It's not puppy love [PV. Nicolaus B.]

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Mer 3 Mai 2017 - 2:29
This is not a schoolgirl crush

Aujourd’hui était un jour spécial. Très spécial. Parce qu’aujourd’hui, Edgar avait enfin décidé de sortir, après un mois à ne rien faire, ou pour être plus exacte, se complaire dans la routine de ses cours sans essayer de sortir du confort d’Amai, il avait enfin réussi à se motiver pour mettre un pied dehors. Pas trop loin non plus. Ou en terre inconnu. L’incident du mois dernier au port lui avait largement suffit pour le restant de l’année. Non non, aujourd’hui il allait à la librairie. Celle qu’il aimait énormément, à Koyane… Même si en réalité, il voulait y aller pour pâque. Il avait tout prévu pour l’occasion, ça allait faire au moins depuis mars ! Il avait acheté à l’avance des chocolats noirs, fourrés, pralinés, au lait, à la fraise… de très bonne qualité importée d’Angleterre, et une bouteille de vin très bonne elle aussi offerte par son grand frère à sa dernière visite, qu’il ne comptait absolument pas boire parce qu’il n’aimait pas particulièrement ça, le vin. Il voulait... Il voulait vraiment remercier son aîné d'avoir toujours été patient et gentil avec lui, quand d'autres auraient parfaitement pu s'énerver au mutisme, aux manies ou aux tiques d'Eddy. Il ne savait pas quand, ni comment.

Il avait d'abord pensé à la st.Valentin, mais l'idée lui était très vite sorti de l'esprit, trop de signification. Le premier de l'an, il était parti le fêter en angleterre avec Berith, donc impossible dans le courant Janvier d'aller souhaiter un quelconque voeu à monsieur Basham. Il ne savait même pas quand celui-ci était né, donc prétexter lui souhaiter son anniversaire serai très mal venu. Pâque lui semblait donc la seule fête valide, elle n'avait pas de sens affectif, elle n'était pas aussi loin que noël, ou complètement inconnu comme ledit anniversaire... Mais pourquoi ne pas y être aller pour pâque, donc, si Edgar était si bien préparé ? Pour la simple et bonne raison qu’il repoussait l’échéance. D’un jour, deux jours, une petite semaine. Il pouvait prétendre être occupé, et s’excuser. Il trouvait aussi que ses paquets cadeaux n’étaient jamais assez parfait pour offrir au libraire. Toujours un nœud lâche de travers, du scotche trop visible, une plissure du papier hideuse… Alors, il refaisait toujours tout. Il changeait à chaque fois de papier, de couleurs de rubans, il réécrivait cent fois la même petite carte de vœux, changeant le support à multiples reprises. Tout ça avait fait qu’il n’était pas venu le jour même comme prévu, ni avec deux semaines de retard, mais bien au tout début du mois de mai. Et ce n’est pas comme s’il n’avait pas essayé de venir plutôt non plus ! très loin de là ! Edgar avait même été à cinq reprises devant la vitrine de la librairie, à fixer tout bêtement l’intérieur, et monsieur Basham à son comptoir, sans oser rentrer, ou lui faire signe. Il avait à chaque fois jugé que celui-ci était bien trop occupé pour ses enfantillages, ou qu’il y avait toujours trop de monde dans la boutique et que ça allait le gêner plus qu’autre chose. Donc chaque fois, il repartait penaud et en courant à moitié dans l’espoir de ne pas avoir été vu.

