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Caitriona Adam
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Jeu 14 Fév 2019 - 22:45
Kate est réellement soulagée que Lise soit à ses côtés. Aussi inexpérimentées l’une que l’autre, se savoir ensemble est déjà un petit coup de boost. Elles partagent un sourire. Chez Kate, il est un peu crispé. Cependant moins paniqué. Lise est là.
Kate n’est pas dépendante des gens, mais elle sait – enfin, pas tout le temps – se reposer sur les autres dans certaines situations. Prendre toute la responsabilité sur son petit dos n’est pas quelque chose qu’elle envisagerait dans cette présente situation. C’était trop grand, trop intimidant, même pour elle. Et aussi têtue qu’elle soit, elle ne va pas s’occuper de mettre au monde un fœtus juste pour le nom de son indépendance et de sa volonté. Volonté qui s’effrite lentement alors qu’elle pense à ce qu’elles doivent réaliser.
Comment est-ce que ça naît, un bébé ? Tout ce qu’elle sait, c’est que la tête arrive en première, sauf en cas de complications. Oh mon Dieu, faites qu’il n’y ait pas de complications. S’il vous plaît. Sa prière reste silencieuse, mais sa conviction y est pleinement présente. Elle ne souhaite que la naissance en sûreté du bébé et le bonheur de la femme qui semble être plus lucide qu’au départ. Ou est-ce Kate qui perd un peu plus le contrôle de la situation et qui s’emplit d’inquiétude et de fébrilité au fur et à mesure que les secondes passent ?

Lise prend finalement la tête de leur micro équipe médicale improvisée. Elle demande à Kate d’aller chercher de quoi faciliter l’accouchement, histoire de bien installer la femme. La jeune Irlandaise ne veut pas paraître lâche et laisser son amie s’occuper du « sale travail » mais en même temps, elle a déjà mis au monde des animaux, alors c’est techniquement Lise qui a le plus d’expérience dans le domaine. Si on peut vraiment appeler ça de l’expérience.

Kate cherche le regard de Lise mais celle-ci porte son entière attention sur la femme. Elle est un peu amère et déstabilisée par un soutien qui ne vient pas, mais alors qu’elle s’éloigne et se met en recherche de tissus plus ou moins propres, elle fait le ménage dans son esprit. Elle se reprend et se rend simplement compte que c’est la femme enceinte qui a besoin du plus de soutien, et que Lise n’est qu’en train de se préparer à une tâche démesurée. Ce n’est pas personnel, si elle semble lointaine, et pourtant si proche. Kate esquisse un sourire de gratitude qui s’efface alors qu’elle sort de ses pensées et que de nouveau, dans le silence qui pèse sur elle, elle entend des bruits effrayants dans le ventre du bâtiment. Elle secoue la tête et se concentre sur la voix de Lise, non loin. Calme-toi. Cherche.

Dans les décombres, elle tressaille à chaque fois que ses yeux se posent sur un corps. Mais comme tout et avec tout, elle finit par s’y faire. Enfin, c’est un grand mot. Elle fait juste abstraction des petits détails. Un pied d’enfant sous un pan de mur ? Jamais vu. Une poussette renversée tachée de ce qui semble être du sang ? Une illusion. C’est ça ou éclater en sanglots et vomir le gâteau qu’elle a mangé avant.
Avant. Ça semble être si lointain. Qu’était la vie avant l’explosion ?

Elle finit par trouver, dans un rayon pas trop détruit, des t-shirts à peine plus longs que son visage. Ils semblent plutôt propres. Kate aurait aimé se procurer des lingettes, mais elle n’a aucune idée où elles se trouvent dans le magasin, et hors de question de faire attendre la dame et son bientôt nouveau-né. Mais de toute façon, elle ne pense pas qu’ils l’attendent, elle ! Alors elle prend le plus d’habits possible, plissant les yeux dans l’obscurité avant d’abandonner l’idée de choisir ce qu’elle prenait. En repartant, elle voit dans un rayon voisin des coussins et des couvertures. Allez hop. Elle ressent un peu de culpabilité : ce n’est pas son genre de se servir comme ça, sans avoir l’intention de payer ensuite. Mais c’est une urgence.
Elle chemine rapidement en sens inverse, les bras chargés. La poussière ne s’en va pas, au contraire, elle continue d’envahir l’air. Kate tousse, tournant la tête sur le côté, manque de trébucher – il y a tellement de gravats et d’affaires sur le sol – et finit par revenir saine et sauve aux côtés de la femme enceinte et de Lise. Celle-ci semble toujours aussi concentrée. C’est une bonne chose. Kate utilise deux coussins pour que la femme se sente plus à l’aise et place sur le sol plusieurs vêtements. Rien n’est stérile.

Alors qu’elle commence le travail, sous les conseils maladroits mais l’œil rassurant de Lise, Kate finit, à son tour, par apercevoir le crâne de l’enfant, les tympans malmenés par les cris de douleur de la femme. Est-ce qu’il y avait un problème ? Comment peuvent-elles savoir, de toute façon, s’il y a des complications ? Oh mon Dieu oh mon Dieu oh mon-

Les sirènes des urgences se font entendre, faiblement, perçant à travers l’esprit embrumé de Kate. Elle ouvre grand les yeux puis les referme. Ça pique, la poussière.

« Madame, tenez bon ! Les secours arrivent. Continuez, vous êtes sur la bonne voie. »

Une lueur d’espoir fait son apparition. Les secours sauront quoi faire. Mais en attendant, elles sont encore en charge. Alors hors de question d’être déconcentrée. Même quand quelque chose vibre dans sa poche.

Hein ?

Elle transfère le reste des habits sur son bras gauche pendant que son droit farfouille sa poche pour y trouver le téléphone. Quelqu’un l’appelle. Qui ? Elle ne prend pas le temps de lire le nom et décroche.

« Allô ? »

Elle entend des grésillements. La connexion est mauvaise. Elle ne pense pas au fait que le réseau puisse être saturé. On ne peut pas penser à tout. Une idée soudaine germe dans son esprit. Les cris ponctués d’halètement l’obligent à élever la voix plus qu’elle n’aime le faire.

« Lise, il faudrait indiquer notre position aux secouristes. Je… Je te laisse t’occuper de la dame. Vous faites un travail formidable madame. »

Elle laisse les vêtements à Lise, lui presse brièvement le bras et se relève pour se diriger vers l’entrée, le téléphone toujours collé à son oreille.

Les « Allô » succèdent à ses exclamations à destination des secouristes qui se résument à « Ici ! Dans le magasin pour bébé ! Il y a une femme qui va accoucher ! S’il vous plaît ! ». Kate ne fait plus attention à son parcours dans les débris. Elle tousse, s’écorche les jambes, trébuche, mais continue d’avancer. Elle ne pense pas à tous ceux qui sont morts. Elle ne pense pas à son corps entier qui tremble. Elle ne pense pas aux risques qu’elle encourt. Tout son être est tourné vers l’urgence dont elle s’éloigne pour trouver de l’aide, dans l’ambiance catastrophique qu’elle n’aurait jamais pu imaginer quelques minutes auparavant.
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Aaron Payne
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Jeu 14 Fév 2019 - 23:09
« Et dire que je pourrais être chez moi à mater Netflix… » Cette pensée me traverse l’esprit, juste après un juron, quand je manque de glisser sur les éclats d’une vitrine. Un soupir de lassitude m’échappe, le temps que je me rappelle que c’est pour ce genre de moments, entre autres, que je suis entré dans les forces de l’ordre. Alors je me redresse, prends un pas plus assuré et ouvre mes oreilles. Elles sont plus à même de me guider que l’étroit rayon lumineux avec lequel je balaie le couloir. Et grâce à elles, je découvre ce que je cherchais. Un homme est affalé contre un mur, pressant d’une main contre une large coupure à sa tempe. Tandis que je m’agenouille près de lui, il fait mine de vouloir se lever mais son corps tremblant ne se soulève que d’une vingtaine de centimètres avant de s’échouer à nouveau.

- Tu l’as trouvé ?

