors c’est sans aucune hésitation qu’elle s’engouffre dans le centre commercial qui n’en a plus du tout l’apparence. Mais malgré toute cette détermination et cette force – remplaçant la panique et les jambes ultra flageolantes – qui la porte, elle sait qu’elle court des risques, elle sait qu’elle est en danger, et son corps le lui fait bien comprendre. Si ses jambes sont un peu plus solides qu’à l’instant, ses mains tremblent et sa respiration est irrégulière, et dans la chaleur de l’environnement, elle sent une goutte de sueur perler sur son front, se frayant un chemin à travers la fine pellicule de poussière qui s’est formée depuis qu’elles sont entrées dans le bâtiment. Et dans le chaos qui y règne, son unique et précieux point d’ancrage reste sa main fermement agrippée à celle de Lise.

Elles finissent par ralentir, puis se stopper. La scène est irréelle, et Kate fixe sans vouloir comprendre les produits indubitablement enfantins, éventrés sur le sol. Des peluches, j’adore les peluches. Les épaules de Kate se soulèvent dans un sanglot sans larme, alors que Lise met des mots sur la situation dans laquelle elles se trouvent. L’Irlandaise couvre sa bouche de sa main libre alors que les larmes finissent par affluer, ne se tarissant pas, même lorsque l’appel se fait entendre. Elle se mordille la lèvre et s’essuie rageusement les yeux, prenant de grandes inspirations et expirant aussi régulièrement que possible. Elle ne servirait à rien si elle s’effondrait. Se concentrant sur le dialogue qui se construit entre Lise et la femme, elle se met à réfléchir – autant qu’elle le peut – et, croisant le regard de son amie, arrive à la conclusion que la localisation de la femme n’est pas plus claire, même avec son indication.

Et finalement, Lise sort une idée de son merveilleux cerveau sous pression. Totalement improbable, mais sans doute efficace. Alors, l’étudiante et la femme se mettent à chanter ce qui semble être une chanson nationalement connue ici. Comme une comptine pour enfant, ou une chanson traditionnelle. La gorge sèche, Kate déglutit tout en tentant de retenir les paroles et finit par rejoindre la chorale nouvellement formée. Le temps se fige. C’est impensable. Quiconque passerait par là ne comprendrait pas ce qu’il se passe. C’était sans doute si étrange et déplacé que ça pourrait en être risible. Mais sur le coup, Kate ne s’en rend pas compte. La seule chose qui importe, c’est de sauver la femme coincée dans ce magasin. Un magasin pour nouveau-nés. Ce qui signifie que…

Un corps. C’est un corps qu’elle vient s’apercevoir, en diagonale. Il est minuscule, ce corps. On ne voit que le bassin et les membres inférieurs, mais ça suffit. Ça suffit à Kate pour qu’elle se sente nauséeuse, qu’elle écrase la main de Lise dans la sienne et qu’elle s’oblige à détourner le regard, les yeux qui brûlent et les dents serrées. Son corps se met à trembler, dans un ensemble homogène, mais elle continue d’enjamber les gravats et de suivre la voix cassée et pleine de sanglots de la femme. La femme. Kate se concentre sur elle. Elles approchent. La voix se fait plus forte, mais dans un sens, plus faible également. Et finalement, les paroles de la fameuse chanson sont remplacées par un cri désespéré alors que, tournant au coin d’une étagère renversée, Lise et Kate sont les spectatrices d’un spectacle hallucinant.

Une femme enceinte. Adossée contre une pile d’habits en vrac, elle baigne dans de l’eau. Mais ce n’est pas de l’eau. Pas ici. Pas maintenant.

« Oh mon Dieu. Elle perd ses eaux. »

Ce n’est qu’un murmure prononcé en anglais, mais près d’eux, rien ne bouge et les mots ont enflé plus qu’elle ne le pensait. C’est presque calme. Le magasin pour nouveau-né semble être dans une bulle, séparé du monde, préparé spécialement pour l’acte IV : deux jeunes filles inexpérimentées tombent sur une femme enceinte prête à accoucher. Le reste de la pièce n’est pas encore écrit, tout repose sur leur réaction et leur décision.

Sortant de sa torpeur surprise, Kate lâche la main de Lise, se précipite vers la femme, manquant de tomber après avoir trébuché sur une chaussette orpheline, avec un motif à fleurs. Elle s’accroupit à ses côtés, légèrement paniquée. Que faire dans cette situation ? La sûreté. La sécurité.

« Vous êtes blessée ? »

C’est le japonais qu’elle utilise, pour parler à la pauvre femme, mais elle sait qu’elle n’a pas les moyens de bien communiquer avec elle, alors Kate lance un regard de détresse à Lise. C’est plus logique que ça soit elle qui s’occupe de la conversation.

La femme répond, sa phrase ponctuée de sanglots, qu’elle n’est pas blessée. Elle s’apprête à ajouter quelque chose mais ses mots se perdent dans un râle, tandis que ses bras se resserrent autour d’elle. Oh merde merde merde.

