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Camille Lloyd
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Mer 23 Jan 2019 - 0:24


Retrouvaille ?
tu parles d'un destin


D
ans la voiture, le clignotant surplombait légèrement la radio qui jouait un petit air de guitare appréciable alors que tu t'engageais dans la grande rue à la recherche d'une place. Dans un soupire, tu repensais à cette journée qui, à ton goût, avait été bien trop longue mélangé à une horrible sensation d'ennuis. Pourtant, le fait d'y repenser te fit légèrement sourire. Tu souriais parce que tu y avais survécu à cette journée, malgré les nombreuses pressions pesées sur les épaules, les remarques et autres faits désagréables entendu à longueur de temps. Tu ne t'étais pas dégonflé, tu avais avalé ta fierté et acquiescé sagement à tout. Tu étais l'étranger venant travailler dans un autre pays pour sauver son honneur perdu, sauf que pour eux, tu n'étais rien d'autres que le gars à qui ont refilent les tâches ingrates. Tes preuves tu étais encore loin de les avoir faites, néanmoins, tu ne te dégonflais pas, même après presque deux mois. Tu comptais bien leur montrer à tous, que tu étais bien plus qu'un sous-fifre.
Mais… tu souriais aussi parce que la petite secrétaire avait le don de faire oublier tous les tracas. Il suffisait de la voir et d'entendre sa voix mélodieuse pour se sentir bien. Et puis, discuter avec elle restait un plaisir, en particulier pour un nouveau qui tentait de se familiariser.

Quand la musique pris fin et que le présentateur repris l'antenne, une place se libéra derrière un 4x4 et, ni une ni deux, tu étais déjà garé, le moteur éteint avec un pied à l'extérieur de la voiture. Devant l'école la foule se dissipait doucement à chaque enfant qui retrouvait son parent, tant dit que d'autre attendait sagement le bus. Pendant les dix premières minutes, tu restas appuyé contre le capot de la voiture à les observer un par un, une cigarette à la bouche. Tu n'étais pas encore près à la laisser prendre le bus pendant une demi-heure le soir, mais sortir de cours pour marcher jusqu'à toi, était une autre histoire. Cependant, plus le temps s'écoulait et moins elle montrait le bout de son nez. De quoi te forcer à rentrer rapidement à l'intérieur et… à te perdre dans les couloirs. Au final, c'était plus pour cela que tu ne voulais jamais mettre un pied dedans, parce que tu n'avais aucune possibilité de t'y repérer facilement. Est-ce que c'était la classe de droit, ou celle à gauche tout au fond ?

« Monsieur Lloyd ! »

Faisant rapidement demi-tour, une sensation de soulagement apparu quand l’enseignante de ta fille s’approcha. Voilà au moins quelqu’un qui allait pouvoir te dire où diable cette petite teigne avait disparu. Mais elle te laissa à peine le temps de la saluer poliment qu’elle t'empêcha de poser toutes sortes de questions à son sujet.

« Monsieur Lloyd, je dois vous dire que Gwen a eu un petit accrochage aujourd’hui. »

De quels genres d'accrochage fallait-il s'attendre ? L'enseignante n'en ajouta guère plus à cela. Elle t'invite simplement à la suivre jusqu'à la salle de classe où Gwen attendait sagement assise à son bureau, affichant un maigre sourire d'excuse, pourtant pas plus alarmé quant aux représailles qui allaient lui tomber dessus. Voilà donc où elle était cachée, tu pouvais l'attendre un moment.

« Bon alors, qu'est-ce qui s'est passé.
Je l'ai averti deux fois comme tu me l'as montré.
Les surveillantes ont dit l'avoir vu frapper Kenji assez violemment. Et qu'elle savait ce qu'elle faisait.
C'est lui qui a commencé ! Il s'est moqué de moi. Il voulait pas se taire.
Pourquoi ? »