Il me semblait, aussi, avoir entendu du bruit derrière moi, mais ce n’était pas ce genre de sons que je guettais et je n’y avais pas prêté plus d’attention. D’autant que je ne m’attendais pas à ce qu’il tienne à me tenir compagnie. Je lui réponds d’un grognement dans lequel on peut distinguer un vague « Apparemment. » À défaut de : « Ça se voit pas ?! »

Pendant que je prends le temps d’examiner l’homme, mon compagnon médecin s’est déjà éloigné. Moi, je m’apprête à charger le gars sur mon dos pour le sortir de là quand il m’interpelle. Ah, alors il a déjà posé un diagnostic ? Il est peut-être doué pour ça mais pas le côté pratique paraît lui manquer, remarqué-je vite en me tournant vers la femme en question. Je ne peux retenir un petit ricanement tristement sarcastique.

- Ah oui, et comment ? C’est une tige de béton armé qui dépasse de là, elle est certainement rattachée à un bloc bien lourd, en-dessous d’elle. On s’assure qu’elle est stable, on signale sa présence et on laisse faire les pros avec le matos adapté.

Je ne sais pas s’il m’a écouté. Il s’est brusquement redressé et a tourné la tête.

-J'ai vu quelque chose bouger plus loin, tu l'as vue ?

- Non, réponds-je en me retournant.

Mais immédiatement, je vois un gamin sortir d’une boutique. Hagard, il s’approche de nous en titubant mais ne paraît nous remarquer qu’au moment de me foncer dedans.

- Maman… balbutie-il entre une quinte de toux et un sanglot. Maman…

- Où elle est, ta maman ? demandé-je en le prenant délicatement par les épaules.

Il me regarde avec de grands yeux tellement terrorisés que je baisse le morceau de t-shirt qui me recouvre la bouche et le nez, pour paraître un peu plus humain. La poussière vient immédiatement m’irriter les muqueuses, ainsi qu’une autre odeur dont j’avais réussi à me protéger jusqu’à présent : de la fumée. Pas étonnant qu’un blast pareil ait allumé un feu quelque part… Jurant contre la montre qui vient de s’avancer brusquement, raccourcissant le temps que j’ai pour sortir des personnes de là avant de sortir moi-même, j’inspecte en vitesse le gamin. Je laisserai l’examen précis à Monsieur le Médecin mais je veux m’assurer que je ne suis pas en train d’interroger un gosse qui risque de me claquer dans les doigts. La forme de son bras gauche est assez inhabituelle pour que même moi je comprenne qu’il est cassé mais je ne lui vois aucune autre blessure évidente. Je juge donc acceptable de le secouer un tout petit peu. Au sens figuré, bien entendu. Après tout, il s’agit de retrouver la mère de ce petit.

- Vous étiez où, quand c’est arrivé ? Dans quel magasin ?

- Le... le magasin avec les trains.

J’ai été amené à intervenir assez souvent dans ce centre commerciale pour le connaître à peu près par cœur. Aussi, je vois bien où se situe le vendeur de modèles réduits, il n’est pas bien loin. Il est plus difficile de s’orienter dans le bordel actuel mais il devrait rester juste assez d’éléments pour me repérer. Me relevant, je prends le gosse dans mes bras – précautionneusement, pour ne pas raviver la douleur qui doit lui vriller le bras. Et je remets mon masque en place, parce que ma gorge commence à ne pas apprécier l’air ambiant.

J’arrive ainsi, laborieusement, chez le modéliste. Ici aussi, le plafond a beaucoup souffert. Craignant déjà ce que je pourrais trouver, je pose le gamin à l’entrée et m’en vais ratisser le petit espace encombré. J’avance avec précautions, vérifiant attentivement où je pose les pieds.

Au bout d’une longue minute passée à ignorer les appels de plus en plus rapprochés et désespérés du gosse, je trouve ce que je redoutais : un corps dépasse à moitié d’une colonne à terre. Une rapide question au garçon sur les bracelets que portait sa mère, me confirme son identité. Je suis en train de rebrousser chemin, essayant de trouver comment expliquer ça au garçon, quand je me fige. C’était une quinte de toux, ce que je viens d’entendre ? Je m’immobilise quelques secondes, l’oreille tendue… Cette fois, aucun doute !

- Dooooc ! hurlé-je en me penchant sur le tas de gravats d’où semblait venir le bruit.

Le monticule est assez épais et cache sans doute une poche d’air : si le gars peut tousser, c’est qu’au moins sa cage thoracique n’est pas trop en miettes. Mais ce ne doit pas être bien confortable non plus. Sans attendre mon compagnon (qui de toute façon ne me sera pas d’une grande utilité, me souviens-je), je commence à tenter de déblayer les gravats. Mais vous savez combien ça pèse, des morceaux de plafond ?

- Y’a quelqu’un ? Quelqu’un m’entend ?

Qu’au moins je sois sûr de ne pas me casser le dos au mauvais endroit.
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Bastian Doyle
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Sam 16 Fév 2019 - 3:14
Apoplexie

J'ai l'impression qu'on me punie de suivre ce con. Je pourrais m'en foutre, continuer mon chemin solitairement mais quelque chose me dit que c'est ma gentillesse qui se retourne contre moi. C'est ce qui arrive quand on est trop attaché, ou peut-être posséder le pouvoir de sauver les gens à tout prix en tant que médecin. Je ne parle pas de ce prétentieux, mais bien de tous les autres qui souffrent en ce moment. J'aimerais tous les sauver, sauf que je dois choisir mes combats.
Un peu plus et c'est lui que j'embroche sur cette putain de tige avec son sarcasme. Il a fait des études en architecture ou quoi? J'admets qu'il a raison, la femme est vraiment tenue par un bloc de béton et je n'ai rien pour scier tout...cet harnachement. Ce sera le travail des pompiers, peut-être la police, par contre ça m'étonnerait qu'il traîne la meuleuse même dans des cas comme celui-ci. Ne m'attardant pas plus sur ce fait, je porte mes doigts à son cou et calcule son pouls. Fermant mes yeux pour me concentrer sur le mouvement du sang dans la veine, je bouge chacune de mes phalanges pour accompagner les dix secondes. Sa pulsion cardiaque est faible mais reste stable; si les secours arrivent d'ici une quinzaine de minutes, elle pourra survivre et son mari devrait être assez réveillé pour hurler. Je retourne vers l'homme pour le rassurer, histoire de ne pas le laisser en plan. Un pincement au cœur avant de parler; même si je ne le connais pas personnellement, c'est dans cette situation que ma forte sensibilité aux autres me tue de l'intérieur. M'agenouillant, je fixe ma main pour me garantir qu'elle ne tremble pas, puis je la dépose sur son épaule.

-Monsieur, votre femme est en vie, vous saisissez? Vous devez rester ici, les secours arrivent au deuxième étage d'une minute à l'autre. Si jamais ils ne sont pas dans le coin dans quinze minutes, allez les chercher. On va signaler votre position.

J'avais pas prêté attention à l'autre, malgré la petite voix. Elle semble surtout écorchée par ce qui se trouve ici et c'est sans oublier la mienne. C'est effectivement un gamin, et merde. Il ne doit pas avoir plus de cinq ans, malgré les événements il arrive à marcher et vivre; il est fait fort cet enfant. Me pliant en deux de douleur, je tousse tellement fort que je me demande encore comment mes poumons font pour ne pas sortir de mon corps. Je frappe mon poing sur ma cuisse et je regarde partout, j'ai perdu de vue le super-héros. Je dois sortir d'ici si je veux être vivant demain. Mon souffle commence à manquer. Ma conscience me dit de m'enfuir et mon cœur d'assister les blessés. Oui Bastian, trouve la sortie la plus proche. Puis j'entends mon nom et c'est avec un grognement que je me relève. Marchant rapidement vers l'appel, je remarque le gamin en pleurs et je lui souris, lui demandant son nom.

-Akitoshi? Bien, reste ici bonhomme je vais voir ce qui se passe là-bas.

Ma main se retrouve sur l'épaule du militaire, essayant de savoir ce qu'il fout et voir si le périmètre est assez sécuritaire.

-Laquelle est sa mère? Tu es certain qu'il y a de la vie dessous?

Poser la question est comme se répondre à soi-même. Je soupire, forçant mes muscles du bras droit pour enlever le plus de gravats possible.