« Mon bébé ! Mon bébé va… »

Elle ne finit pas sa phrase, mais ce n’est pas nécessaire. Tout le monde a très bien compris ce qui est en train de se jouer. De nouveau, Kate lance un regard à Lise. Elle ne parle pas, ne voulant pas affoler la femme plus qu’elle ne l’était déjà. Dans son regard, on lit la panique, et une question. Que faire ? Le magasin semble être vide. Vide de vie – il faut dire que les corps inanimés, eux, sont bien présents – et, de ce fait, de toute aide possible. Les urgentistes ne sont pas encore arrivés. Que faire ? Que faire ? Kate se rend compte qu’elle n’est pas loin de l’hyperventilation, alors elle s’oblige à réguler sa respiration.

« Ça va aller madame, ça va aller… Respirez profondément. Ça va aller. »

Qui essaie-t-elle de rassurer en prononçant ces mots d’une voix dont elle tente de calmer les tremblements ? Elle pose sa main sur le bras de la femme et le frotte doucement, dans l’espoir de l’apaiser un peu. Mince espoir.
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Bastian Doyle
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Ven 1 Fév 2019 - 20:41
Apoplexie

Ma voix est encore plus rauque qu'à l'habitude, mes cordes vocales sont très irritées par la poussière. Je pourrais faire peur à un enfant si j'en voyais un. Soupirant longuement, j'aurais préféré rester chez moi avec mon chat et partir à l'hôpital sain et sauf pour aider les autres docteurs s'il en manquait, et non me diriger vers une ambulance en temps et lieu. Mon épaule me fait souffrir le martyr et je ne peux rien rectifier, sauf mon attitude. Tournant ma langue deux fois, je décide de ne pas dire un mot dans un état de crise comme celui-ci. Je souffle, réfléchis comment remettre cette épaule en place et grimace en m'installant le dos droit comme une barre. La technique Milch est la meilleure solution pour l'instant, je verrai pour la radiographie plus tard.

-Pendant que je suis assis, tu vas tenir mon coude et mon poignet en 90 degrés à mon biceps, le long de mon torse. Tu vas lever vers l'arrière, tranquillement, ma main va se retrouver derrière ma tête. Quand tu vas entendre le ''clock'', tu redescends pour mettre le bras à 90 degrés, ma main vers l'abdomen. Le plus lentement possible, sinon des tissus vont se déchirer.

Malgré le manque de confiance qui règne, je n'ai pas beaucoup de solutions qui s'offrent à nous. Puis il y arrive, je perçois le ressaut dans toutes les luxations dont j'ai déjà pratiquées mais cette fois, le petit bruit senti était un soulagement intense. Je me recroqueville légèrement en expirant; la douleur est toujours présente, mais bien moins pire. Il faudra trouver des vêtements pour faire des attelles, des tiges assez solides pour les membres cassés et les gens décédés, je n'ose même pas y penser. Sachant que si je me lève trop rapidement je ferai une chute de pression, je me mets à genoux pour le moment. Un ''merci'' finit par sortir de ma bouche, mais mon sauveur est déjà quelques mètres plus loin. Tant pis, mon remerciement ne se fera pas répéter plusieurs fois avec un arrogant comme lui.

-Je suis pas sorcier...

Prenant appuis sur mes cuisses pour me relever, on dispose ici de peu de lumière pour voir ce qui s'est effondré. Le plafond du dessus, et probablement le plancher où je me trouve doivent tenir par la peur quand d'autres blocs que béton tombent. Je mets mon bras devant mon visage par réflexe quand je vois l'étendu des dégâts. L'odeur de sang, poussière et de feu, c'est assez perturbant quand je trébuche sur quelque chose de semi mou. Baissant ma tête, je vois que j'ai pilé sur la jambe d'un mort. Eurk. Je dois vraiment me ressaisir, on n'est pas dans un jeu vidéo où on s'en fout de voir des cadavres, les gens ici sont réels. Je connais d'ailleurs les codes de couleurs pour les personnes blessées aux urgences mais merde, ici c'est presque l'apocalypse. Les secours devraient être sur les lieux d'une minute à l'autre pourtant.

Et le militaire est parti à l'aveugle pour sauver quelqu'un. En d'autres mots, soit je continue mon chemin pour sortir ou je suis le téméraire, mais à deux, c'est plus utile...Et merde. M'approchant pour voir s'il n'y aurait pas un vivant, je ne trouve que des corps inanimés et j'ai besoin d'un téléphone et de sangles. Je déglutis, j'ai jamais volé dans un magasin et maintenant je dois dérober des personnes mortes. J'en viens à avoir la nausée mais je me bouge, il n'y a pas une seconde à perdre. Dis-donc, il n'a pas choisi la meilleure allée, même avec le cellulaire volé pour m'éclairer, je vois à peine où je peux mettre les pieds.

-Tu l'as trouvée?


Ou plutôt ''trouvé''. Je dirais un homme de mon âge, mais il ne cesse de dire ''ma femme''. Je cherche vite fait, puis je trouve une ligne rougeâtre parmi le gris qui suit jusqu'à un corps.