Gwen, baissa les yeux comme si elle avait soudainement honte. L'avait-elle provoqué ? Fallait-il commencé à faire face désormais à une pré-adolescente avec des envies de frapper sur le premier garçon qui lui tape sur les nerfs ? Au fond, il valait mieux ça qu'on t'annonce qu'elle s'était amusée à embrasser tous les jeunots en découverte de leurs propres corps. Mais, en fin de compte, elle se caressa doucement l'épaule gauche en redescendant le long de sa manche pendant dans le vide. La réponse était donc-là, elle n'avait pas besoin de le dire. Les moqueries d'un enfant sur un membre manquant pouvaient être d'une cruauté sans nom. Et pour la première fois elle venait d'en faire les frais. Et tu te sentais mal. Horriblement mal. Depuis l'accident tu n'arrêtais pas de te demander qui allait être l'abruti qui allait la blesser par des paroles ou des gestes sur son handicap – volontairement ou non. Et le fait qu'il n'y en avait eu aucun jusqu'à présent ne faisait que renforcer la peur naissante. Cependant, tu devais admettre qu'elle avait réagi bien mieux que tu ne l'aurais imaginé. Et au fond, tu préférais tout de même qu'elle soit punie pour avoir frappé un sale gosse, qu'en larme en te suppliant de ne plus jamais retourner à l'école.

« Écoutez… tu te racles légèrement la gorge, c'est peut-être ma faute. Je lui ai appris à se défendre. Ce n'est pas la meilleure chose qui soit je le conçois, mais, il y a de quoi être prudent. »

La preuve en était là non ? L'enseignante secoua la tête avant de longuement soupirer. Tu voulais bien croire que sa journée n'avait pas été meilleure que la tienne, plus encore avec des garnements pareils.

« Ça ira pour cette fois. Un avertissement. Son nez n'est pas cassé, mais elle devra faire sa punition et que ça ne se reproduise plus. »

Gwen hocha la tête et tu en fis de même. Cette punition allez certainement suffire pour aujourd'hui, mais tu espérais que l'autre allait en avoir tout autant pour le dissuader de recommencer. Dans le cas contraire, tu te faisais déjà une joie de discuter avec son père. Quoi qu'il en soit, elle pris ses affaires et, remerciant l'enseignant d'avoir été prévenu, il ne fallait pas attendre plus pour sortir de là.

« Tu vas me punir toi aussi ? Demanda-t-elle une fois assez loin.
Je devrais à ton avis ?
Mphf… Elle haussa les épaules, Je l'ai tapé. Tu m'as déjà dit que c'est juste pour me défendre. Jamais pour chercher les ennuis en premier. Et je me suis défendu. J'sais que c'est mal. »

Qu'est-ce que tu allais faire de tout ça ? Tu n'avais pas envie de la punir en plus de ce qu'on lui avait déjà donné. Quand bien même il le faudrait. Mais, si tu lui avais appris à balancer son poing en avant en cas de nécessité ce n'était pas pour lui dire que c'était mal juste après. Bien sûre que cela l'était, mais Gwen n'était pas une cancre de classe à passer son temps chez le directeur pour s'être battu encore et encore. Et puis, tu voyais bien à son attitude qu'elle n'en était pas spécialement fière d'en être arrivé-là. Une fois la grande porte de l'établissement passé, tu l'attrapas pour te mettre à sa hauteur, replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille.

« Écoute princesse, je ne vais pas dire que je suis fière de toi pour t'être battu. Par contre, je suis rassuré que tu te sois défendu. Même comme ça. Alors, non je ne vais pas te punir. J'aimerais simplement que ça n'arrive plus avant… avant un petit moment. Mais, ce n'est pas quelque chose qui dépendra de toi. En tout cas, je suis sûre qu'il te laissera tranquille après ce que tu as fait. »