-Ça va, je peux le voir. C'est un colosse putain! Bon, son pouls est constant, faible mais il peut survivre. La tige de métal est...sous la clavicule. En haut du cœur, ça peut avoir touché une artère première mais il n'a pas perdu trop de sang, il serait déjà mort. Écoute, il peut être tiré d'affaires mais il est salement amoché, je préfère le signaler aux secours je peux pas le prendre sur mon dos, il serait trop lourd.

Je reprends ma respiration, j'ai le souffle court et je dois me concentrer pour réfléchir médicalement.

-Et même si tu le transportes la tige peut bouger, il faudra une civière sinon il doit marcher. Faire un massage cardiaque c'est dangereux, si une côte est cassée elle peut endommager un autre organe...ça revient à toi, je ne peux pas rester plus longtemps ici. Je trouverai la sortie la plus proche et je prends le gamin avec moi.

Faudrait le gifler pour le réveiller franchement.


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Bruno Ageric
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Dim 17 Fév 2019 - 13:27
Bruno se sentait bizarre, alors qu'à peine quelques secondes auparavant il se sentait si bien... Enfin, il croyait en tout cas. Il n'avait pas vraiment de souvenirs, juste une impression de s'être retrouvé dans un endroit merveilleux. Là, il se sentait flotter, tomber ? Il ne savait pas trop.
Il y avait des bruits sourds autour de lui et il entendit quelqu'un ou quelque chose déplacer ce qui semblait être des cailloux, il entendit également une voix, étouffée par les sens engourdis du garçon. Il n'avait pratiquement rien compris à ce que la voix avait dit, c'était du français au moins ?

Attend... Oh c'est vrai ! Il était au Japon ! Pour acheter des mangas ? Non... il y avait une autre raison pour sa présence. Pourquoi des mangas ? Il pouvait très bien en acheter en France !
Et pourquoi entendait-il des cailloux ? Et pourquoi il ne voyait absolument rien ?! Et...

"Agh !"

Une douleur aiguë lui traversa le corps tandis qu'il poussa un faible gémissement au lieu du "Pourquoi ?!" qu'il voulait crier. Pourquoi cette douleur ?
Attend ! Des cailloux, des mangas, de la douleur...

*Je suis dans ce putain de Centre Commercial !*

Ça y est, ça lui était revenu, il se rappelait du cours des événements. Il était pas encore mort finalement.

Un autre bruit sourd se fit entendre à côté de lui, en tournant la tête, il vit la lumière d'un écran. Ah oui... il avait aussi sorti son téléphone et l'avait sûrement laissé tomber quand il eut sombré, il vibrait, probablement la maison qui l'appelait. Et merde... il ne pouvait pas bouger, et de toute façon il ne pouvait pas parler non plus, ça ne servait à rien d'essayer de répondre.
Une lumière beaucoup plus intense l'aveugla alors. De l'air ! De la lumière ! Et des gens ? Il ne savait pas tout à fait, sa vision était encore extrêmement floue et son ouïe toujours aussi engourdie. Par contre, son sens du touché était enflammé par la douleur ! Mais bon, au moins c'était la preuve qu'il était en vie, il était donc ravi de ressentir cette douleur, bien qu'elle était néanmoins extrêmement chiante à supporter !

"Aaaaaah..."

Un... "cri" de douleur absolument pathétique, mais ce n'était pas seulement un cri de douleur mais aussi sa façon de signaler au monde qu'il était encore en vie, que cette saloperie d'éboulement ne l'avait pas encore vaincu, ainsi pouvait-on distinguer un sourire victorieux dans le rictus de douleur.
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Lise Dubos-Mesnil
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Date d'inscription : 26/07/2018
Dim 17 Fév 2019 - 18:30
Kate m’apporte des linges relativement propres. J’en place sous les fesses et cuisses de la dame et en garde deux pour l’accueil du petit. Je suis en angoisse complète, mais je canalise mes émotions sur une idée : l’enfant doit naître en bonne santé. C’est complètement irréaliste dans la situation où nous nous trouvons. Mais je m’accroche à la vie. C’est ma seule option.
Tout ce qui m’entoure n’existe pas. Les étales en vrac sous la poussière, les poutres de béton, les corps d’être humains sous les débris, les cris, les râles. J’occulte, sinon je panique. Et ça n’aidera personne.

Je souris à Kate pour la remercier de son aide. Je ne suis pas fière de l’avoir entraîner là-dedans. Je n’ai pas réfléchi aux conséquences. Et la culpabilité est en train de monter en moi. Mais je la fais taire. Il y a une priorité avant tout. Cette tête pleine de cheveux qui a décidé de débarquer maintenant. Il s’en fout que ça soit l’apocalypse autour de sa maman. Je souris en voyant cette chevelure. Maman m’a souvent répétée que je suis née sans et qu’elle ne comprend pas que j’ai une telle crinière aujourd’hui. Comme quoi la vie ne se définit pas à un élément unique !

J’encourage la jeune femme a appliquer ce qu’elle a appris pour respirer et tousser. Ce qu’on voit dans les films doit bien avoir un fond de vérité non ?
C’est tellement différent pour les animaux. J’ai le feeling, je sens leur douleur, leur difficulté. Là, j’agis sans vraiment savoir quoi faire. Et voir cette tête de poupée toute gluante arriver me tord les boyaux. Je sursaute quand Kate dit « allo ? ». Levant la tête vers elle, je vois qu’elle est aussi paumée que moi. Il semble que l’appel ne soit pas concluant. Elle raccroche sans un mot de plus. Alors que je m’apprête à lui demander si elle a une idée de ce qu’il faut faire — question que je sais pertinemment débile, mais ça me rassurerait un peu si elle ne me disait pas « non » — Kate m’interpelle sur le fait de signaler notre situation aux secours.

C’est vrai qu’on entend vaguement des hurlements de sirène. C’est vrai qu’on est pas capable de gérer la situation de bout en bout. J’acquiesce, l’angoisse m’étreignant la gorge. J’espère que Kate va appeler et non partir.
Elle appelle. Mais Kate prend également le chemin qu’on vient de suivre.
Je ravale un sanglot. Le sentiment de solitude et d’isolement dans cette boîte informe de béton m’envahit et m’étouffe.

- Petite ! Petite ! Ton amie va chercher les secours, elle revient ! AAAAH ! S’il te plaît, j’ai besoin de toi. Il va sortir.

J’acquiesce le visage noyé de larmes et souris à la femme. Et je n’ai pas le temps de m’angoisser plus car la tête du bébé est déjà sortie. Je la maintiens avec ma main. Au moins ça j’ai déjà fait avec un veau. Juste le soutenir pour ne pas qu’il chute mal. Ne pas tirer. Laisser les contractions et la maman faire.

- Poussez de toutes vos forces, madame ! Il faut passer les épaules et ça sera bon je crois.

C’est juste ma logique qui me parle. Les épaules sont souvent la largeur la plus ample d’un être. Si ça passe, le reste passe. C’est souvent ce qu’on dit d’un chat qui s’aventure dans des petits tunnels. Et je l’ai vérifié plus d’une fois…
Je m’égare. La femme hurle et souffle. Le bébé sort tout doucement et je suis émue de le découvrir ainsi. Je pleure, incapable de maîtriser mon émotion. J’attrape le petit être en plaçant ma seconde main sous sa colonne. Je le penche pour qu’il évacue de sa bouche le liquide. Et alors que je m’apprête à insérer mon doigt dans sa bouche pour dégager ses voies respiratoires, comme je l’ai vu faire dans les films, le voilà qui se met à brailler. Un cri de soulagement. Un cri d’espoir. Un cri de bonheur. J’éclate de rire tout en pleurant.

- Tu veux vivre toi ? Tu as bien raison !

Je l’emmaillote dans les linges que Kate a dégoté. Je fais attention au cordon ombilical. Je n’ai rien pour le couper proprement. Autant attendre les secours.

- Comment il va ? Il va bien ?

Je souris à la dame qui pleure autant que moi et lui place le bébé dans les bras.

- Elle semble en pleine forme. Elle est magnifique.

C’est ce qui non ? Bon, elle est chou, même toute frippée et toute poisseuse dans un environnement de poussières. J’ai vu plus beau !