Parce que la dernière chose qu’il voulait faire… C’était bien de déranger son aîné, ou qu’il le prenne pour un gamin, voir un lunatique. Même si cela faisait bientôt deux ans qu’ils se connaissaient et de temps à autres parlaient un peu plus longtemps que nécessaire à la caisse quand il n’y avait personne pour les déranger, et qu'il n'y avait donc rationnellement aucune raison pour que ça soit le cas... Il adorait particulièrement ces moments privilégiés aussi courts pouvaient-ils être. Comme quand le libraire l’aidait à attraper un livre trop haut dans un rayon, ou lui conseillait quelques nouveaux imports. Mais rien de tout cela ne voulait dire que l’affection qu’Edgar avait pour son homologue était réciproque. Il était certain qu’au contraire, monsieur Basham n’était agréable avec lui que par pur politesse, parce qu’il était un client régulier, et que traiter mal un client, qui plus est venant presque dix fois par mois, serai très mal venu, et un mauvais choix pour son business. Tout ça pour dire que le petit brun n’était pas rassuré sur le fait qu’il n’allait pas l’ennuyé avec ses cadeaux trop personnels et inopportuns.

Mais il s’était décidé. Aujourd’hui il faisait beau. Aujourd’hui on était un jour de semaine. Et aujourd’hui, il n’avait pas cours. Il pris une bonne heure à trouver une tenue adéquate et jolie, à se maquiller soigneusement les yeux, à choisir son gloss à la pêche qui mettait vraiment ses lèvres en valeur, et même, pris le temps de coiffer sa masse de cheveux quasi indomptable, juste pour l'occasion. Il changea aussi une énième fois tous ses papiers cadeaux, rédigea trois fois une nouvelle carte de remerciement sur un petit carton bleu pâle, osa même cacher un poème entre deux boîtes de cloches en chocolat, et s’était mis en route. Le soleil tapait assez fort en ce début d'après-midi d'ailleurs. Il en regrettait de ne pas s’être couvert les épaules ou d’y avoir appliqué de la crème solaire, parce que plus il avançait, plus toute la peau exposée au soleil le tiraillait. Sans compter qu'il était en noir, brillante idée qu'il avait eu de foutre du noir aujourd'hui, avec un soleil aussi brûlant. Il avait heureusement eu la bonne idée de mettre un collant sous son short taille haute, tous les deux blanc et bleu respectivement, sinon il serait mort d’une insolation et d’une brûlure au troisième degré avant même d’avoir passé la rue de son lycée. Son sac à dos plein a craqué des diverses denrées, aussi, lui faisait vraiment mal au dos. Peut-être que rentrer était une meilleure solution ? Rien ne semblait en sa faveur aujourd’hui… En plus, son marchand de glace favori était fermé.

Il se battait vraiment contre lui-même pour ne pas rebrousser chemin. Plus Edgar avançait dans les rues pourtant familières du district, plus il avait envie de repartir en courant et de donner tous ses chocolats à son colocataire, ou à ses professeurs tant l'appréhension et l'anxiétés le bouffaient. De quoi allait-il avoir l’air avec autant de choses dans son sac ? D’un idiot. Oui c’était ça. Monsieur Basham allait le prendre pour un niais, qui voulait acheter son affection avec des biens matériels. Ou son pardon, parce qu’Edgar n’était plus revenu dans la librairie depuis le mois de mars, début mars. Ce qui faisait un sacré bon moment. Comment expliquer une telle fuite ? Une disparition pareille ? C’était inexcusable, inacceptable. Et si monsieur Basham s’était inquiété pour lui, d’une quelconque manière ? Il allait être bête de lui répondre qu’il n’était pas venu parce qu’il avait trop peur de lui offrir des sucreries. Il n’avait honnêtement pas de meilleure excuse. Il avait juste été lâche. Comme d’habitude.

C’était finalement à bout de force mental qu’il fut capable de se tenir face à la vitrine. Longtemps. Vraiment longtemps. Trop longtemps. Une bonne quinzaine de minutes. Oh bien sûr, il faisait semblant d’observer les nouveaux livres, sans avoir l’air très nerveux, mais intérieurement il hurlait à s’en crever les poumons. Il voulait vraiment fuir. Encore une fois. Sans compter que la librairie, cette fois ci, était véritablement vide. Il n’avait plus d’excuses. Aucunes. Le brun, prenant le peu de courage qu’il n’avait déjà pas en partant, fini, enfin, après un mois d’attente, à pousser la porte du magasin. Il y faisait frais. Il y faisait un peu sombre. Comme d’habitude. Et il se rendait finalement compte que l’odeur des livres, du bois, et le léger parfum ambiant du propriétaire des lieux lui avait extrêmement manqué.