Un grand sourire s'afficha sur son visage et c'était bien mieux ainsi. Maintenant, il était possible de rentrer paisiblement à la maison et de réfléchir accessoirement à ce que tu allais faire à manger. Si tu écoutais la petite voix du diablotin à côté de toi, des pâtes seraient évidemment le meilleur dîner. Encore. Elle tentait de t'en convaincre dur comme fer, avec des arguments qui auraient pu tenir la route si tu ne t'étais pas mis en tête de lui faire des repas variés et équilibrés - quelle connerie d'ailleurs. Et puis soudainement, ton visage qui avait cette note de joie se figea, tout comme tes gestes et tes pas. Planté là au milieu du trottoir à fixer comme le dernier des abrutis. Il fallut que Gwen tire plusieurs fois sur ton bras pour que tu prêtes de nouveau attention à elle. T'excusant vaguement sans plus d'explication, tu lui demandes d'aller jouer un instant avec les enfants restant, le temps d'aller discuter entre grande personne. Enfin, discuter était un bien grand-mot, mais il fallait bien commencer par quelque chose.
Quelles-étaient les probabilités pour que tu la croises ici ? N'étaient-elles pas aussi mince que de la rencontrer au supermarché ? Chez le coiffeur, ou encore dans le café en bas de chez toi ? Elles étaient toutes aussi mince les unes des autres. Peut-être même beaucoup trop pour que ce soit réel. Tu avais beau avoir pensé à ce moment de nombreuses fois, cela ne te donnait pas l'issu final à la situation. Mais quitte à pouvoir la coincer entre deux doigts pour une fois, mieux valait ne pas laisser échapper cette chance qui risquait d'avoir probablement bien du mal à se reproduire. C'est donc rapidement que tu traverses la distance qui vous sépare, Gwen ayant trouvé des amis avec qui jouer, sous la sécurité de quelques parents, tu pouvais te mettre de détourner le regard un instant. Interpellant la jeune femme en passant.

« Qu'est-ce que la journaliste Juliet Stranberg vient faire dans une école ? Vous êtes un peu loin de la presse à scandale il me semble. Ou vous venez de trouver un petit sujet croustillant à vous mettre sous la dent ? »

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Juliet M. Strandberg
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Lun 4 Fév 2019 - 23:30
Laisse la nuit
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Rédiger un article sur d'ignobles petits rejetons et y vanter les mérites d'une nouvelle méthode d'apprentissage n'est qu'une contrariété de plus s'ajoutant à son quotidien houleux ; rythmé par le claquement empressé de ses escarpins contre ce bitume que demoiselle Strandberg aime écraser à chacun de ses pas. Aujourd'hui pourtant, la journaliste a rangé ses talons Chanel au profit d'une paire de baskets usée. Ses grosses lunettes rondes ne flattent guère ses prunelles azurées et sa tenue, un gros pull gris floutant ses jolies formes et son jean déchiré lui donne une allure presque terne. Juliet n'a pas envie de s'apprêter, en ce jour morne ; et encore moins pour ces gosses sans cervelles ni réflexions, petits bambins étriqués d'esprit, gazouillant sur les premiers maux qu'engendre la préadolescence. Des êtres inintéressants, pourtant dotés d'un égocentrisme lamentable qui ne méritent pas de contempler le masque de femme parfaite que la Suédoise arbore si fièrement, lorsqu'elle n'est pas absorbée par son travail ou par sa console de jeux. Qui pourrait donc s'intéresser à ces pauvres mômes en quête d'identité ? Juliet soupire, et se tortille sur sa chaise, au fond d'une salle de classe bondée. La pièce est chargée des effluves désagréables que ces ados aiment proliférer : transpiration effroyable, chewing-gum poisseux, encre séchée et sébum dans les cheveux. Son doux parfum de chez Guerlain et l'odeur délicieusement fruitée de son shampoing bio ne suffisent pas à camoufler celle de cette classe envahie par les hormones en ébullition. Alors, pour se changer les idées, Juliet rêvasse, Juliet griffonne.

Entre ses notes sérieusement rédigées viennent se glisser quelques dessins, cafouillage d'un esprit qui dérive, divagations graphiques trahissant son ennui abyssal. Elle pourrait partir, si elle le voulait. Remercier chaleureusement les enseignants pour leur accueil et leur sollicitude à son égard, féliciter les gosses pour leur sérieux exemplaire et leur souhaiter une suite favorable, étirer ses lèvres de velours en un sourire enjôleur ; un de ceux dont elle a le secret, celui qui est juste assez polisson pour charmer la gent masculine mais pas assez pour offusquer l'assemblée féminine. Peut-être demeure-t-elle perchée sur cette chaise inconfortable pour, justement, apprécier les regards concupiscents que les quelques professeurs posent sur elle, et ce, malgré sa tenue commune.