Je n’ai pas le temps de réfléchir plus, que j’entends des voix. Une personne me déplace et me parle, alors que d’autres s’affairent auprès de la femme qui vient d’accoucher. Mon regard est flou, mon corps tremble. Je me sens toute poisseuse entre le sang, le liquide et la poussière. J’éclate en sanglots. Un soulagement ? Certes, mais une angoisse sourde qui monte aussi. Je m’inquiète.

- Kate ? Où est mon amie ?
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Logan Rothschild
- Grand Manitou -

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Localisation : Chez ta maman.
Dim 17 Fév 2019 - 22:09
Mon regard, las et terne, rampe sur la silhouette appuyée contre le mur. Sa chevelure surplombe un visage aux traits familiers, comme si je l'avais déjà croisé à plusieurs reprises, mais les vertiges qui me fracassent le crâne ne me laissent pas vraiment l'occasion de fouiller dans mes souvenirs en désordre. J'inspecte machinalement le corps meurtri, sans vraiment oser le toucher ni même lever les yeux vers lui. Yûko, à mes côtés, entreprend de me rafistoler mais, sur l'instant, son initiative fait bourdonner en moi un agacement sourd, latent, que je réprime à coups d'incisives inquisitrices plantées dans ma lèvre inférieure. Ne pas l'envoyer chier, ne pas l'envoyer chier, ne pas l'envoyer chier... C'est qu'il croit bien faire, le bougre ; comme s'il pouvait réparer mon poignet pété ! Il ne fait que raviver la douleur qui, lancinante, me fout sérieusement sur les nerfs. Je pourrais lui suggérer d'aller voir ailleurs si j'y suis, mais je me retiens. C'est pas vraiment le moment de le faire chialer, j'ai déjà bien assez des deux gamins terrifiés ravalant leurs sanglots en silence. Eux au moins font l'effort de la fermer.

Ma langue claque furieusement contre mon palais. Un soupir plus tard, je me tourne vers Yûko, taisant l'exaspération née de la situation, avant de m'adresser à lui d'une voix affreusement doucereuse.

« J'apprécie vraiment ta sollicitude, mais je préférerais que tu ne touches pas à mon poignet. La douleur me rend particulièrement irritable. »

En fait, elle me rend carrément colérique – plus que d'habitude, je veux dire. Vaut mieux qu'il recule de quelques mètres et cesse de me toucher s'il ne veut pas que je lui « fracasse la tête contre une marche, nom de moi ». Je pince les lèvres et ravale ces diatribes stupides. Doucement, j'inspire, mais l'air qui vient alors gonfler ma cage thoracique me fait aussitôt tousser bruyamment. La secousse engendre un nouveau vertige. Putain. On ne peut pas rester ici. Mais cet inconnu ne peut pas bouger sans risquer le pneumothorax – et ça, je le sais, parce que d'habitude c'est moi qui casse les côtes des gens.

Je prête à peine attention à la jeune femme qui nous rejoint timidement, trop occupé à chercher un moyen de dégager ici en vitesse. Abattu et d'humeur exécrable, je retire rageusement mon sweat pour couvrir le corps à demi conscient du blessé. J'ai le sentiment que nous sommes plongés dans un immobilisme dangereux, et que si je ne réagis pas maintenant, ils se contenteront de rester ici en crevant asphyxiés. Et ça me fait chier. Ça me fait chier d'être celui qui doit systématiquement bouger son cul pour secouer les autres, ça me fait chier de devoir toujours prendre sur moi pour qu'on puisse s'appuyer sur mon épaule ankylosée. C'est le chaos autour de nous mais eux ont l'air serein, peut-être protégés par leur ignorance ; mais je ne peux pas attendre que quelqu'un fasse preuve d'initiative. Ils ont l'air figés, sonnés. Et ça me fout en rogne. La sortie de secours la plus proche est bloquée mais « nous sommes vivants, les gars », super, tout va bien alors ! Je souffle bruyamment.

« Qu'est-ce qu'on fait ? On cherche ailleurs. Le bâtiment est énorme, la déflagration n'a pas pu tout détruire. Mais... on ne peut pas le bouger. »

Je désigne le blessé d'un vague signe du menton, feignant d'avoir l'air contrit.

« Et je ne sais pas si le chemin que je trouverai sera assez accessible pour les gamins. Il faut que vous restiez avec eux. »

Sans plus attendre, je me relève, ignorant la douleur aiguë provoquée par le mouvement brusque. J'essaye d'avoir l'air sûr de moi, histoire de ne pas créer la panique après mon départ, et prends ainsi le temps de soutenir le regard de mes interlocuteurs.

« Écoutez, je vais ramener les secours par la peau des fesses, ok ? C'est très important que vous restiez là. Je vais faire vite. Il ne faut pas que vous respiriez la fumée. »

Je ne suis pas vraiment doué pour rassurer les gens. J'espère que ce piètre discours suffira. Me détournant finalement, je commence à m'éloigner à grandes enjambées. Ma marche empressée, à mesure que j'écrase les mètres, devient une course. Je cours, grimaçant chaque fois que mon pied blessé heurte le sol, et ne me préoccupe même plus des silhouettes qui se dessinent dans la poussière. Il y a plus important, maintenant : il y a Yûko. Yûko et ceux à qui il tient, visiblement. Je ne peux pas les laisser bêtement crever. A cette pensée, je sens le poids d'une très lourde responsabilité s'ajouter à l'inquiétude qui m'a étreint, furtivement, lorsque je me suis détourné d'eux. Alors comme à chaque fois, j'encaisse la douleur et prends sur moi. Le paysage change sensiblement : comme je l'avais présagé, une partie du bâtiment a tenu bon. Les gravats se font plus rares, mais je remarque que je me suis sévèrement écorché la jambe – certainement par des éclats de verre. J'entends les sirènes des secours produire un boucan monstrueux, à tel point que les morceaux d'étalages sur lesquels je marche semblent céder dans un silence lourd.

Je descends un premier escalier, haletant, les mèches noires collées à mon front. La douleur m'épuise, la chaleur de l'atmosphère rend l'air épais, et je peine à inspirer pleinement. Le deuxième étage a l'air plus atteint, et le spectacle que j'aperçois au loin est désolant. Pourtant, je dois me diriger vers l'amoncellement de gravats pour atteindre l'escalator défoncé et entreprendre de descendre à l'étage inférieur. Ce que je fais. Mais vous savez quoi ? J'ai mal. J'ai horriblement mal à cette putain de cheville. Je voudrais ramper pour que la souffrance cesse, mais mon poignet brisé me ferait hurler de douleur. Celle-ci m'arrache des jurons de frustration, des grognements furieux et fatigués. Je ne peux même pas serrer la main gauche et, être ainsi privé d'un pied et d'une main rend mon avancée terriblement douloureuse et ardue. Je manque de trébucher sur des gravats à plusieurs reprises, évite de peu la chute mortelle dans l'escalator et finis ma descente en me vautrant littéralement sur le sol, abandonné par ma foutue cheville – cette salope !

Insensible à l'éclat de verre venu frotter contre ma joue, je me relève. Doucement. Mon souffle me brûle les poumons, et ma tête, étourdie par les vertiges, n'entend plus que le vacarme des véhicules et leurs sirènes. Je ne cours plus du tout, à présent : je boite hasardeusement, et empreinte aussitôt l'autre escalator afin d'atteindre le rez-de-chaussée. L'obstacle me semble infranchissable, mais je descends, précautionneusement, les grosses marches encombrées de morceaux de murs. Quand enfin j'atteins mon but, le soulagement est aussitôt effacé par l'urgence de la situation. Je suis à quelques mètres de la sortie... mais eux sont encore au troisième étage.

Pourtant, de nouveau, c'est bien le soulagement qui surgit, comme une bouffée d'air frais, lorsque les lampes des autorités se posent sur moi. Les secours sont là.


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Leona Kendall
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Dim 17 Fév 2019 - 23:31
Il fait froid

Je me lève, ronchonne.

Le soleil tapant contre la vitre de ma chambre. Je me rends compte que je suis seule depuis un moment. Séréna me manque même si nous n'étions pas vraiment amies, le fait d'avoir quelqu'un avec qui parler, se disputer avait parfois le don de me remonter le moral. Malgré que nos insultes pouvaient être très violentes. Peut-être est-ce la vie d'avoir une présence dans la chambre qui me rendait heureuse.
Depuis son départ la chambre est bien rangée. Impeccable, je n'ai jamais fait autant d'effort pour la propreté d'un lieu.