-Les blessures de l'homme sont mineures, il s'en sortira. Il est seulement confus ça passera, par contre...sa femme à une barre de métal qui traverse sa cuisse et elle est inconsciente. Il ne faut surtout pas l'enlever, ça causera une hémorragie et elle perdra sa jambe. Il faudrait l'amener le plus près de la sortie.

Juste quand j'allais vérifier ses pupilles, une ombre reflétait deux mètres plus loin; la grosseur d'un gamin sûrement.

-J'ai vu quelque chose bouger plus loin, tu l'as vue?


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Anju Mishima
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Dim 3 Fév 2019 - 22:40
ApoplexieRP libre
Ce fut l’écroulement général…
Quand l’incendie de 1950 se fut éteint, repu, dans l’esprit d’Anju, la jeune fille rouvrit lentement les yeux. La catastrophe qu’elle imaginait avait dissimulé celle qui se déroulait autour d’elle, l’avait coupée des hurlements des victimes qui agonisaient et du bâtiment qui s’écroulait, et elle émergeait au moment où un silence glaçant tombait sur ce qui restait du centre commercial. Aussi, elle se redressa calmement, l’esprit ni plus ni moins embrumé qu’après un court sommeil. Puis la poussière qui emplissait l’air lui piqua les yeux, la fit tousser, et elle revint pleinement à la réalité.

Levant les yeux, elle suivit du regard l’escalier sous lequel elle s’était réfugiée. Il avait tenu bon, crut-elle en la suivant des yeux, avant de réaliser qu’il manquait quelques marches, tout au sommet. À leur verticale, des parties de corps dépassaient des gravats, toutes immobiles. À travers la fumée, Anju crut apercevoir une silhouette étrange qui s’éloignait en boitillant – deux personnes qui se soutenaient l’une l’autre, réalisa-t-elle après avoir envisagé un instant la possibilité qu’un yokai soit venu se repaître des victimes. Elle se releva, détendant lentement ses muscles qu’elle avait crispé pour tenir en une boule la plus petite possible, mais ne suivit pas les autres survivants. Elle préféra contourner les débris de l’escalier pour aller suivre le mur. Il devait bien y avoir une issue de secours quelque part. Au passage, elle eut un regard pour les visages rattachés aux pieds et aux mains qu’elle avait aperçues depuis sa cachette mais son fatalisme ne fut pas détrompé.

S’appuyant au mur d’une main, elle pataugeait dans les débris d’un pas incertain. Après la vision qui l’avait sauvée de la panique, elle se laissait peu à peu atteindre par l’ambiance post-apocalyptique qui régnait. Son cœur accélérait, poussé à la fois par les bruits qui l’entouraient et par la peur pour elle-même. Sa respiration, elle aussi de plus en plus rapide, faisait entrer de la poussière dans sa gorge déjà irritée. « Mon mouchoir ! » pensa-t-elle en posant sa main sur sa hanche. Mais son sac n’était pas là. Laissé sous l’escalier, sans aucun doute. Anju se glaça. Elle ne pouvait pas partir sans ses affaires. Si ! Si, elle le pouvait, et elle le devait, se raisonna-t-elle en se forçant à reprendre son avancée laborieuse.

Enfin, elle trouva la sortie de secours. Elle appuya de toute ses forces sur la porte, déjà prête à prendre une grande inspiration d’air frais, mais elle ne céda pas. La stupeur et la déception passées, la peur revint. Une deuxième, troisième, quatrième fois, Anju tenta de faire céder le lourd battant de métal mais sans succès. Il restait impossible à déplacer, impossible, et désespérément clos. Le mur avait bougé, déformant juste assez le chambranle pour le bloquer. Preuve, s’il y en avait besoin, de la violence du souffle de l’explosion.

Tremblante, de plus en plus gênée par les quintes de toux, Anju resta un instant pétrifiée par la peur. Que faire ? Rester ici, là où les secours essaieront peut-être d’entrer ? C’était peut-être le plus intelligent, se disait-elle sans conviction quand une nouvelle secousse, accompagnée de son cortège de craquements, cris et bruits divers, la fit se recroqueviller sur elle-même. Sa source avait beau être éloignée, la peur d’Anju monta d’un cran. Tout à coup, un abri et ses affaires, aussi instable que puisse être l’un et inutiles les autres, lui parurent beaucoup plus rassurants qu’une sortie bouchée. Elle se releva difficilement et rebroussa chemin.

Quand enfin elle put de nouveau apercevoir la volée de marche qui lui avait peut-être sauvé la vie et comprit que son refuge avait été emprunté, les larmes lui montèrent aux yeux. Elle se sentait comme un animal qui aurait été chassé de sa tanière. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser, bêtement, qu’elle pouvait bien partager cette protection. Tout de même incertaine de la façon dont elle allait être accueillie, elle approcha lentement, timidement. Elle comptait se glisser au bout des escaliers, là où se trouvait sans doute son sac. Elle aurait ainsi pu s’occuper des enfants, aussi, puisque ceux qui les accompagnaient avaient visiblement d’autres blessures à panser.