Sans plus attendre, il s’avança vers la caisse, en déposant son sac au sol, tentant de faire le moins de bruit possible, pour s’acheter autant de temps de repis qu’il pouvait, avant de dire, d’une voix beaucoup trop faible pour qu’on l’entende à dix centimètres.


« B-B-Bo-Bonjour… M-M-M-mm-Monsieur B-Basham … »



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Ven 12 Mai 2017 - 23:23
▲▼Depuis trop longtemps  C'était bien aujourd'hui que Nicolaus avait reçu une nouvelle cargaison de livres provenant d'Angleterre, tôt ce matin même. C'était probablement ce qui l'avait mis d'aussi bonne humeur. Pas qu'il ait été de mauvaise humeur plus tôt cette semaine, non. C'était une chance. Ainsi, il avait mis les boîtes dans l'arrière-boutique, et ne faisait qu'attendre impatiemment la fin de la journée pour fermer et mettre en rayon  les nouveaux articles. Il n'avait malheureusement pas su le faire ce matin, à peine était-il revenu de l'arrière-boutique qu'il y avait déjà trois clients dans la librairie. S'il n'avait pas du faire face à la même situations plusieurs fois au cours des années passées à exercer ce métier, il n'aurait pas imaginé que d'attendre aurait été aussi dur. C'était surmontable, bien sûr, mais s'il n'était pas quelqu'un qui savait se contrôler, il serait en train de sauter sur place. Et puis il ne voulait pas installer tout ça pendant que les clients étaient là, il devait être au comptoir la plupart du temps pour aider les clients s'ils en avaient besoin.

Et puis, comme souvent ces derniers jours, il voulait être là pour voir si jamais un certain client entrait dans la boutique. Ah, Nicolaus n'était pas du genre à s'attacher particulièrement aux personnes, encore moins aux clients, mais il ne pouvait s'empêcher de se dire que le jeune Edgar était un client particulier, plus, un ami, et il se sentait au moins bien inquiet, l'étudiant ne s'étant plus montré depuis plusieurs jours, en tout cas bien plus de jours que d'habitude. Après, Nicolaus se doutait que c'était pour une raison idiote, comme une simple maladie. Ou une maladie grave. Dans les deux cas, ça ne l'empêchait pas d'avoir toutes les raisons de s'inquiéter, et d'espérer revoir au plus vite le jeune homme. Ce jeune homme qu'il appréciait tant pour plein de raisons parfaitement valables. Avait-il déjà vu quelqu'un d'aussi jeune et cultivé à la fois ? Non, c'était bien le seul. Et ce n'est pas tout, il avait de très bons goûts, en plus. Et bien des choses encore. Tout chez lui était particulier, et c'était bien de loin un des clients préférés du libraire.

Il aurait vraiment voulu le voir apparaître, ici et maintenant. Alors qu'il y avait une absence totale de clients, et une chaleur beaucoup trop étouffante. Heureusement que ce dernier point était chose remédiable grâce à la climatisation. Mais rien n'y faisait, toujours aucune trace du garçon. Il avait fini par se faire une raison, ce ne serait sans doute pas aujourd'hui qu'il reverrait Edgar. C'est quand même bien dommage. Eh bah il n'avait plus qu'à espérer que la librairie allait à nouveau se remplir durant la journée, il ne savait pas trop ce qu'il allait faire sinon, à part attendre.