Je regarde l'heure, on est à peine midi. Je quitte la chaleur des draps, je m'habille et file. Je m'éloigne de l'école pour m'amuser un peu dans le centre-ville. Bientôt ça sera l'anniversaire de ma grand-mère.
Je dois lui trouver un cadeau et de plus, ça me permettra de planifier la prochaine couleur que je compte me faire. Mes cheveux étaient roux maintenant, ils sont bleus. Je prévois de les teindre en blonds ou de me faire brune mais, je dois vérifier ce qu'il y à de disponible.

Je me précipite un peu, manquant par moment d'être percutée par des véhicules. Je suis insouciante mais, ça doit être liée à mon état d'esprit. Je ne vais pas mentir, j'évite tout le monde même les personnes que j'aime ou que j'apprécie. Je ne souhaite à personne de me voir... Aussi mal en point. De toute façon ! Rien de mieux que de faire un peu de shopping pour se remonter le moral, non ?!

Dans le centre-commercial, je vérifie et observe que ce soit des magasins de vêtements, au divers et nombreux coiffeurs, ainsi qu'aux magasins d'électroniques. Je fais littéralement mes emplettes. J'avais prévu d'acheter des petits gadget pour mon usage personnel, une nouvelle coque pour mon téléphone, quelques fringues, ma couleur avec de la chance, la bonne et un cadeau pour ma grand-mère mais, je n'ai pas eu le temps d'acheter quoi que ce soit parce que je perdais mon temps à vérifier tout ce que je pouvais et que...

Un léger tremblement me fit frissonné de tout mon être.
C'était rien.. Si ?
Soudainement le tremblement revient en force. Je sens mes jambes perdre toute leurs énergies et je tombe sur le cul. Je grimace et grogne mais, à peine je commence à reprendre mon équilibre et à me remettre sur mes pieds qu'un souffle chaud caresse ma peau avant que la déflagration fulgurante me projette dans l'une des boutiques. je vois encore les gens courir durant mon court vol planés, les morceaux du plafond tombant sous mes yeux écarquillés, écrasant des inconnus, avant de sombrer dans le noir total. Mon esprit éteint, je reste inconsciente... Combien de temps ? Je ne sais pas.

Lorsque je réussi à rouvrir mes yeux.
Une odeur de fer remonte dans mes narines. Le goût de vomi remonte de mes entrailles jusqu'à ma gorge, je me retiens, la main sur les lèvres, l'horrible goût enfumant mon odorat et ma bouche, incapable de résister plus longtemps. Je lâche mes tripes sur le sol et.. Vu que je n'ai pas réussi à me relever, la moitié du contenu fini sur mes vêtements ainsi que sur mon visage.
Je sanglote silencieusement alors que je me redresse, mon corps endoloris, chaque membre me fait souffrir bien qu'au début ce n'étaient que des petits picotements avant que ça ne devienne des pointes de douleur tel des lames s'enfonçant dans ma chair.
Tandis que je me redresse, je manque de glisser sur mon propre vomi. J'essaie de ne pas me laisser aller et de relâcher toutes mes entrailles de nouveau

Où suis-je ? Je ne vois rien, il fait tout noir.. Qu'est-ce que ..
Je fais de mon mieux pour supporter l'odeur nauséabonde, alors que je m'approche de ce que j'entraperçois dans le noir, je touche doucement l'objet de ma curiosité. C'est mou, froid.. Je tâte un peu plus loin, je sens du liquide et... Des poils ? Bien que l'envie de sortir mon téléphone pour allumer la lumière et pouvoir satisfaire ma curiosité se fait ressentir dans mon ventre, je refuse de l'écoutée, cependant je cherche quand même le petit appareil pour me rendre compte qu'il est fendu en deux, je me coupe légèrement avec le verre, je le laisse tomber au sol. Cette fois-ci, je pleure, je ne vois aucun lumière, je suis coincée dans un endroit sombre.. Un endroit puant la mort.

Je me recroqueville.
L'impuissance fini par me quitter et je remet en route pour trouver une sortie. J'entends quelques bruits mais, ils sont trop.. Imperceptible pour que je sache ce dont il s'agit exactement, cependant... Mes lèvres s’entrouvrent, je met à crier de toutes mes forces en tentant de me libérer des murs de pierre effondrés devant mon passage, en espérant que ça mène bien au Hall et non dans la pièce arrière, je ne suis pas sûr de savoir d'où provient le son avec le mini échos.

« A L'AIDE ! JE SUIS LA ! NE ME LAISSER PAS ICI ! S'IL VOUS PLAÎT ! S'il vous plaît... Ne me laissez pas ici..» Criais-je avant perdre progressivement la force de crier.

A force d'écarter des morceaux de gravats et autres...
Les décombres bloquant mon passage s’effondre pour créée une masse plus épaisse encore, étant trop proche, je tente quand même de m'éloigner mais, je fini la jambe droit coincée sous la masse. Je lâche un cri de douleur. La pression sur ma jambe, tout doucement, se faisant plus en plus grande, je peux sentir l'os se fissure, sous des petits craquement horrible avant de céder, je sens ma peau se déchirée dès que je tente de bouger, ce qui me fait crier plus fort encore, bien que ma gorge sèche commence à réduire ma voix à néant, bientôt, j'aurais une voix de chipmunk ou d'un fumeur abusant un peu trop de la cigarette.
Je n'en peux plus, la douleur fini par m’assommer et je sombre de nouveau dans le noir total.

Où suis-je... ? Pas totalement enseveli même presque.. Coincée au deuxième étage ? Je crois..  Quelqu'un viendra.. Normalement.. S'il vou-... Pensais-je avant d'être K.O.

ft. everyone
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Hana Hideyo
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Mer 20 Fév 2019 - 18:40
Appeler Jared au secours est un reflexe quand je sens la panique monter en moi. Il sait me canaliser comme personne. Mais là c’est l’angoisse de perdre une des personnes qui m’est le plus cher qui m’étreint, c’est au-delà de tout. Je ne sais pas gérer les inquiétudes qui tourbillonnent dans ma tête. Mon corps en tremble et je n’arrive à rien.
Mais mon ange est là. Il m’enlace, m’oblige à me poser contre lui. Voir Bastian est une pensée qui s’impose dans mon esprit avec une force incommensurable. Pourtant Jared arrive à me raisonner. Comment faire pour retrouver mon grand frère ? Il ne répond plus au téléphone. Je ne sais pas. Je secoue la tête par automatisme, incapable de m’exprimer. Aucune pensée cohérente ne se fraye un chemin jusqu’à ma bouche. Je niche ma tête dans le cou de mon ange. Son odeur est comme un shoot de de drogué. Enivrant et rassénérant.
Je le sens manipuler la télécommande, mais je ne veux pas voir. Je ne veux pas savoir. Je ne veux pas qu’on m’ote tout espoir. Le sentiment d’impuissance est déjà difficile à surmonter. Sans espoir, je ne suis plus.

Jared fait de moi sa poupée de chiffons. M’asseyant sur lui, saisissant mon menton, me fixant dans le regard.
« petite idiote » c’est ça façon de m’appeler. Etrangement je n’y ai jamais perçu de négatif. C’est ça façon à lui de nommer mon hypersensibilité et hyperémotivité. Et je sais surtout que c’est sa façon de me dire « je t’aime, je suis là pour toi ». Alors je souris comme une « petite idiote » à l’entente de ce surnom. Je m’accroche à son cou et pleure de plus belle. Je sais qu’il a raison, mais je n’arrive pas à intégrer ces informations comme « normales ». Je me sens inutile, impuissante. Et ne pas savoir pendant des heures va me ronger de l’intérieur.

- Merci… Jared…

Je ne sais pas combien de temps je reste contre lui à verser mes larmes. Mais sûrement de longues minutes. Il n’y a rien d’autre à faire.
Enfin si… Mon ange a du travail.
Calmée, je me redresse, essuie mes larmes, puis l’embrasse en douceur.

- Je t’aime mon ange. Merci… Mais je vais te laisser travailler… Veux-tu un thé chaud ? Je vais faire un gâteau pour le dessert aussi.


