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Yûko Ahiko
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Dim 10 Mar 2019 - 16:31
Je vois du coins de l’œil une personne nous rejoindre. Je n'y fais pas attention dans les premières secondes, trop occupé à m’appliquer le mieux possible pour soigner Logan -et pour ne pas paniquer surtout. Mais je reconnais rapidement Anju, surtout quand le son de sa voix me parvient, me demandant si je vais bien.

Une petite grimace étire mes lèvres pour essayer de montrer que oui, ça va, même si ce n'est pas vraiment le cas. Mais par rapport aux autres je n'ai pas a me plaindre, donc hors de question de montrer que je ne suis pas au mieux.

-Plus de peur que de mal... Et toi ?

Je prend le mouchoir que la jeune femme me tend, grimaçant en entendant que la sortie la plus proche est coincé. C'est une mauvaise nouvelle, les garçons sont trop blessé pour se passer de soin rapidement, surtout Lucius... il va falloir trouver autre chose, mais quoi ?

J'entends vaguement Lucius parler, toussant au passage, mais ne capte pas vraiment ses paroles, mon esprit trop occuper a essayer d'occulter la peur pour arriver a trouver une idée potable.

C'est la voix de Logan, chargé de colère je crois, qui ma ramène à la réalité. Je sursaute, lachant le tissu et le poignet au passage. Mon regard le fixe bêtement quelques secondes, le temps que ses paroles montent à mon cerveau et que celui ci passe au dessus de la peur pour comprendre. Mes yeux se baisse sur le poignet blessé alors que la connexion se fait.

-Ho … pardon !

Le problème, c'est que maintenant je n'ai plus rien pour m'occuper l'esprit, et je ne veux pas paniquer comme un idiot... je suis déjà inutile, je ne vais pas en plus devenir un poids merde ! Vu le regard et l'attitude le Logan, j'ai peur que ce soit déjà le cas...

A mon grand soulagement, Logan est plus entreprenant et plus vif d'esprit que moi dans cette situation et part rapidement chercher du secours. J'aimerais l'accompagner au cas où, mais je sais que je vais plus le gêner qu'autre chose. Alors je me tais et hoche la tête. Rester ici et veiller sur les gens autour, ça c'est dejà plus dans mes cordes.

Pendant qu'il s'éloigne, je prend une grande inspiration avant de me rapprocher encore d'Anju et des enfants. Je prend le t-shirt des enfants et le remonte un peu pour cacher leur bouche et leur nez avec, cela filtrera un peu la fumée.

-Vous avez entendu ? Il va chercher les secours, en attendant, garder bien vos t-shirt sur le nez pour éviter de respirer la poussière.

Je rend son mouchoir à Anju pour qu'elle puisse faire de même, m'excusant d'une grimace pour l'avoir sali, et remonte moi aussi mon t-shirt.

Puis j'attends. J'attends longuement en vérifiant l'état de Lucius régulièrement, pour être sur que son état ne s’aggrave pas. J'attends en essayant de sourire aux enfants et a Anju, pour les rassurer, alors que je suis mort de peur. J'entends encore des cris et des effondrements autour de nous. Je voudrais parler, dire un truc rassurant, au moins pour les petits, mais j'en suis incapable.

Soudain, le vague souvenir de ma nourrice, me racontant des histoire le soir quand j'avais peur. Bien sur la situation est bien différente, mais avec un peu de chance cela permettra de faire patienter jusqu'à l'arrivée des secours et de calmer un peu les esprits apeurés. Raclant ma gorge seche et remplie de poussière, je commence à conter une histoire de mon enfance, parlant de chevalier, de fée et de magie. L'histoire n'est pas exacte et il manque des passages, mais cela suffis pour tenir jusqu'à ce que j'entende des pas s'approcher et les cris des suaveteurs en recherche des personnes coincé.

Je me lève, toussant sous l'effort, et sors avec prudence de la cage d'escalier dans le but de signaler notre présence. Je leur fais signe et quand ils sont près leur explique que nous avons un blessé. Rapidement nous somme pris en charge, Lucius en premier comme il est blessé, puis les enfants, et enfin Anju et moi. Avec prudence, ils nous font traverser le centre commercial en direction de la sortie.