Tout en s’agenouillant, elle s’efforçait de ne pas trop regarder ses voisins. La peur, sans doute, de voir sur eux des traces trop flagrantes de ce qui leur était – littéralement – tombé dessus. Elle ne pouvait pourtant totalement s’empêcher de leur lancer des regards en coin. Et c’est ainsi, mais seulement une fois qu’elle était accroupie à tout juste un mètre de lui, qu’elle reconnut Yûko.

-Senpai ? Ça va ?

Il était couvert de poussière et paraissait un peu hagard mais au grand soulagement d’Anju, elle ne repéra aucune blessure sérieuse. Comme rassurée par cela, elle jeta un coup d’œil aux deux autres personnes présentes. Elle reconnut "le barman de la Saint-Valentin" (comme elle l'avait surnommé, télescopant différents événements), ainsi qu’un rouquin qu’elle avait déjà vu à Amai, mais elle déjà trop à ressentir pour que ces constatations s'accompagnent de plaisir ou déplaisir. Eux, ils semblaient bien plus atteints. Elle prit juste le temps de sortir son mouchoir propre pour le tendre à son senpai, en remplacement de ses chiffons déjà sales, puis se tourna vers les pauvres enfants tremblant et pleurant de peur. Elle les serra contre elle si fort qu’elle se demanda si elle essayait de les consoler ou de se rassurer elle-même.

- La sortie de secours la plus proche est coincée, dit-elle à la ronde mais en ne regardant que Yûko. Qu’est-ce qu’on fait ?
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Jared Kaneko
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Mer 6 Fév 2019 - 21:31
Apoplexie


J'ai compris au travers des pleurs que le centre commercial de Kobe était sous l'emprise d'une explosion. C'est effrayant vu l’immensité du bâtiment, mais on n'a pas senti la secousse jusqu'ici. J'hésite à ouvrir la télévision pour en avoir le cœur net; et si tous les étages s'étaient effondrés? S'il est avec un ami, alors ils s'aideront mutuellement, je ne peux pas concevoir que Bastian ne puisse pas s'en sortir. Si à tout jamais il serait blessé, Hana sera aux petits oignons avec lui c'est certain, elle a tellement le cœur sur la main. Cette pensée me fait sourire en coin et m'aide à retrouver mon assurance. Son cellulaire doit simplement être brisé pour ne plus répondre ou il est occupé à trouver une sortie, répondre à tout le monde est le cadet de ses soucis en ce moment. Je sais que ma douce veut le savoir en vie, mais se dégager d'un tel endroit peut s'avérer difficile si l'électricité n'y est plus, et le béton qui tombe de partout.

Cherchant la télécommande, j'ouvre la télé au poste des nouvelles pour voir la vérité en face et je déglutis. Je ferme aussitôt, mon intention n'est pas qu'Hana voit ce qui se passe là-bas et c'est un vrai cauchemar. On ne peut définitivement pas y aller et si ça se trouve, on finira à l'hôpital nous-même.

-Comment tu feras pour le trouver? Tu ne sais même pas sur quel étage il est.

Évidemment, je sais qu'elle ressent la peur, l'incompréhension et l'impuissance. Cet appel n'aurait pas dû avoir lieu, mais maintenant je dois faire les choix stratégiques pour nous deux. Bastian m'a obligé il n'y a pas longtemps, lorsqu'on était seuls, de prendre soin d'Hana si quelque chose lui arrivait. Je lui ai promis sans y réfléchir parce que c'est déjà ce que je fais chaque jour depuis que je l'ai connue. Et puis, j'expire avec un air sérieux pour prendre ma chérie dans mes bras telle une poupée de chiffon. Je l’assois sur mes cuisses pour qu'elle soit face à moi, ses mains sur mes épaules pour que mon index relève son menton.

-Regarde-moi petite idiote. Je sais que tu es inquiète, mais est-ce que tu m'as déjà vu prendre une mauvaise décision? On ne peut pas se rendre au centre commercial, il y a trop de gens et on serait plus un problème qu'une utilité. Les secours sont déjà en place, alors on ira voir Bastian à la première heure demain à l'hôpital, d'accord?

Je l'enlace pour la sécuriser, c'est la meilleure solution à prendre dans l’immédiat.



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Lise Dubos-Mesnil
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Mer 6 Fév 2019 - 22:25
La poussière, la pénombre, les bruits, les cris, les débris. Tout est apocalypse. Pourtant mon cerveau reste focalisé sur l’idée que cette femme a besoin d’aide et que je ne peux pas la laisser. Décemment pas ! Et puis mon impulsion m’a emmené dans les décombres du centre. J’assume.

Sauf quand jetant un œil pur voir si Kate me suit bien, je me sens de plus en plus mal d’entraîner mon amie avec moi. Kate me suit par amitié autant que par altruisme. J’en prend vraiment conscience en voyant ses mains tremblées. Le truc, c’est que je fonctionne à l’adrénaline. Mon cerveau fait abstraction de ce que je ne veux pas voir ou ce dont je ne veux pas prendre conscience. Celui de Kate ne semble pas le faire. Et lorsqu’elle retient un sanglot, j’ai les larmes qui me montent aux yeux, tout en continuant à chanter pour trouver cette victime. Me concentrer sur le sauvetage de la dame, c’est ça que je dois faire. Mais éviter de mettre plus Kate en danger aussi !