Je dois avoir l’air d’une loque. Mon corps tremble toujours.
Mais ne suis-je pas censée être plus adulte que lui ? Alors je dois me raisonner. L’attente va être insupportable. Mais ai-je le choix ? Pas vraiment. A part garder les yeux rivés sur mon téléphone dans l’attente d’un appel de Bastian, je sais que je ne ferai rien d’autre de ma soirée ou de ma nuit. Et déverser mon angoisse en cuisinant est une des choses que je fais systématiquement pour ne pas partir en crise de panique complète.
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Aaron Payne
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Jeu 21 Fév 2019 - 0:07
Il en met du temps, le doc… J’ai l’impression de m’escrimer pendant bien dix minutes avant qu’il pose sa main sur mon épaule. Le temps que je fasse le tri dans mes pensées pour lui demander poliment de m’aider à creuser, il prend lui-même la parole. Mais pour poser une question tellement stupide que je me contente de lever ostensiblement les yeux au ciel et de me remettre à creuser. Personne n’a répondu à mon appel mais je l’ai à peine remarqué, persuadé que je suis d’avoir entendu tousser. Le doc m’aide comme il peut, malgré son bras en écharpe.

Enfin, nous écartons le dernier petit débris de plâtre pour tomber sur des plaques plus conséquentes, plus susceptibles de délimiter un espace protégé. Encore quelques instants et nous découvrons ma victime. Pendant que j’écarte, avec un râle d’effort, ce qui a failli être le couvercle de son cercueil, le doc se penche sur elle. Enfin, lui. Un colosse, comme il dit. Son visage ne paraît pas bien vieux mais il a l’air de collectionner les muscles comme d’autres de son âge les boutons d’acné. Le doc lui prend le pouls, observe la situation, pose son diagnostic de grand médecin. L’écoutant d’une oreille, je me tourne vers le gosse qui est resté à la porte. Il tremble comme une feuille.

- C’est ma maman ?

Je me détourne en soupirant tristement et fais mine de me reconcentrer sur le blessé.

- Ouais, sors-le de là, approuvé-je à la fin de la tirade.

Et pour le reste, je me débrouille, si je comprends bien ? Je ne lui pose pas la question, craignant de connaître la réponse. Enfin, craignant… Ce n’est pas de devoir me débrouiller qui me fait peur, c’est plutôt le ton qui accompagnerait la réponse. Ou non : en fait, je m’en fiche d’être vu comme un chieur. Là, tout de suite, on a un gosse et un blessé grave sur les bras. La précédente, on ne pouvait pas faire grand-chose pour elle mais lui, il semble gérable. Je regarde donc le médecin s’éloigner avec le gamin dans trop de stress.

À mon tour, je me penche sur le blessé. Le morceau de métal qui lui transperce l’épaule est à peine assez longue pour dépasser des deux côtés. Elle doit pouvoir glisser beaucoup trop facilement, mais cela sera aussi plus pratique pour le déplacer. S’il n’est pas trop sonné.

- Comment te sens-tu ? demandé-je en avançant ma main vers son épaule valide.

Un cri de douleur me répond, et j’interromps mon geste quelques secondes. Mais je ne suis pas sûr qu’être couché ainsi soit très bénéfique pour sa respiration. Je prends le temps de le pincer un peu aux chevilles et aux poignets, juste pour m’assurer qu’il sente ses membres, puis entreprend de le redresser, lentement. Avec ce bout de métal, je ne peux pas l’appuyer contre un mur mais je lutte pour le tenir assis un instant, espérant que sa respiration en soit facilitée – un peu.

- Tu penses pouvoir te lever ? demandé-je après un moment.

On n’est pas trop mal, ici. Plus de plafond pour nous tomber sur la tête, assez loin des murs, aussi, mais je ne peux oublier le cadavre à quelques mètres de moi et je commence à virer claustrophobe. D’autant que l’odeur de fumée continue de me taquiner méchamment les narines.

- Allez, il faut qu’on sorte d’ici.

Et je me lève, tentant de soulever le blessé par son épaule valide. Fermement mais sans le brusquer – manquerait plus qu’il me claque dans les doigts.
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Juliet M. Strandberg
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Jeu 28 Fév 2019 - 11:52
Laisse la nuit
trembler
Juliet n'a pas réagi à la secousse. Son esprit était entièrement consacré à son smartphone et décortiquait les articles de presse, tout en s'offusquant à l'égard de quelques tournures de phrases maladroites et insipides ; de fait, il n'avait guère le temps de se préoccuper d'un tremblement du monde – si dérisoire qu'il n'avait pas su perturber la démarche élégante de la demoiselle, perchée sur ses escarpins. Celle-ci empruntait les vastes rues d'Uzume, artères pleines de vie et d'excès, entre les bars douteux où se retrouvaient les gaijins et les magasins de souvenirs qui vendaient des bibelots hors de prix. Elle ne regardait pas où elle marchait. Ses yeux, surplombés par des rangées de cils épais papillonnants nerveusement, étaient rivés sur son écran, et la journaliste tapotait frénétiquement sur le clavier numérique tout en esquivant les poteaux qui osaient se mettre en travers de son chemin.

Elle ne se formalisait pas des regards qui glissaient sur elle et sa chevelure claire, lassée de cet intérêt que suscitait son exotisme. Sa tenue vestimentaire, pourtant, l'arrachait à la monotonie urbaine ; elle le savait et en jouait. Elle était élégamment habillée d'un chemisier bleu rayé de bandes blanches, dont les infimes boutons défaits formaient un décolleté chic, dévoilant quelques centimètres carrés de sa peau lisse. Son pantalon noir, un Tommy Hilfiger à taille haute, soulignait ses longues gambettes tandis que ses escarpins Chanel lui permettaient de frôler le mètre soixante-quinze. Juliet attirait l'attention. Mais aujourd'hui, elle s'en fichait éperdument et ne désirait rien d'autre qu'une soirée tranquille, passée devant son PC, un paquet de chips à portée de main.

Mais l'effondrement du plus gros centre commercial d'Uzume en décida autrement.

(...)

Juliet lève son visage vers le grondement tonitruant ; si fort qu'il semble produire un écho métallique, plongeant les rues dans un silence terrifiant. La façade du bâtiment n'est plus qu'un amas de gravats, d'étalages défoncés, de vitres projetées sur le trottoir dévasté. Les exclamations sidérées succèdent à cette absence de bruit tandis que la jeune femme, stupéfaite, laisse son regard errer sur la désolation, les yeux écarquillés, la bouche ouverte sur des mots qui ne viennent pas. Deux minutes, peut-être trois, elle ne sait plus, filent en silence avant que les battements de son cœur, frénétiques, ne la tirent de sa torpeur. Sa raison hurle. Elle lui hurle d'aller voir ce qui se passe.

Alors elle y va, l'appareil photo de son smartphone capturant la scène sous différents angles, elle avance, dénuée de pitié mais galvanisée par le scoop qui lui tend les bras, si elle diffuse ça sur twitter dans la minute. Un thread. Un thread passionnant et plein de fausse compassion. Et puis demain, un article dans le journal. Et un autre, sur son blog – pour les photos trash. Il lui faut des clichés percutants. Des visages en larmes et les secours qui s'activent. Il lui faut des témoignages, des victimes à plaindre, des héros à encenser – il lui faut quelque chose à romancer.

Après avoir lancé le thread sur Twitter, suivi par des milliers d'abonnés, Juliet compose le numéro de son rédacteur en chef. Sa voix tremble d'excitation.

« (...) Personne ne quitte la rédaction tant que l'article n'est pas rédigé pour demain. Je vous envoie les photos les plus pertinentes. »

Aussitôt raccroché, Juliet poursuit sa séance photo. Les notifications commencent à affluer sur son compte twitter, le monde en parle, anxieux, au-delà des frontières mais ce qui importe pour la journaliste, c'est la courbe de nouveaux followers explosant ses attentes les plus folles. Les internautes s'agitent et sont pendus à ses lèvres. Alors Juliet progresse, ôte ses escarpins et s'approche au plus près du bâtiment, à la recherche d'une histoire, d'un destin singulier, de quelque chose à raconter. Elle n'a pas besoin de photos sanglantes – après ce genre de catastrophe, la curiosité morbide est dépassée par un besoin d'unité. Ainsi cherche-t-elle les symboles de cette unité, les socles d'un espoir solide, d'une humanité exemplaire. Elle ne pense pas aux morts, non, ni aux familles brisées à jamais, ils ne seront que des chiffres à ajouter aux faits. Elle pense à l'histoire qu'elle s'apprête à conter au monde entier.