Je retiens des larmes de soulagements quand je vois la lumière du jour et non la poussière et les gravas. Du personnel médical viennent rapidement à notre rencontre pour prendre en charge le blesser et vérifier notre état. Mais je ne peux m'empêcher de tourner les yeux vers le bâtiments détruit, pensant aux personnes encore coincés dedans.
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Bruno Ageric
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Lun 11 Mar 2019 - 17:01
Y'a pas à dire, respirer c'est quand même bien ! Surtout quand on venait de se faire sortir d'un éboulement. Bon l'idéal serait aussi de ne plus être blessé mais ça on pouvait y travailler plus tard !
Bruno était pris en charge par un type, on l'avait sorti de là... Cool, les chances de survie augmentaient ! Son sauveur lui demanda s'il pouvait se lever, lui même n'était pas sûr, mais très franchement, même ça n'avait pas été le cas il aurait tout de même essayé, juste pour sortir de là !

"Ouais... cassons nous..."

Il fit de son mieux pour faciliter la tâche de l'homme qui le secourait en essayant de répartir un peu de son poids sur ses jambes en compote et repensa alors à son téléphone sous les décombres... et merde. Si ses blessures ne le tuaient pas, ses parents allaient sûrement le faire pour son absence de réponse au téléphone :

"Dis..."

Il marqua une pause pour avoir l'attention de son sauveur et poursuivit :

"Mon portable est là dessous... quand on sera sorti, si je suis encore conscient... et que je te donne le mail de mes parents... tu pourras leur envoyer un message...? Juste pour leur dire que je suis vivant... bon... même si j'ai un peu ramassé..."

Il ponctua la fin de sa phrase par un petit rire étouffé par un grognement de douleur. Bordel, il allait probablement mettre un bout de temps à se remettre de ses blessures, plus de sport pendant un petit moment.
Mince alors, il se voyait déjà dehors à l’hôpital et tiré d'affaire ! Bon, c'était toujours mieux que le défaitisme ou la pleurniche. Et puis bon, s'il était mort, il était mort, il n'y avait pas grand chose qu'il pouvait faire contre ça.

"Au fait... c'est quoi ton nom...?"
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Lise Dubos-Mesnil
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Mar 12 Mar 2019 - 18:07
Peut-être que la sortie du bébé a duré sûrement une heure, mais ça me semble déjà lointain et n’avoir durée qu’une fraction de seconde. Maman me dirait sûrement que c’est comme une vache qui a déjà vêlé, le veau descend et sort beaucoup plus vite. Peut-être que la dame a déjà eu un enfant…
A-t-elle continué le travail ? Il faut expulser le placenta. Je sais que c’est une complication si ce n’est pas fait naturellement. En tout cas, chez les vaches. Ça ne doit pas être si différent pour la femme…


Mais pourquoi toutes ces réflexions passent dans ma tête ? Les secouristes ont pris le relais. Ils savent ce qu’ils ont à faire.

Les paroles du monsieur qui m’a mise sur le côté ne me parviennent pas. Je pleure. Je ne sais pas arrêter le flot de larmes. Je tremble comme une feuille. Et la seule peur qui m’étreint réellement, c’est où est Kate ? Où est mon amie ? Pourquoi elle m’a laissée ? Est-ce qu’elle va bien ?

C’est trop pour mes nerfs. Je craque complètement et j’appelle Kate désespérément. Mon bon sens devrait me raisonner. Si les secours sont là, c’est que Kate les a guidés à nous. Elle doit donc être en sécurité. C’est mieux pour elle si elle est sortie. Mais non, mon besoin primaire de ne pas me sentir seule face à cette situation et je la veux avec moi. C’est égoïste. Ça ne me ressemble pas. Mais les situations d’urgence révèlent souvent des traits de personnalité qu’on ne soupçonnait pas.

Kate surgit de cette pénombre brumeuse de poussières. Se jetant à mes côtés, elle m’enlace et je la serre comme une désespérée. Enfin ! Une présence que je sais sûre. Enfin ! Je sais qu’elle est entière. Enfin ! Nous revoilà ensemble.
Elle pleure autant que moi. Et la culpabilité vient alors me ronger. Pourquoi l’ai-je entraînée à l’intérieur ? Ces visions d’horreur. Ce chaos. Et cette vie au milieu de tout ça.

Les secouristes, une fois assurés de la prise en charge de la femme et sa petite fille, nous demandent de les suivre. Nos larmes ne se tarissent pas. Nos mains ne se lâchent plus. Mais nous suivons le convoi, telles des zombies. Le temps me semble s’allonger à chaque pas. J’ai eu l’impression que venir jusqu’à la femme en détresse nous a pris 5 minutes, alors que sortir nous prend presqu’une demi-heure. Comment avons-nous réussi à enjamber tous ces blocs de bétons ? Mon corps pèse lourd. Chaque mouvement me demande un effort incroyable. L’épuisement me gagne.