Et enfin nous voyons une jeune femme allongée au sol, dans une flaque.
Kate murmure l’évidence devant la scène. Je suis tétanisée. Cette fois c’est mon amie qui réagit et s’enquiert de la santé de la jeune femme. Je regarde autour de nous, prenant conscience de cet environnement totalement inapproprié à un accouchement. Et l’absence de secours. L’absence…

Ok ! Agit ! Réagit !
Je m’approche et m’accroupit devant la jeune femme. Kate qui n’était pas loin de pleurer cinq minutes plus tôt, prend soin de la dame en l’apaisant et la rassurant. Je souris.

- C’est bien madame. Respirez doucement. Est-ce que vous êtes blessée ?

Elle secoue négativement la tête avant de nous offrir une grimace de douleurs pour supporter une nouvelle contraction.
« Je le sens… Il est là… Aidez-moi »

- Heu…. Oui… heu…

Une idée. Vite et efficace. La femme se positionne instinctivement pour « vêler ».
Ouh là ! Ouh là !
Un regard à Kate, pour me rendre compte qu’elle a encore moins idée de comment s’y prendre. Je lui souris. Volonté de la rassurer ? Me redonner de l’assurance un peu aussi.

- Ça ne doit pas être bien différent que de mettre à bas un veau ou un chevreau…

Prie surtout pour qu’il n’y ait aucune complications, parce que t’es pas médecin !
Autant la vue du sang ne va pas me faire paniquer, autant si ce bébé ne sort pas tout seul, je vais faire un malaise.

- Pardon, Madame. Je m’excuse. Je …

Lui montrant mon intention de regarder dans l’endroit le plus intime qu’il soit, je sens ma tête tourner. J’inspire un fond. La jeune femme me sourit et acquiesce. Le monde à l’envers !

- Kate, peux-tu farfouiller les affaires et voir si tu ne dégotes pas des serviettes ou linges pas trop crade ? Et un gros coussin ou peluche pour caler Madame ?

Je ne sais pas du tout si Kate est à l’aise avec ce genre  de contact physique ou d’aspect medical, mais je ne veux pas la mettre plus mal que maintenant. Bon je ne suis pas DU TOUT à l’aise non plus. C’est une femme. Même sur mon propre corps, je ne fais pas ce genre de… Je ne sais même pas… Bref ! Penses fonctionnel et opérationnel ! C’est une vache qui va vêler son petit. Et comme elle est génisse elle a besoin de se sentir en confiance et rassurer. Tu sais faire ça !

Je relève la jupe de la dame, le feu aux joues. Lui retire doucement son slip. Je tremble comme une feuille de honte. Mais l’image que j’ai devant les yeux est au-delà de ma gêne.

- Oh mon dieu ! Je vois sa tête !

Les larmes coulent sans que je ne m’en rende vraiment. Mon regard croise celui de la future mère. Et c’est la bienveillance et la confiance que je lis dans son regard qui me rassure. Son faciès typiquement japonais me rappelle qu’elle ne m’a sûrement pas comprise.

- Votre bébé est décidé à venir maintenant. Je vais faire de mon mieux pour l’aider. Je vous promets, je le réceptionne. Mais j’ai besoin de vous. Je n’ai jamais fait ça…

Réceptionne ? Oui, bon tu n’es pas dans ton état normal, ni dans une situation normale…
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Bruno Ageric
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Ven 8 Fév 2019 - 21:45
Après les cours, Bruno tailla la route à pied jusqu'au centre commercial. Sur le chemin, il jouait avec son porte clé, le faisant tourner autour de son index en sifflotant "When Johnny Comes Marching Home". Le grand gaillard ne passait pas inaperçu dans la foule, sa tête d'européen, son sourire amusé et sa démarche assurée contrastait avec le reste de la foule qui avait des têtes neutres au mieux.
Aujourd'hui, il était particulièrement de bonne humeur car il avait reçu une bonne note d'un devoir maison qui avait été une véritable torture pour lui à démarrer, il préférait largement finir ses quêtes sur son RPG du moment !

M'enfin, les résultats étaient là alors pour fêter ça, il allait acheter des mangas ! Enfin... un manga, parce que bon il ne roulait pas sur l'or non plus. Fallait toujours acheter la bouffe pour finir le mois.
Lire des mangas avait été pour lui un bon moyen d'approfondir son japonais, maintenant qu'il entamait le troisième trimestre il galérait beaucoup moins avec la langue locale qu'au début de l'année scolaire ! Bon... par contre il avait vraiment un accent ridicule. Mais ça le faisait rire donc ce n'était pas vraiment un problème.

"Oh boy y'a du monde."

Comme d'habitude remarque. Ce centre commercial était toujours plein à craquer. Fallait vraiment qu'il se trouve un nouveau fournisseur de manga, un qui soit un peu éloigné de la foule...
Il se fraya un chemin et monta un étage jusqu'à atteindre la boutique, il s'inséra silencieusement entre les étagères afin de regarder les choix... Hmm, son manga avait apparemment sorti un nouveau volume et il cherchait depuis quelques jours à se le procurer mais ces trucs là partaient comme des petits pains !