Pando
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Bastian Doyle
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Jeu 28 Fév 2019 - 20:19
Apoplexie

Seulement un hochement de tête et un pincement de lèvres, puis je pars. Je ne sais pas ce que mon regard veut démontrer, peut-être du mépris envers cette personne ou juste un je-m'en-fous, mais ce n'est pas la deuxième option. Avec un gros gabarit et ma luxation de l'épaule, c'est certain que je ne peux pas faire grand-chose. Je lui ai expliqué et je m'en vais, certes, c'est moi qui va mourir si je reste ici trop longtemps. Déjà que la sortie n'est pas à portée de main et que je vais devoir chercher presque à l'aveugle avec un gosse dans les bras, c'est pas la joie. Ça m'agace d'aider les gens à moité, mon bras me fait mal comme ça ne se peut pas et je sers les mâchoires si fort qu'elles vont casser. Diagnostic posé, j'aimerais donner un coup de pouce à ces deux hommes mais c'est trop risqué, je dois me rendre à l'évidence qu'on ne peut pas tous les sauver.

Je convaincs le gamin lorsque je me mets à genoux et, posant mon bras en 90 degrés pour qu'il y s'agrippe malgré ma tronche qui ne doit pas inspirer confiance, ni ma carrure d'homme des neiges. Je soupire – ou m'arrache un cri silencieux – en me relevant, il est tellement lourd même à cinq ans, en plus de son propre bras cassé qu'il doit soutenir sur mon biceps, il n'arrête pas grouiller. En cherchant le téléphone qui m'éclairait il y a quelques minutes, je zyeute partout en y voyant aucune lumière, ou seulement quelques-unes qui clignotent. On est à quel étage déjà? Deuxième je crois, alors on doit descendre pour pouvoir sortir, malgré chaque enjambée, je réussis à nous extraire en faisant fi des bruits autour de nous et du béton qui lacère ma peau. Communiquant avec l'enfant, je lui demande son âge, des trucs inutiles dont que je me rappellerai pas le lendemain et réclame son nom, parce que je l'ai déjà oublié. Enfin, des escaliers!

On doit toucher les 115 kilos ensemble, j'espère vraiment que les marches tiendront sinon je vais me détacher comme Monsieur Patate putain. C'est comme sauter dans la piscine, on y va au compté de trois? C'est pas le temps d'attendre, c'est maintenant. Pendant qu'on y est, pourquoi pas lui dire que sa mère est morte...et comment? Je cogite, pesant mes mots pour ne pas qu'il se mette à pleurer telle une madeleine.

-Tu sais bonhomme, tu vas avoir un plâtre sur ton bras, et tout le monde va trouver ça cool, parce qu'ils vont vouloir mettre leur nom dessus. Moi aussi j'aimerais le signer! Et ça va te rendre plus fort, comme si tu deviendrais l'homme de la maison. Mais écoute-moi bien Akitoshi, j'ai quelque chose d'important à te dire. Ta maman est partie au ciel. Alors c'est pas grave si tu pleures, mais tu dois rester courageux.

Puis sa lèvre du bas commence à vibrer. Je crois que c'est mieux qu'il l'apprenne comme ça que par quelqu'un de maladroit. Enfin, je suppose. Il tire sur mon chandail au point que le monde allait s'écrouler autour de lui, pauvre gosse. Voyant finalement une lueur d'espoir non loin d'où nous sommes, j'avance piteusement pour y voir les lumières des secours. Arrivés dehors, mon adrénaline chute d'un coup et je commence à avoir chaud, la chute de pression n'est pas loin. Quelqu'un court vers nous mais je suis trop confus pour voir qui c'est, on remercie la commotion.

-Prenez l'enfant avant...

Et je m’évanouis, la gracieuseté manque probablement à l'appel.


Codage par Libella sur Graphiorum
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Caitriona Adam
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Jeu 7 Mar 2019 - 18:04
On dit de Kate qu’elle est un peu maladroite, parfois têtue, souvent tête en l’air. Et même dans cette situation d’urgence, elle trouve un moyen pour être tout cela à la fois. Son parcours dans les débris jonchant le sol est chaotique et elle ne compte plus le nombre de fois où elle a failli s’étaler, face contre terre, rattrapée in extremis d’une main, sur un pan de mur plus ou moins solide ou à même le sol, s’écorchant à chaque fois la paume de la main. Mais on ne ressent pas la douleur alors que l’adrénaline envahit les vaisseaux sanguins. C’est une des raisons pour lesquelles Kate n’abandonne pas sa quête, et continue de hurler pour attirer l’attention des secours. Un bébé ! Il fallait le sauver ! Elle a mal à la gorge et elle tousse de plus en plus fréquemment. Un peu d’eau ne serait pas de refus. Enfin, le téléphone émettant toujours des grésillements incessants collé à son oreille, elle n’a toujours pas eu l’idée de regarder qui l’appelait. Le multitâche, ça va bien un moment mais entre éviter de se casser la figure, faire abstraction de l’horreur qui l’entourait, être terriblement inquiète pour le bébé, la maman, Lise et elle-même, et tenter de répondre à un appel, ça perturbe un peu le fonctionnement du cerveau et ça ne permet pas vraiment de réfléchir tranquillement !

Kate a toujours pensé avoir un esprit clair. Même pendant les examens, malgré le soupçon de stress lui enserrant le cœur, son esprit n’est pas troublé. Cependant, dans une situation comme celle-ci, tout s’emballe et elle n’arrive plus à penser correctement. Il faut prioriser, dans ces cas-là, et ça veut dire laisser derrière des choses qui, normalement importantes, sont reléguées à des quêtes secondaires à côté de la mission principale à accomplir. C’est pour ça que Kate a laissé Lise s’occuper de tout. C’est pour ça qu’elle est partie, qu’elle l’a abandonnée. Le bien-être et la rapidité de l’intervention des secours sont essentiels, alors elle a dû choisir. Enfin, le choix s’est fait presque instantanément, malgré le brouillard dans lequel son cerveau baigne. C’est pour ça qu’elle est maintenant seule dans les décombres, progressant en direction de l’allée principale du rez-de-chaussée. Elle continue de crier, donnant sa localisation aux secours. Elle ne peut rien faire d’autre.

Le grésillement contre son oreille finit par l’agacer et, dans un éclair de génie, elle abaisse son bras et regarde enfin l’écran. Son cœur se serre. Loveday. Loveday l’appelle. Loveday, sa colocataire. La première personne avec qui elle a partagé une chambre. Une de ses premières amies ici. Une chouette fille, un peu réservée sur son histoire et sur certaines parties d’elle, mais qui a accepté Kate sans réelle difficulté. Kate peut compter sur elle et elle a fait comprendre à Loveday qu’il s’agit d’une relation réciproque. Pour une première expérience de colocation, c’est une parfaite réussite.

« Allô Loveday ? Allô ? »

Un appel déchirant. Elle doit se faire un sang d’encre. Mais au moins, Kate la sait en sécurité. A moins qu’au lieu d’être restée à Amai, elle soit sortie et-

Le grésillement s’estompe et le cœur de Kate fait un bond.

« Allô ? C’est Kate, je vais bien, t’en fais pas. Lise aussi, on… il y a un bébé, et puis les secours, oh mon Dieu, j’espère que tu vas bien Loveday mais t’en fais pas, je- »

Lampe torche. La fin de la phrase s’étrangle dans sa gorge. Grésillement, si bruyant.

« Au secours ! Dans le magasin pour bébés ! Il y a une femme enceinte qui a accouché ! »

Kate ne se rend même pas compte de la perte de puissance de sa voix – déjà qu’elle n’est pas très intimidante de base – et appelle avec toute sa force les secours qu’elle sait tout proche. Elle a déjà oublié le téléphone contre son oreille.