« Nous tenons également à remercier St.. Stan.. Juliet-san pour sa présence dans nos locaux. »

Un regard contrit adressé à la demoiselle qui secoue la tête, dans un « ce n'est rien » muet, les prunelles emplies de bienveillance et de compréhension. Elle sait bien que les Japonais ont du mal à prononcer son nom si haché... ou bien doit-elle faire semblant de le savoir. Pauvre idiot, songe-t-elle sèchement, les lèvres pincées par le mépris qu'elle se retient de cracher. Un sourire plus tard, la jeune femme se lève avec langueur, tandis qu'elle noue ses cheveux dans un chignon déstructuré, seulement retenu par le crayon qui servait à ses notes. Les mèches rebelles encadrent son visage, viennent effleurer la monture métallique de ses lunettes, lunettes qu'elle fait mine de rajuster machinalement devant la panoplie de nippons subjugués par la couleur de ses yeux. Un regard plus clair encore que celui du ciel, plus froid et percutant que celui des mers mais semblable aux paysages glacials de Suède, son pays natal. Un regard qu'il est indubitablement rare de croiser dans ces contrées.

Sa voix, chaude et subtilement grave pour une fille, surtout de son physique, envahit l'atmosphère lorsqu'elle daigne céder quelques remerciements. Après ça, la demoiselle s'éclipse, chargeant son attitude d'une fausse humilité, avant de s'élancer dans les couloirs pour atteindre la sortie de l'école, l'exaspération bouillonnant dans tout son être. Non mais franchement ! Grogne-t-elle tout bas, incapable d'exprimer son agacement sans craindre d'envoyer son prochain interlocuteur sur les roses. Alors elle file, se faufile entre les élèves et les étudiants et quitte l'établissement sans se retourner, bienheureuse de rencontrer à nouveau cette brise fraîche venant rafraîchir ses poumons et balayer son doux visage pâle, déjà empreint de picotements discrets engendrés par le mordillement taquin du froid.

« Qu'est-ce que la journaliste Juliet Stranberg vient faire dans une école ? Vous êtes un peu loin de la presse à scandale il me semble. Ou vous venez de trouver un petit sujet croustillant à vous mettre sous la dent ? »

L'interpellée se retourne, curieuse de faire face à l'audacieux osant lui parler de cette manière – et, surtout, l’assimiler à la presse à scandales. Découvrant son visage, elle semble le reconnaître, sans savoir pourtant le situer dans la chronologie de son passé. Lui, en revanche, la connaît très bien et, à en juger par la manière dont il l'a abordé, Juliet pressent l'invective arriver. Ainsi se permet-elle de rétorquer d'emblée par le sarcasme bariolé de mépris ostentatoire. Son regard, d'abord, laisse deviner à cet homme tout le poids des jugements qu'elle lui accole ; elle laisse ses prunelles s'attarder sur les contours de son visage, tordant ses propres traits en une moue dédaigneuse, puis délie enfin ses lèvres, faisant claquer chaque syllabe contre la conscience de son interlocuteur.

« Je ne fais pas dans la presse à scandales, Monsieur. Si vous connaissez mon nom, vous savez que je suis avant tout spécialisée dans les articles traitant de sujets politiques, géopolitiques, droits et sociologiques... en somme, tout ce qui vous échappe totalement. À en juger par votre dégaine minable, vous n'êtes pas vraiment du genre à vous intéresser à ce genre de choses, ni même à comprendre ce que j'écris. »

Un sourire avenant, dégoulinant d'hypocrisie, vient ourler la commissure de ses lèvres railleuses, et la demoiselle conclut ensuite, alors qu'elle referme distraitement son bloc-notes :

« Qui êtes-vous, au juste ? »

Pando
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Camille Lloyd
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Dim 10 Fév 2019 - 15:35


Retrouvaille ?
tu parles d'un destin


C’
est aussi bizarre qu’étrange. C’est absurde. C’est inconcevable. C’est tout bonnement… C’est juste… il n’y a pas de mot exact pour qualifier tout ça. Pourtant c’est bien réel. C’est aussi vrai que te pincer le bout du doigt dans la poche de ton pantalon. Elle est là. Face à toi. Et tu pourrais n’en faire qu’une bouché, mais pourtant tu t’abstiens. Au final tu ne sais pas ce que tu veux, est-ce tu désires vraiment des réponses à toute ses questions, ou est-ce que tu ne souhaites qu’elle soit simplement aussi mal que toi ? La faire souffrir est une idée qui traverse vaguement ton esprit avant que la conscience ne reprenne le dessus et que tu souviennes que tu ne tiens pas à être aussi minable que cette dernière. Après tout, tu tiens à pouvoir te regarder dans le miroir tous les matins sans le moindre remord à son égard.