Mais enfin la lumière du jour. Je respire ! Et je pleure de plus belle en serrant Kate contre moi.

- Je suis désolée de t’avoir entraînée à l’intérieur. Je n’ai pas réfléchi. Je te demande pardon.

Une femme, sûrement une policière au vu de sa tenue, nous prend en charge. Elle nous dirige vers une tente où une infirmière nous ausculte rapidement. Quelques bleus et écorchures. Rien de grave. Ma coupure à la jambe l’inquiète plus. Moi pas. Je n’ai même pas de sensation de douleurs. Je suis comme anesthésiée de tout. Le brouhaha, les sirènes, les cris. Tout me parvient comme dans une bulle isolante. Je laisse l’infirmière nettoyer et désinfecté.
Puis un secouriste vient nous chercher, moi et mon amie. Il veut qu’on accompagne la femme et son bébé dans l’ambulance. On n’a beau essayer de lui dire qu’on ne sait rien d’elle. Il n’a pas l’air de comprendre notre japonais un peu malmené par le stress, la décompression et la fatigue. Je crois même que je dois mélanger les trois langues. Mais j’ai envie de savoir si le bébé et la maman vont bien s’en sortir. Savoir qu’au moins, avoir entraîné mon amie dans ce cauchemar, aura une conclusion positive pour ces deux êtres.

Alors nous montons dans l’ambulance. La femme nous sourit, nous remercie. Ses mots font du bien à entendre. Je donne les coordonnées de ma famille d’accueil à l’infirmier.


A l’hôpital, c’est aussi chaotique. Il y a du monde partout. Des pleurs, des cris, des angoisses muettes.
Je m’assois dans un coin d’une salle d’attente avec Kate. Au sol, on est mieux, au plus loin possible des gens agités. Et puis de toute façon, il n’y a plus de place nulle part !
Dans les bras l’une de l’autre, on se réconforte en silence.
Puis Kaïko et ses parents arrivent et me sautent dessus. Ils m’enlacent, pleurent, rient et Kate dans mes bras subit le même assaut. Ma maman d’adoption m’embrasse milles fois sur le visage. Et quand Kate leur dit vivre à l’internat, elle ne lui laisse pas le choix que de venir à la ferme avec nous pour récupérer de cette journée. Je suis ravie qu’on ne laisse pas mon amie seule avec ses angoisses. Et Kate semble soulagée aussi. Je n’imagine pas la laisser repartir seule dans sa chambre, même si Loveday y sera, Kate a besoin d’un cadre vraiment rassurant pour se remettre, autant que moi. Et la ferme est un bel endroit. J’espère que Loveday ne nous en voudra pas. Et puis on ne compte pas, non plus, louper les cours trop longtemps.

Nous attendons une petite heure supplémentaire pour avoir des informations très rassurantes sur l’état de la petite fille et sa maman. Nous lui laissons nos coordonnées afin de pouvoir la revoir peut-être. Nous n’attendons aucun remerciement, juste l’assurance qu’elles vivent heureuses.

Kate et moi rentrons dans ma famille d’accueil. Retrouver la chaleur et sécurité d’un foyer aimant nous fait vraiment du bien. Le lendemain, les réseaux étant moins surchargés nous réussissons à appeler Loveday pour la rassurer et la prévenir que le médecin nous impose finalement quelques jours de repos. Nous les passerons à la ferme. Kate et moi avons conscience que Loveday a une angoisse avec les transports, alors il est hors de question qu’elle vienne nous voir. Alors nous l’appelons chaque jour et nous faisons en sorte de la rassurer au maximum. Nous lui promettons que notre premier jour de reprise des cours, nous déjeunerons toutes les trois ensembles. Et pour Kate et moi, cette promesse nous tient à cœur.

La vie reprend son cours. Les images sordides vont bien finir par disparaître. Le calme va revenir. Les bleus vont disparaitre. Tout va redevenir comme avant. Non ?
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Anju Mishima
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Localisation : A droite après la 487e vache
Mar 19 Mar 2019 - 23:32
ApoplexieRP libre
Ce fut l’écroulement général…
En temps normal, difficile de faire plus placide qu’Anju. Pour l’énerver, il faut viser ses points les plus sensibles. Mais au beau milieu d’un gigantesque bâtiment menaçant de les engloutir, sa peur pour sa propre vie lui mettait les nerfs à fleur de peau. La réponse du rouquin, d’un optimisme grossier, lui donna envie de hurler. La question n’était pas de savoir « ce que l’on dit », si l’on devait ou pas faire semblant, mais si tout avait vraiment une chance de bien se passer ou si leurs jeunes vies allaient se terminer entre ces quatre murs – ou ce qu’il en restait. Les larmes aux yeux, tremblante de colère et de peur mêlées, Anju lui jeta un regard noir qu’il ne vit pas.