Et puis, s'il commençait à avoir des hallucinations, ça n'allait pas aller. Parce que oui, c'était bien une hallucination qu'il avait, d'Edgar devant la librairie ? C'était pas vraiment drôle, ça. Et puis il n'avait jamais eu d'hallucination, jusqu'ici. Ce qui le faisait se dire que ce n'en n'était peut-être pas une. Mais vraiment, il se serait montré à l'exact moment où Nicolaus l'aurait espéré ? Le hasard fait quand même bien les choses. Il était étonné, vraiment. Et espérait qu'Edgar entrerait. Allez, il ne pouvait pas avoir fait tout ce chemin pour rien.. Il pouvait, en soit. Mais ce serait dommage. Voilà, c'est bien ce qui lui semblait. Un léger sourire étira ses lèvres lorsqu'il vit le jeune homme entrer. Ça faisait longtemps qu'il n'avait plus souri honnêtement en voyant quelqu'un entrer.

« Monsieur Rose, bonjour, bonjour. Puis-je vous être d'une quelc-quelconque aide ? »

Il aimerait lui dire autre chose, lui demander s'il allait bien, des choses moins formelles, mais il ne pouvait pas se le permettre. Il se contenterait alors de lui sourire gentiment, déjà plus que rassuré de le voir ici. 

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Sam 10 Juin 2017 - 3:43
This is not a schoolgirl crush

Merde. Il était à la caisse. Pas dans un des rayons. Ou dans l’arrière-boutique. Ou parti dire bonjour au pâtissier d’à côté lui demander s’il lui restait des scones à la myrtille. Non, évidemment que non, il fallait que monsieur Basham se trouve en face de lui, bien fixe à son comptoir, et ne lui laisse pas une seule seconde de plus, au cas où, si il voulait se retracter et définitivement fuir à jamais. Edgar se sentait tout petit. Très honteux. Sans compter le sourire du libraire qui le mettait dans tous ses états. Il était par ailleurs cramoisie, il le sentait bien: au point de nager dans sa propre transpiration nerveuse. Qu’est-ce qu’il pouvait répondre ? Comment expliquer que son sac était plein a craqué de cadeaux pour lui ? C’était impossible. Il était certain que son aîné ne s’était même pas inquiété de son absence ! Sinon il lui aurait demandé comment il allait non…? Ou peut-être pas... Au fil des années, la formalité et la politesse amical de monsieur Basham, il avait réussi à la décrypter, un peu, ou il pensait la comprendre en tout cas. Mais quand même, ne rien lui demander sur son bien être après trois mois d’absence...

« O-o-oo-o-oh… j-j-je… n-n-n-nn -n-non j-je je… je ne s-s-ssuis pppas venu p-p-p-pour… pppour ça… S-s-sauf si… v-v-v-vous av-v-vez de n-n-n-n-nouveaux recueilles…. De Ri-R-Rimbaud…»

Oui parce que depuis le temps, le libraire n’avait définitivement pas remarqué l’obsession d’Edgar pour ce poète. Ca ne faisait que le vingt-neuvième ouvrage qu’il lui avait acheté en mars depuis le début de l’année. Fixant toujours très nerveusement le sol, il se mis à tapoter rapidement sur le bois frais de la console, se tâtant pour trouver une manière correcte de présenter les faits. Parce que plus le silence persistait, plus le petit anglais avait l’affreuse impression de s’enfoncer la tête la première dans son propre bourbier.

« Urhm… »

Bon. De toute façon, après tant d’efforts, ça ne servait plus à rien de repousser l’inévitable. Edgar était conscient qu’il allait se faire rejeter, il devait accepter sa stupidité, son élan d’affection beaucoup trop grand pour son interlocuteur depuis maintenant une bonne année, et aller jusqu’au bout de sa manœuvre, peu importe les conséquences. Tant pis s’il mettait monsieur Basham dans l’embarras, comme ça, ils y seraient tous les deux !  Avec un courage qu’il venait de retrouver, et soulevant son sac pour le déposer sur le comptoir, il commença à en sortir un à un chaque petits paquets. D’abord les chocolats, les… dix boîtes de chocolats, oui. Puis les pâtes d’amandes, les trois petits sacs de dragées, les guimauves qu’il avait fait maison, et enfin la bouteille Château Margaux.