Pourtant, tu dois bien avouer que tu te fais violence à l’entendre. Son ton, son attitude, tout ce qui fait qu’elle soit cette désagréable Juliet Stranberg te donne envie de vomir. Ou de dire à l’entendre parler. Toujours cet air condescendant ? Est-ce qu’elle se croyait meilleure que toi ? Est-ce qu’elle se croyait meilleur que tout le monde parce que madame déblatter les louanges sordides de la politique ? Pour toi c’est improbable, personne ne peu aimer cette personne sur terre. A moins d’être aussi tordu que cette dernière. Tu te racles la gorge, ne soit pas méchant, ne la prend pas au jeu comme ça. C’est plus simple à dire qu’à faire.

« Un simple gars minable qui s’intéresse à toute presse en général. Surtout quand j’en fais le principal article. Mais c’est vrai que, même si vous l’aviez rédigé, ce n’était pas suffisamment politique pour que cela vous marque. »

Ce n’était qu’une simple histoire d’argent. Rien de plus. Rien de moins. Où était la politique qu’elle aimait tant dans tout ça, hein ? Tu lèves les yeux au ciel, ça y est, ça t’agace déjà alors que tu ne fais que commencer. Tu voudrais simplement pouvoir laisser tomber, tourner la page et passer à autre chose, mais t’en es littéralement incapable. Tu te sens pigé, enfermer, comme si c’était elle qui avait la clé de tout ce merdier.

« Mais vous avez raison, il y a beaucoup de choses qui m’échappent, en particulier quand vous êtes impliqué. »

Ta passé beaucoup trop de temps à chercher à comprendre que t’en es presque devenu fous. Tu avais même laissé trop de choses importantes de côtés pour ça. Pour qu’au final cela revienne au même, que le tout soit incompréhensible.

« Oh pardonnez-moi, je ne voudrais pas être impolie plus que de raison, ajoutes-tu une pointe de sarcasmes dans la voix et pourtant tu tends la main par politesse. Camille Lloyd. Je fais partie de la police. Je suis ravi de vous revoir Mademoiselle Stranberg. »

Ravi était un mot exagéré. Mais c’était parce que la situation l’était qu’il devenait tout bêtement parfait.

« Je me suis toujours demandé pourquoi vous aviez quitté les Etats-Unis du jour au lendemain pour un pays Nippon. La culture peut-être ?  C’est sûr que nous sommes à des kilomètres de ce que nous connaissons. »



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Juliet M. Strandberg
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Sam 23 Fév 2019 - 21:11
Laisse la nuit
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Qui est-il ? Juliet le dévisage lourdement, cet individu aux épaules larges qui s'impose ainsi à elle, son regard bleu oscillant entre méfiance et curiosité. Elle pourrait se sentir intimidée par sa carrure, craindre son animosité ou ses motivations, mais la jeune femme ne cille pas et poursuit son observation consciencieuse, fascinée par cet éclat du passé que son esprit a occulté. Lorsqu'il lui dévoile avoir fait l'objet d'un de ses articles, cependant, les souvenirs deviennent plus palpables, plus nets. Un sourire, à la fois contrit et moqueur, vient étirer la ligne racée de sa bouche.

Oui, elle se souvient de lui. L'affaire n'était pas des plus passionnantes, mais la série d'articles avait été assidûment suivie par les vautours composant sa horde de lecteurs. La voilà donc surprise de croiser cet homme, indubitablement fautif à tous les niveaux, en de telles contrées. Ne devait-il pas plutôt être en train de se morfondre et de regretter ses méfaits ? Juliet fronce le nez en une moue dubitative, les yeux remplis de jugements implacables à l'égard de cet odieux personnage. Son allure désinvolte et cette cascade de muscles ne lui inspirent pas confiance ; comme s'il était venu l'aborder pour écrabouiller son doux visage contre l'asphalte. Il lui rappelle ses camarades de lycée, échantillons de sportifs qui ricanaient bruyamment devant les salles de cours et qui, amputés de matière grise, jouaient à se donner des coups devant le portail de l'établissement. Cet homme ne lui évoque donc, pour l'heure, rien de plus que ces clichés un peu pathétiques censés définir les idiots irréfléchis.