Le barman répliqua avant elle. Ou plutôt, il lui répondit à elle, ignorant leur compagnon. Son assurance, teintée d’un mépris désagréable, avait au moins le mérite d’être lucide et encourageante, à sa manière. Si Anju était un peu jalouse de sa capacité à s’affirmer en tant que meneur, elle qui se targuait d’aimer prendre les choses en main, et vexée d’être considérée comme une victime à protéger, elle devait reconnaître qu’il était bien le seul à réussir à garder la tête froide. Le blessé semblait planer, Yûko n’en menait pas beaucoup plus large que les enfants et elle… elle était bien obligée de reconnaître que cette porte bloquée l’avait tant fait paniquer qu’elle n’avait même pas pensé aux autres issues de secours. Dommage pour sa confiance en sa capacité à faire face aux imprévus.

L’effondrement d’un bâtiment, c’était tout de même un très gros imprévu, tenta-t-elle se consoler, et l’important était de se reprendre. Elle se força à prendre un air assuré et à répondre d’un acquiescement appuyé aux ordres du barman. Elle fut soulagée, aussi, de voir Yûko s’occuper des bouts de choux recroquevillés contre elle. Elle les lâcha pour récupérer son mouchoir, espérant qu’il la protégerait des poussières. Mais peine perdue. Même avec ce tissu devant le nez, elle avait l’impression de pouvoir sentir ses poumons s’encrasser de minutes en minutes. Elle avait compris ce que Yûko tentait de faire et faisait de son mieux pour l’aider, relançant ses histoires lorsqu’il semblait hésiter et encourageant les enfants à s’y intéresser, mais les quintes de toux lui chatouillant la gorge étaient de plus en plus insistantes, sans parler des larmes qui tentaient de soulager ses yeux irrités.

Il vint un moment où ce n’était plus tenable. Alors elle toussa, juste un ou deux raclements de gorge pour se soulager. Quelques minutes plus tard, ce fut trois raclements, puis quatre ou cinq. Bientôt, Anju dut se détourner et s’éloigner un peu des enfants pour laisser échapper une quinte franche. La pensant passée, elle était sur le point de reprendre sa place quand une nouvelle toux la secoua. La quinte devint vite incoercible. D’abord sèche et fractionnée, elle se fit de plus en plus insistante et les inspirations qui les entrecoupaient, plus sifflantes et laborieuses, au point qu’Anju sentit sa peur, engourdie par la distraction même grossière de Yûko, revenir plus forte que jamais. L’oxygène commençait à lui manquer, lui faisant tourner la tête, et elle se voyait déjà mourir dans ce nuage de poussière, roulée en position fœtale au milieu des gravats. À l’anoxie finirent par s’ajouter des nausées et elle eut l'impression que son âme tentait de s'échapper de son corps.

Puis il y eut un bras autour de ses épaules, un masque sur son visage, de l’oxygène pour nourrir ses poumons, et enfin l’air frais sur son visage. Même presque inconsciente, Anju comprit qu’elle était sauvée et se permit de fermer les yeux. Elle ne voyait plus ce qui se trouvait devant elle depuis un moment, mais elle avait refusé de fermer les paupières, comme si s’endormir était prendre le risque de ne pas se réveiller, mais sortie d’affaire, elle ne rêvait plus que de ça : dormir. S’assoupir, lâcher prise, laisser tout son corps se détendre et peu importe où on l’emmenait et ce qu’on lui faisait pendant ce temps. S’endormir et rêver pour oublier ce terrible cauchemar.
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Aaron Payne
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Mer 20 Mar 2019 - 23:45
Enfin, il détache quelques mots plus articulés que des cris de douleur. Ses muscles semblent à peu près fonctionner, aussi, puisqu’ils supportent une petite partie de son poids, juste assez pour que je ne m’effondre pas sous sa masse hyperprotéinée. Ça me permet de me concentrer un peu moins sur mes appuis et un peu plus sur le chemin à suivre. Car les escaliers centraux, ceux par lesquels je suis monté, sont hors de question, encombrés qu’ils sont. Reste à me souvenir de quel côté se trouve la cage la plus proche.