Les secours déboulent. Au loin, elle en voit certains continuer leur route et elle a peur que les autres fassent de même, alors elle continue de demander de l’aide, faisant des signes, paniquée. Mais c’est bon, ils l’ont déjà repérée, ils ont déjà entendu ses appels au secours. Elle pointe en direction de l’endroit où se trouve le bébé à prendre en charge, expliquant dans un discours en japonais mêlé d’anglais la situation, noyé dans sa toux. Déjà, un petit groupe de secours se fraie un chemin. Kate amorce un geste pour les suivre mais un des secouristes la retient doucement.

« C’est trop dangereux, il faut vous évacuer. Il faut également que vous éteignez votre téléphone, pour ne pas surcharger la ligne. »

Elle secoue la tête. Le secouriste fronce les sourcils. Il doit penser qu’elle n’a pas compris. Mais elle a très bien compris. Alors elle fait comme il lui a demandé, elle raccroche et éteint son téléphone portable, qu’elle enfonce dans sa poche. Puis elle se dégage et part à la suite de la petite équipe de secours, dans les profondeurs du magasin, plus rapidement et plus agilement qu’elle ne l’aurait cru. Elle ne sait pas si le secouriste la suit ou repart, mais elle sait très bien où elle va.

Elle finit par arriver. C’est un soulagement. Elle voit le bébé – le bébé ! – entre des mains expérimentées. Elle voit la maman, pleurant de joie à la vue de son bébé, mais sans doute également à la vue des secours. Il ne manque plus qu’une personne à cette scène pour que l’inquiétude retombe.

« Lise ? »

Où est-elle ? Son cœur s’accélère et elle scrute la pénombre à la quête de son amie, de son ancre, de tout ce à quoi elle peut s’accrocher ici. Elle finit par la repérer, prise en charge par une secouriste, l’air perdu. Est-ce que Kate aussi arbore cette expression un peu hagarde, mais aussi tendue et angoissée ? Sans doute.

« Lise ! »

Elle ne sait pas si elle l’entend et n’attend pas de le savoir pour se précipiter vers elle. Elle tombe sur ses genoux à ses côtés, se faisant à coup sûr de beaux bleus, et l’enlace, rassurée. Et, comme si ça représente un signal de départ, les larmes viennent naturellement inonder les joues pelliculées de poussière de Kate tandis que ses épaules tressautent sous les sanglots bruyants de la jeune fille, comme une enfant.

Tout va bien.
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Loveday Trevithick
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Jeu 7 Mar 2019 - 22:07
Fear the Reaper Le téléphone glisse de ma main lorsque les pleurs finissent par me submerger. Incapable, pourtant, d’abandonner tout espoir, je me laisse tomber sur le matelas, l’oreille toute proche de mon portable. Mon cœur s’arrête à chaque silence puis reprend dans un sanglot lorsqu’une nouvelle sonnerie lui succède et me replonge dans les affres de mon angoisse. Il me semble qu’une longue, longue minute s’écoule avant qu’une voix éraillée revienne m’en tirer dans un sursaut.

- Kate ! m’exclamai-je telle une enfant appelant sa mère. Kate, où es-tu ? Et Lise ?

Mes larmes, pourtant, ne se calment pas. Nées de mon soulagement, source peut-être plus intarissable encore que ma peur, elles ne se distinguent de leurs parentes que par le sourire qui a inversé la courbe pathétique de mes lèvres. Je répète le nom de Kate avec une émotion qui doit se perdre dans les grésillements qui nous séparent, car elle répète un « Allô » lointain et brouillé.  Mais entendre sa voix, même métallique, même lointaine, même pleine d’une peur qui me touche à peine, me suffit pour le moment. Couchée en chien de fusil, tordant ma couverture entre mes doigts, je me laisse aller à des pleurs réconfortants.


Alors que les grésillements s’intensifient encore, je crois distinguer mon nom et celui de Lise, une histoire de bébé et de Dieu, avant que la communication ne coupe carrément. D’autres s’en seraient inquiétés. Pas toi. Pas tant que ça. Peut-être que d’ici une paire d’heures, tu apprendras qu’elle a fini par succomber à ses blessures, te replongeant dans cette solitude désespérée, mais pour le moment, tu sais qu’au moins l’une de tes meilleures amies ici est vivante, que tu n’es pas seule, et c’est tout ce qui t’importe.
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Jake Dawkins
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Localisation : Dans les nuages.
Ven 8 Mar 2019 - 14:25
Les mains fourrées dans les poches de son manteau de mi-saison, Jake traversait paisiblement les rues de la ville au crépuscule. Le soleil ne s'était couché que depuis peu, les rues étaient désertes et muettes , le fond de l'air était frais.

Les fortes chaleurs n'avaient jamais été son fort, il préférait de loin la froideur de l'hiver et le confort d'une écharpe tricotée dans laquelle on engouffrait son visage jusqu'au ras des yeux. Non il ne regrettait pas l'été, avec ses touristes, ses plages bondées, et ses cheveux collés au front par la sueur. Après avoir été accablé par la température, Jake savourait le calme des soirées d'hiver sur le chemin de son appartement. Aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle. La porte en bois l'accueillait, et il déverrouilla la porte avec son jeu de clés personnel avant d'entrer chez lui.

Dans un rituel serein et silencieux, l'Australien fit le tour de son appartement. Il vérifiait que tout était à sa place, qu'Eloquence le chat avait à boire et à manger, que la pompe de l'aquarium fonctionnait. Ce n'est qu'une fois tout cela en ordre qu'il s'installa dans sa chambre pour réviser. Il attacha ses cheveux rouges dans une queue de cheval et alluma le poste radio perché sur une étagère.

18h43.
Un air de samba grésillait tandis que l'Australien revoyait ses cours sur la synthèse et la sécrétion des sels biliaires. La radio locale n'était pas mauvaise en général. Il y passait un peu de tout, et ce n'était pas trop entrecoupé d'émissions ennuyeuses aux présentateurs à la voix irritante. Les airs latinos ne faisaient pas vraiment partis de ses préférences mais il supportait la diversité, en espérant qu'ils passeraient quelque chose de différent après. Jake souffla, et vint rabattre une mèche vers l'arrière. Il avait bien avancé, mais il lui restait pas mal de notions à revoir. La samba se tarissait, c'était au tour d'une chanson populaire d'un groupe d'idols dont le jeune homme ne connaissait pas le nom. Il ne s'en plaignait pas, l'énergie du titre lui en donnait assez pour se motiver.
Soudain, la musique s'arrêta.

« Flash spécial. Nous interrompons la programmation pour vous faire part d'une information importante. »

La voix du présentateur était hésitante, et les grésillements du poste ne cachaient pas les coupures d'émotion perceptible.

« Une explosion s'est produite dans le centre-ville d'Uzume. Il semble que... que ça ait eu lieu au niveau du centre commercial. »

Jake se stopa net, pendu au son interféré, et le regard rivé sur la vieille radio grise comme dans l'attente d'une annonce d'un miracle inespéré. Il avait mal au cœur.

« Nous devons vous faire passer le message d'éviter d'engorger les lignes téléphoniques et de ne pas céder à la panique. Les secours prennent la situation en charge, veillez à ne pas gêner leur travail. Évitez autant que possible la zone sinistrée. »

La nouvelle semblait irréelle. Uzume n'était pas si loin, et pourtant, il n'avait rien entendu, comme coupé de ce monde, en sécurité chez lui. Les idols se remettaient à chanter, comme si rien ne s'était passé. Et Jake restait figé. La peur de savoir ses proches blessés commencait à monter. Où était Logan, en ce moment ? Avait-il prévu quelque chose dans le centre ville ce soir ? Ne devait-il pas appeler dans la soirée ?

Son téléphone portable, posé sur son bureau, prenait des airs de diable tentateur. Les secours avaient expressément demandés à ne pas l'utiliser, pour que les lignes restent disponibles. Mais Jake ne pouvait pas rester à attendre dans l'espoir d'une nouvelle. Le souvenir du typhon de 2016 revint à la surface, et avec, d'anciennes douleurs depuis longtemps cicatrisées. Il ne serait pas tranquille avant de savoir si Logan allait bien.

Alors emplit d'une angoisse débordante, il envoya un message à celui qu'il considérait comme un membre de sa famille.

From : Jake
To :  Logan
18h58

« Tout va bien ? Réponds-moi vite.

PS: Si tu es blessé, je te tue. »
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Apoplexie | RP Libre
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