Monsieur Lloyd, après s'être brièvement présenté, tend sa main à la journaliste. Celle-ci, prise au dépourvu, semble réticente à l'idée d'effleurer cette peau qu'elle devine rugueuse, peut-être moite et donc, totalement incompatible avec ses mimines de velours, pâles et élégamment manucurées. Elle hésite, lève les yeux vers ceux de son interlocuteur puis les baisse de nouveau vers la main qu'il lui tend, avant de céder malgré tout, et de venir la serrer à contrecœur. Sa main libre rajuste alors ses grosses lunettes rondes, comme pour conserver une certaine contenance, tandis qu'elle se maudit silencieusement d'avoir été déstabilisée par une politesse d'usage.

« Je me suis toujours demandé pourquoi aviez quitté les Etats-Unis du jour au lendemain pour un pays Nippon. La culture peut-être ?  C’est sûr que nous sommes à des kilomètres de ce que nous connaissons. »

Juliet sourit. Elle sourit pour cacher le malaise qu'engendre cette question faussement innocente. Sait-il qu'elle a quelque chose à cacher, des responsabilités à fuir ? Est-il seulement assez intelligent pour s'être renseigné à son sujet ? Elle voudrait le lui demander mais songe qu'il est préférable de tout nier. Son mariage stupide et les caprices de son bien aimé paternel ne regardent que sa propre personne, après tout. Camille n'a-t-il pas une vie suffisamment dévastée, pour s'intéresser ainsi aux déboires sentimentaux d'une journaliste parmi d'autres ? Car ces articles, n'importe qui les aurait écrits à sa place ; elle le sait. La demoiselle ne comprend pas. Méfiante et à l'affût de la moindre information, du moindre indice dissimulé dans une tournure de phrase, elle ne peut cependant s'empêcher de lui jeter un regard oblique, le défiant presque de venir ainsi s'immiscer dans sa vie. Ose seulement, songe-t-elle, acerbe, ses yeux bleus plantés dans ceux de son vis-à-vis. Ose et je t'écraserai une seconde fois.

« Faut-il vraiment une raison pour se laisser tenter par le dépaysement ? J'éprouvais un besoin de nouveauté et d'inconnu, c'est tout. Et vous, alors ? Que faites-vous ici ? »

Elle croise les bras et, nerveuse, se laisser aller à davantage de véhémence.

« Vous ne devriez même plus avoir le droit d'exercer, après tout ce que vous avez fait. Un policier proférant de fausses accusations devrait être immédiatement licencié. »

S'attarder sur les méfaits commis par Camille est aussi un moyen de ne pas parler d'elle. D'ignorer les questions et faire mine de n'y déceler aucun intérêt, donner l'impression de répondre à une banalité. En tant que journaliste, Juliet pense qu'elle se doit de poser les questions qui fâchent mais, à l'inverse, ne supporte guère lorsqu'autrui commence à s'intéresser à sa vie privée. Aussi espère-t-elle ne pas laisser parler l'impulsivité. Il lui faut assurément conserver tous ses moyens et rétorquer avec l'hypocrisie et le dédain qui la caractérise tant. Car autrement... sans doute risque-t-elle de dévoiler une facette pleine de lésions, un pan de cette Juliet bouffée par les incertitudes.

Pando
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Camille Lloyd
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Lun 18 Mar 2019 - 14:55


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L
e pays, la culture, la nourriture, les habitants, les immeubles, les maisons, les métiers… tout ça et bien plus encore semblaient à mille lieux de ce que tu pouvais connaitre auparavant. Le monde à l’envers des Etats-Unis et pourtant bien plus riches que ce dernier. Il était bien plus facile de s’imaginer un havre de paix par ici qu’en Amérique. A commencer par tout ce qui touchait au crime ; tu n’avais pas encore eu l’occasion de voire un pays Nippon faire la une des journaux pour un attentat ou un crime sanglant avec un meurtrier courant encore les rues. Un lot qui faisait facilement ton quotidien avant. Tout devenait subitement plus discret, plus secret, mère nature faisait plus facilement la une, que le reste. Et rien que pour cela tu pouvais comprendre que le dépaysement en valait grandement la peine. Si on ajoutait à cela les possibilités extraordinaires offertes aux enfants. Qui ne sauterait pas le pas ?
Néanmoins, pour ce qui la concernait, au plus profond de toi, tu ne la voyais pas partir simplement pour prendre un peu d’air, admirer un arbre en fleur et passer tous les dimanches après-midi à boire du thé paisiblement.