*Ah j'ai du bol aujourd'hui !* pensa-t-il

Il vit ce qu'il cherchait en rayon, le dernier apparemment, yes !

Au moment où il allait passer à la caisse, diverses secousses se firent sentir, un séisme. Il s'était... plus ou moins habitué mais ça lui faisait toujours un peu bizarre de ressentir ces choses. Une autre secousses et un bruit sourd se fit entendre, attend, c'était pas un peu différent ça...?

A peine avait-il formulé cette réflexion que le sol se déroba sous ses pieds et tout devint noir.

Il se réveilla dans le noir et ne sentait absolument rien, son sens du touché revint peu à peu et il sentit un liquide visqueux à sa tête, il atteint son téléphone dans sa poche et alluma la lampe pour voir que ce liquide était rouge. Du sang ?! Il avait pris un coup à la tête ?! Il regarda autour de lui, éclairé par la lampe et vit qu'il était... enfermé dans un petit espace, couvert de poussière, il y avait à peine assez de place pour se retourner.
Ah oui... il se souvenait maintenant, un tremblement, et le sol s'était effondré sous ses pieds. Apparemment un pilier qui lui était tombé dessus avait, dans une ironie du sort, empêché le reste des décombres de l'écraser.

Ses sens étaient confus, mais il lui semblait entendre des bruits sourds, de la panique de la douleur... en parlant de douleur, son état actuel avait un avantage, il ne ressentirait pas la doule... oh attend, la voilà.... Aaaaaaaah...

Sa tête était parcourue d'une douleur lancinante, il essaya de crier à cause de cela, mais tout ce qu'il put faire, c'était tousser, ce qui lui déchira le thorax :

*Oh mes côtes ! Elles sont en miettes...*

Et ce n'était probablement pas qu'une métaphore.
Au fur et à mesure que ses sens lui revenaient, il ressentait autre chose, juste au dessus de sa poitrine gauche mais pas tout à fait au niveau de l'épaule, il baissa la tête et vit... un genre de piquet de fer planté juste au dessous de sa clavicule gauche, à ce moment là, il se rendit compte d'une dernière chose : il était faible, extrêmement faible. Un frisson lui parcourut l'échine tandis que le bras sur lequel il s'était appuyé finit par fléchir, ramenant Bruno au sol.

Un sourire mélancolique se dessina sur le visage du garçon face contre terre tandis que des larmes coulèrent doucement le long de ses joues :

*C'est fini. J'ai aucune chance. Je suis coincé sous des décombres, les recherches peuvent prendre plusieurs jours et avec la perte de sang je suis clairement pas en état pour tenir aussi longtemps. Enfin si l'asphyxie me fait pas clamser en premier.*

Alors c'était la fin de l'aventure ? Lui qui avait pour rêve de voyager voilà que tout allait se terminer après une année hors de France ?

*Maman, papa... j'suis désolé...*

Les pensées du passionné d'Histoire se tournèrent vers son arrière grand père. Il avait réalisé une chose en étudiant l'Histoire, les guerres, et donc les soldats, jouaient un rôle extrêmement important dans l'écriture de celle-ci. Son arrière grand père était mort pendant la bataille de France en 1940 et Bruno s'était toujours demandé ce qu'étaient les dernières pensées d'un soldat avant sa mort. Probablement les mêmes que les siennes : sa famille, sa maison.

Il fit un effort surhumain pour retourner et se mettre sur le dos et se posa, prenant la plus forte inspiration qu'il pouvait. Les bruits de panique autour de lui commençaient à s'estomper, c'était pas bon signe mais... il avait envie de chanter. Penser à son arrière grand père lui donnait envie de chanter :

"Après le Tchad, l'Angleterre et la France..."

Le chant de la deuxième division blindée du Général Leclerc, c'était inaudible, plus un simple murmure qu'un chant :

"... Le grand chemin qui mène vers Paris..."

Il repensa à la fois où ses parents lui avaient parlé du moment où il était né, après avoir pleuré, une fois dans les bras de sa mère, il lui avait souri :

"... Le cœur joyeux tout gonflé d'espérance..."

Là aussi il souriait, il refusait de mourir sans un sourire aux lèvres, ça laisserait une mauvaise image de lui après tout. Et il espérait que les médecins disent à ses parents qu'il était mort avec ce sourire aux lèvres... Dommage qu'il ait pas pu finir son manga par contre...

"... Ils ont suivit la gloire qui les conduit..."

Fais de la place papy, j'arrive... Je vais te mettre l'ambiance là-haut moi.

"... Sur une France qu'une croix de Lorraine..."

Hey... c'est moi ou il commence à faire froid... ? Et tout le monde est parti... ? J'entends plus rien...
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Lucius Drew
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Mer 13 Fév 2019 - 15:35
Apoplexie | RP Libre - Page 2 Unknown

Pessimiste ?
On m'a toujours dit, Lucius, t'es qu'un optimiste, tu vois jamais le verre à moitié vide. Franchement. Je le pense pas souvent. Mais là... C'est vraiment le pire jour de ma vie. Je ne sais pas quelles sont mes blessures. Je sais juste que la peur de mourir me prend aux tripes, et cette atroce peur qui referme des crocs sur moi, elle me donne une énergie. L'énergie du désespoir. Si je lâche maintenant, Yûko n'aura jamais le temps de prévenir qui que ce soit. La poussière me brûle la gorge. Je fixe mes mains, mes muscles tétanisés, sur cette position. Si je bouge. D'un seul centimètre... Je tombe.