- Dis…

Je prends une seconde pour me décider (va pour la gauche !) avant de me tourner vers lui. Ses parents… Je laisse échapper un court ricanement, pensant aux fois où c’est moi qui me suis fait un sang d’encre en entendant parler d’une explosion ou d’une catastrophe naturelle dans la région où mon aventurière de mère était censée se trouver. Est-elle à son tour en train de maltraiter son téléphone en cherchant à me joindre ? Mon portable, dans ma poche de poitrine, reste silencieux mais le réseau peut être saturé. Enfin, si tant est qu’elle ait accès à l’information… Je sais plus où elle est censée être… En France je crois ?

Réalisant que mes pensées ont dérivé, je me tourne de nouveau vers lui. Son visage est très proche du mien, je peux y lire une vulnérabilité touchante. J’accepte, et je n’entends pas me défiler.

On est proche de l’escalier quand il reprend la parole. Son ton familier ne me frappe que maintenant mais vu les circonstances, je peux l’excuser et ne remets donc pas ce gamin à sa place.

- Aaron Payne, lui réponds-je sans me faire prier. Et toi ?

Pour une fois, je ne retourne pas la question par simple politesse. Ce nom, je le retiendrai. Tout comme notre épopée pour descendre cette trentaine de marches glissantes. J’ai dû m’éloigner de l’épicentre de l’explosion et de l’incendie parce que j’ai l’impression de respirer un peu mieux, et heureusement parce que l’effort commence à se faire long.

Les secours nous trouvent au pied des escaliers. Deux gaillards prennent Bruno en charge, me permettant de soulager mon épaule endolorie. Un autre essaie de me soutenir, je dois protester fermement pour pouvoir sortir du bâtiment droit sur mes deux pieds.

L’ambiance qui règne sur l’esplanade devant le centre commercial me fait cligner frénétiquement des yeux quelques secondes. La minute d’avant, j’étais dans un monde feutré, sombre et enfumé, où les bruits inorganique de craquements et d’éboulements rythmaient les gémissements ou les cris, en tuant certains et en en amplifiant d’autres. On ressentait constamment l’enfermement sans pouvoir toujours en déterminer les frontières exactes. Ici, je suis au grand air, une brise agréable me permet de respirer et de me sentir libre, mais les flashs réguliers des gyrophares et l’agitations des sauveteurs me paraît presque plus stressantes que la dimension pourtant infiniment plus dangereuse que je viens de quitter. Il me faut quelques secondes pour reprendre pieds dans cette réalité.

Dès que c’est chose faite, je cherche des yeux quelqu’un qui pourrait me renseigner. Je me dirige vers ce que je suppose être le PC quand je suis arrêté par une main fermement posée sur mon épaule.

- Officier Payne !

Je retiens un soupir en reconnaissant la voix de mon commissaire et me retourne avec le sourire las du héros ayant accompli son devoir.

- Monsieur le commissaire ?

L’avoinée que j’attendais commence. Les Japonais ne sont pas très fans de l’héroïsme individuel, je crois, mais peu importe. Je laisse passer quelques instants d’orage avant d’oser m’interposer.

- Puis-je poser une question, monsieur ?

L’autorisation est donnée sans enthousiasme.

- Comment va l’enfant que j’ai secouru ?

À son regard, je comprends que le mot « enfant » a fait mouche. Il me demande de m’expliquer, ce que je fais sans me faire prier.

- J’ai remis en place l’épaule d’un médecin et nous avons tous deux trouvé cet enfant. Il était censé le faire sortir du bâtiment pendant que je m’occupais de ce garçon que nous avons tiré de sous un plafond effondré.

Je ne suis pas sûr d’être très clair, à prendre les choses dans le désordre, mais un signe du menton vers Bruno, en train d’être pris en charge par les secours, appuie mon histoire. Et finit de moucher mon supérieur.

- C’était un garçon d’environ quatre ans, qui a dû sortir accompagné d’un grand gaijin blond et barbu.

J’apprends quelques minutes plus tard, par le pompier chargé de recenser les victimes, que le Doc et le petit ne devraient pas tarder à partir pour l’hôpital : leur pronostic vital n’est pas engagé mais leurs blessures nécessitent une prise en charge rapide. Moi, on voudrait que j’aille m’y faire examiner. Bien sûr. Compte là-dessus. J’irai y faire un tour mais plus tard, et uniquement pour prendre des nouvelles de Bruno et du petit. J'ai pas fait tout ça pour qu'on me colle une étiquette de victime.
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