Tu restes calme à l’entendre. Tu ne veux pas lui offrir le plaisir de perdre pieds si facilement. Pas maintenant. Pendant une seconde, ton regard la dépasse pour observer ta fille s’amuser joyeusement. Loin de cette conversation et de tous ces problèmes qui s’engendre un à un. Le petit souffle de vie qui te permet de simple hausser les sourcils faussement surpris à ses paroles. Qui t’empêche de nier tout en bloque à chercher à te défendre comme si cela prouvait que tu étais en tort.

« Vraiment ? De fausses accusations ? Ah, c’est vrai que vous avez l’eu occasion d’avoir la « vérité » entre vos mains grâce à ce cher politicien. Une vérité qui tombait à point nommée pour le sortir de cette sale affaire. Vous les journalistes vous avez l’art d’arriver au bon moment n’est-ce pas. »

Une pointe de mépris dans la voix, pourtant tu ne fais que dire ce que tout le monde sait déjà. Ce que tout le monde pense vraiment des journalistes et de leur tendance a détourné le vrai du faux et inversement. Cela te travail encore depuis tout ce temps, ça ne te quittera jamais vraiment tant que ça ne disparaitra pas. Tant qu’on continuera à t’accuser de menteur, en commencer par elle. Pourtant, n’aurait-elle pas du se douter que ce qu’elle avait entre les mains étaient ? Que ce n’était que spéculations de plus qui permettait d’innocenter un homme qui ne le méritait pas ? N’aurait-elle pas du réfléchir avant d’agir ? Trop de questions qui te plombe le crâne, qui te font enrager, mais tu gardes la tête froide. Ce n’est pas en lui hurlant dessus que tu obtiendras ce que tu veux.

« Mais je ne suis pas là pour ça. Il faut savoir avancer, apprendre de ses erreurs ne pas commettre les mêmes. C’est pour cela que j’ai encore le droit d’exercer. »

Ça te brûle presque la lèvre de le dire, mais ce n’est pas entièrement faux. Cette situation à de quoi te faire réfléchir, voyant les choses différemment. Tu voulais qu’elle tombe, qu’elle paie pour ce mal commis et l’affreux mensonge qui en est ressorti. Tu voulais des explications, des réponses, mais tu désirais plus que tout la voire comprendre qu’elle ne s’était pas attaquée à la bonne personne en pactisant avec l’ennemie. Tu avais tes propres armes pour combattre. Tes propres informations à utiliser. Après tout tu étais flic et encore moins né de la dernière pluie. Le dossier sur elle, tu l’avais déjà en ta possession. C’était peut-être cruel, mais elle le méritait à partir du moment où elle avait fait de toi un homme immonde. Tu ne sais pas encore si tu tiens à la mettre en confiance, pourquoi pas, la chute en serait plus brutale. Elle te rend méchant, vengeur, très certainement sadique. La rancune est beaucoup trop tenace pour l’effacer d’un simple trait.

« Je voulais simplement m’assurer qu’il n’y avait pas de mal entendu entre nous. Nous serons très certainement amenés à nous revoir dans un cadre professionnel. Et que ce soit pour votre cas ou le miens, je suis certain que tout le monde espère que tout se passera pour le mieux. »

Tu souris légèrement, ce n’est pas un sourir amical, mais il n’est pas méchant pour autant. Il est des plus neutres alors que tu le regrettes amèrement. Il s’agit bien de la dernière personne pour qui tu as envie de sourire. Mais il faut ce qu’il faut.