Effrayant.
Je ne l'ai vu que quelques fragments de secondes, mais j'ai l'impression de sentir le vide qui m'absorbe. Je suis suspendu dans le vide, pas comme ces funambules qui sont sur un fil d'acier, non, je suis accroché à un morceau de sol alors que je voulais acheter une nouvelle veste... Je vais peut-être mourir là. Au moins, j'aurais sauvé Yûko. J'aurais sauvé quelqu'un. Ma vie n'aura pas été perdue trop inutilement hein. Mes bras sont engourdis, j'ai mal.

Ange.
L'éclair blond revient en criant que je dois tenir bon. Une de mes mains bouge légèrement, je perds mon agrippe suspendu d'un bras dans le vide, mes yeux s'écarquillent, j'ai envie de hurler. Pourtant j'en suis incapable. Par pitié, je veux bien clamser, mais pas devant ses yeux. Il n'a pas à voir ça. Des pas. Hâtifs.

Réalité.
Une main enserre mon bras, avec une fermeté certaine, réconfortante. Je force pour que mon bras qui est libre se raccroche pour l'aider. J'use de mes muscles endoloris pour aider ce sauveur, appuyant sur le morceau de sol qui semble tenir bon, sa cheville à l'air en sale état, je pousse sur mon bras alors qu'il me tire de là. Enfin, je veux croire que le sol va tenir. Je ne veux pas entendre les craquements, je ne veux pas entendre son grognement.  Ni la séparation de certains morceaux. Je ne veux pas entendre la mort.

Liberté.
Il m'extirpe du vide. Il faut pas qu'on reste là. Si tout mon être veut s'affaler sur le sol, l'adrénaline et la panique m'intiment de filer. Mes cotes me font un mal de chien. Mes bras sont si engourdis, j'ai l'impression d'avoir des blocs de béton à la place de ceux-ci. Courir ne m'a jamais été aussi douloureux. Sauf que l'on doit courir, crachant un peu de sang, j'ai mal quand je respire, c'est une douleur insoutenable. Par pitié que la douleur cesse !

Délivrance.
Dans une cage d'escalier défoncée, qui semble quand même avoir réussi à tenir face au choc, on trouve un refuge salvateur. On s'assoit, ou plutôt je me laisse tomber. M'appuyant dans un râle de douleur contre le mur. Un râle que j'aurais aimé contenir, pour ma fierté, je me met à tousser, la poussière et la douleur que provoque mes côtes m'achève. C'est vraiment le pire jour de ma vie.

Sombre.
Fermer les yeux. Un voile de ténèbres semble m'envahir un peu plus à chaque clignement. J'ai l'impression de partir en arrière, pourtant mon dos est appuyé le plus solidement possible contre le mur. Le mur se fracturerait-il dans mon dos ? Une main. Vive, non calculée qui claque contre le mur et me maintient alors que j'allais tomber sur le côté. Trop d'efforts, je suis pas fait pour être un héro. J'inspire fort, ma respiration est sifflante, et se termine tristement par une quinte de toux. De la poussière, du sang et de la douleur.

Invitée.
Une demoiselle nous rejoint. Du moins c'est ce que j'en détermine avec ma vision brouillée par la fatigue et la retombée d'adrénaline, j'ai envie de dormir. Sa voix fluette me parvient, c'est ce qui me permet de l'identifier comme femme. Elle semble connaître Yûko. Un bon point. Une sortie de secours bloquée ? La poisse... Je passe ma main sur la ma tête, me demandant si ma tête a pris dans le processus. J'étais tellement focus sur le fait de sauver Yûko, que j'ai pris que très peu de précaution. Je pense que ça va, c'est mes cotes qui me font mal. Elles me font foutrement mal, ma salive à le goût de poussière de sang, c'est vraiment désagréable... J'ai l'impression d'être dorénavant qu'un poids. Je jette un regard à Yûko, aux inconnus, aux enfants qui pleurent. Et ma voix, légèrement éraillée laisse échapper une de ces fameuses affirmations optimistes. On va s'en sortir, hein que l'on va s'en sortir.

« On va dire que ça va les gars. On est vivants. »
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Alphonse Murphy
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Jeu 14 Fév 2019 - 15:50

19h02. Une large foule de curieux s'amoncelle aux abords du centre commercial. Les sirènes, tonitruantes, des véhicules de secours engloutissent le district dans une atmosphère chaotique. En quelques minutes, le périmètre de sécurité est mis en place. La foule est contenue. On somme alors à ces individus de se disperser. Sur les chaînes d'informations en continu, les consignes d'usages sont martelées.

« Nous devons vous faire passer le message d'éviter d'engorger les lignes téléphoniques et de ne pas céder à la panique. Les secours prennent la situation en charge, veillez à ne pas gêner leur travail. Évitez autant que possible la zone sinistrée. »

Les pompiers, efficaces, se répartissent le travail dans plusieurs zones de l'opulent bâtiment. Les premiers rescapés sont extirpés des décombres du rez-de-chaussée, l'incendie devient la principale préoccupation des autorités tandis que les blessés, sous le choc, sont immédiatement pris en charge par les ambulanciers. L'air semble lourd, chargé de cendres et de souffles désorganisés, à l'aube d'une soirée éreintante, ponctuée par l'angoisse et les cris. Devant le bâtiment, repoussés par le cordon de sécurité, des visages inquiets et des caméras se succèdent. L’effarement tonne, en silence, engloutit par la panique et l'appréhension, tandis que les secours s'engouffrent dans le bâtiment. Les blessés sont divers : certains ont le visage en sang, d'autres boitent et pleurent, d'autres encore ressortent sur des brancards et sont aussitôt conduits à l'hôpital de Koyane.

Les sirènes n'en finissent plus de hurler.
Il est 19h11.
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Loveday Trevithick
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Jeu 14 Fév 2019 - 20:57
Fear the Reaper
Quand j’ai pris ce livre sur ma table de nuit, je pensais juste en parcourir distraitement deux-trois pages. Résultat : je ne relève la tête que lorsque mon téléphone sonne pour la troisième fois en moins de deux minutes. Je comptais l’ignorer pour ne pas avoir à m’extirper de cette histoire passionnante mais si mon père me harcèle ainsi, c’est qu’il doit avoir une bonne raison. D’autant qu’un coup d’œil rapide à mon réveil m’apprend que près d’une heure est passé depuis ce très classique « Allez, juste cinq minutes. »

- Allô ? dis-je en essayant de ne pas y laisser entendre ma déception d’être ainsi tirée de mon occupation.

- Loveday ? Ça va ?

L’inquiétude palpable dans la voix de mon père me fait oublier ma réticence à lui répondre.

- Oui… réponds-je avec méfiance, comme cherchant où est le piège. Pourquoi ?

- Quand j’ai vu sur Twitter qu’il y avait eu une explosion à Kobe, j’ai eu tellement peur !

- Une explosion ?! Où ça ?

- Un centre commercial, dans le district Uzume. Tu n’étais pas dans le quartier, dis ?

Uzume… Mon esprit s’est arrêté sur ce mot, et je ne peux répondre immédiatement à mon père. Un centre commercial… Un bref instant, j’ai l’impression que c’est censé me rappeler quelque chose, puis je fais le lien. Kate et Lise ! Elles m’ont proposé d’aller faire du shopping avec elles ! Mais est-ce qu’elles m’ont dit où elles comptaient aller exactement ?

- Daisy, tu es là ? Ça va ?

- Oui, ça va, je suis au lycée, je…

J’essaie d’activer mes souvenirs mais rien ne me revient. Où devaient-elles aller, bon sang ?

- J’ai eu tellement peur… Mais dis-moi, alors, comment ça se passe, à Amai ?

Ce changement de sujet grossier ne te trompe pas. Tu sais bien ce que ton père a en tête : « J’ai eu tellement peur de te perdre aussi.… » Tu juges alors nécessaire de répondre à cette inquiétude-là une bonne fois pour toute, avant de me laisser aller à la tienne.

-  Je vais bien. Amai est un environnement très sûr, très rassurant. Je me sens chouchoutée.

Je m’efforce de faire encore la conversation, l’air de rien, pendant une minute ou deux, avant d’y mettre fin, prétextant devoir rejoindre une camarade de classe pour aller dîner. Dès que j’ai raccroché et baissé le bras tenant mon portable, tout me revient comme une vague et je me mets à frissonner. Merde, merde, merde, où sont-elles ? Où sont Kate et Lise ? Et surtout : comment vont-elles ? Je relève la tête vers le lit de Kate et l’imaginer vide, privé à jamais de son occupante, aggrave mes tremblements. Cela ne fait quelques semaines que vous vous connaissez mais elle a trouvé très vite sa place dans ton quotidien, dans ton existence, avec ce naturel qui laisse croire que ça ne saurait être autrement. La voir disparaître à son tour ouvrirait un nouveau gouffre dans ta vie, une autre plaie à refermer, un autre vide à combler, et cette pensée te donne le vertige.

Tu es même tellement secouée que l’idée de les appeler ne te vient pas tout de suite. Des pensées noires t’engloutissent, peut-être plus qu’elles ne devraient : il y a un nombre inimaginable de magasins à Kobe, non ? Dont un certain nombre dans le district Koyane lui-même, donc pourquoi seraient-elles allées plus loin ? Voilà ce qui aurait dû te permettre de tenir le coup jusqu’à être fixée mais logiquement, tu imagines directement le pire. Il te faut donc un temps infini pour réussir à retrouver, dans ton portable le numéro de Kate et coller ton téléphone à ton oreille, toujours secouée de tremblements incoercibles.

Une sonnerie… Deux sonneries… Trois sonneries…
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