« Vous êtes venue pour la beauté du pays en compagnie de votre mari ? Il doit être ravi du voyage. »



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Juliet M. Strandberg
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Ven 22 Mar 2019 - 23:03
Laisse la nuit
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Le mépris dans sa voix et l'amertume dans son regard, Camille cultive une rancoeur qui confère à ses paroles un élan doucereux, et ce dédain dégoulinant dissimulé derrière quelques politesses finit d'agacer la jeune journaliste. Elle ne cautionne pas la critique tacite du métier qu'elle s'efforce d'exercer jour après jour. La réticence d'autrui à l'égard des médias n'engage que les ignorants friands de théorie du complot ; la presse n'est certes pas partiale, toujours est-il qu'elle se démène pour quitter le carcan de ceux qui voudraient l'acheter ou la faire taire. A-t-il seulement le droit de lui servir un tel cynisme, alors même que son propre métier est entaché par les bavures policières fréquentes, pourri par les ripoux aux égos surdimensionnés et corrompu par une justice bipolaire ?

Juliet fronce les sourcils et croise ses bras, s'emmitouflant un peu plus dans son gros pull grisâtre. Ses longues mèches de cheveux encadrent tranquillement son visage, ballottées par le vent, masquant un regard glacial. Son interlocuteur souhaite écarter tout malentendu, mais Juliet n'est pas dupe. La coïncidence est trop grande, et devient improbable lorsqu'il aborde le sujet qui fâche : son mari. Ou plutôt, son fiancé - il n'est pas question de mariage dans un futur proche. Qu'il vienne ainsi l'aborder n'est pas un acte désintéressé. Consternée, elle songe que ces méthodes sont dignes de cet odieux personnage et son approche exagérément mielleuse renforce l'aversion quelle éprouve à son égard.

Elle rétorque, sans réfléchir, désireuse de défendre sa vie privée, encaissant très mal cette intrusion et ces insinuations sur son métier d'abord, et son fiancé ensuite.

« Il s'agit de mon fiancé. Ma vie privée ne vous regarde pas, à l'évidence ; vous pouvez garder vos questions pour votre esprit perfide. »

Peut-être se laisse-t-elle trop submergée par son impulsivité, sans doute devrait-elle agir comme si l'hypocrisie de cet homme ne l'atteignait pas, mais la jeune femme n'y parvient pas. Elle ne supporte pas l'idée que quelqu'un s'introduise ainsi dans ses affaires personnelles ; ses problèmes ne regardent qu'elle et son cercle familial, et n'ont pas à se retrouver entre les mains d'un policier véreux animé par une vengeance futile. Il peut la mettre dans l'embarras, s'il le désire ; s'attaquer frontalement à elle, remettre en cause son impartialité, si cela lui fait plaisir, mais il n'a pas le droit de toucher à sa famille. C'est perfide, oui, le mot est juste. Elle ne le regrette pas de l'avoir prononcé, avec le même mépris, les yeux plissés en une expression dédaigneuse.

« Je ne pense pas que nous nous reverrons, qu'il s'agisse d'un cadre professionnel ou pas. Remettez les pieds dans ma vie, et je ferais de vous la risée de ce pays. Si vous vous croyez malin en mentionnant ainsi ma famille, n'oubliez pas que je connais aussi la vôtre. Maintenant, s'il vous plaît, rejoignez votre fille et fichez-moi la paix. »

Il est inconcevable qu'elle reste plantée devant lui une minute de plus. Elle préfère la compagnie d'un café brûlant et de son ordinateur plutôt que de poursuivre cette conversation vaine. Elle n'apprécie pas les personnes qui tournent autour du pot. Elle, s'applique toujours à cracher la vérité telle qu'elle est, sans fioriture et sans y mettre les formes. Lui, il n'est pas clair, use de cynisme et de paroles doucereuses, comme s'il l'accusait de quelque chose - mais quoi ? Sa vie ne la regarde pas. Juliet a bien d'autres articles à écrire, des followers sur twitter à informer et, surtout, un raid à entamer sur son jeu vidéo préféré. Pas question, donc, de se prendre la tête une minute de plus avec cet individu abject, incapable de dévoiler les choses frontalement.

Sans un mot, elle se détourne et le laisse magistralement en plan, au beau milieu de la rue. Cependant, même si elle quitte le conflit la tête haute, après une diatribe pleine de menaces, Juliet ne peut s'empêcher de penser à son très cher fiancé indésiré. L'intervention de Camille l'a fatalement mis face à ses responsabilités.

Pando
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A deluge of word | ft. Juliet
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