« C-c-cccc-c-c-‘est p-p-pp-our vous… Jjj-j-j-jj-je… vvv-v-v-vvvous n’êtes p-p-p-p-pas obligé d’accepter évi-vi-viv-videment… »

Il le savait, il venait enfin de complètement se ridiculiser, c’était bel et bien fait. Tout la crédibilité et le respect qu'il avait si durement gagné venait très probablement de s'écrouler dans les yeux de monsieur Basham. La table en bois était remplie a craqué de ses cadeaux idiots et il ne pouvait plus retourner en arrière. Il avait tellement honte, tout ce que le petit brun voulait maintenant c’était disparaître entre deux livres en haut d’une étagère et ne plus jamais en sortir. Ou mourir dans l’instant, tout de suite. Enfin, ça allait peut-être arrivé, il était déjà mortifié de honte, il n’avait pas réalisé à quel point il avait accumulé les présents au fil des mois, il ne l’avait absolument pas vu, et c’était avec les larmes aux yeux qu’il reposa son sac à dos au sol, pour jeter son regard dans le vague, loin, très très loin de son homologue, et griffer nerveusement son bras pour ne pas fondre en larme.

« …J-jj-j-j-jje comptais… vous l-l-l-les offrirs… p-p-p-p-pour pâque… j-j-j-j-j’ai eu… quelque-que-que emp-p-pêchhhhhement… m-mm-mais je su-su-suppose que.. m-m-maintenant la pen-pentecc-c-côte est p-p-p-p-p-plus à pro-propos… »

Un peu d’humour, pas vraiment, du tout même. Le sourire et le rire qu’Edgar avait essayé de lancer semblait ridiculement faux, tombant mollement à terre porté par sa voix tremblante, et l’avait même emmené d’autant plus près des larmes que son bras en devenait rouge à force du frottement frénétique qu’il lui faisait subir. Il n’allait plus jamais pouvoir revenir dans cette librairie, il ne sortirait plus jamais de son lycée, oh non, s’il devait seulement regarder monsieur Basham une seule fois de plus dans les yeux il en mourrait dans la seconde. Il le savait, il le savait, il le savait, déjà son aîné devait être dégoûté qu’un gamin aussi pathétique que lui tente un rapprochement gros comme une baleine. Il devait le trouver répugnant, le détester, le mépriser, il le sentait, c’était sûr, c’était certain. Tout chez Edgar était puéril, ridicule, nul, nul, nul ! Et voilà, il commençait déjà à pleurer, le dernier clou dans son cercueil.

« J-j-j-je suis désolé… j-je… je.. umh… »

Reniflant grossièrement et clignant rapidement des yeux pour effacer ces quelques larmes roulant le long de ses joues, il se mordit nerveusement la lèvre. Il n’avait pas le droit de pleurer, si ? Non, non, il n’avait pas le droit. C’était de sa faute. Il devait assumer maintenant. Il aurait pu partir devant la vitrine, ou bien même jeter tous ses cadeaux à la poubelle quand il en avait l’occasion. Il aurait pu revenir bien plus tôt, comme si de rien n’était, mais il avait décidé d’aller jusqu’au bout, et il allait assumer. Par contre, la fuite en toute finesse, c’était autorisé, qui plus est s’il restait dans la librairie. Tout pour s’échapper de cette affreuse situation qui le rendait nauséeux.

« j-j-jje… je vais… uh … all-all-allez… v-voir… l-l-l-le r-r-rayon… h-h-hhabituel… s-s-si v-vous… avez… b-b-besoin de m-m-m-e trouver m-m-m-onsieur Basham… »

Et sans attendre une seule seconde une quelconque réponse, le jeune anglais pris la poudre d’escampette vers les livres anglosaxon, les recueils de poèmes évidemment. Cherchant nerveusement parmi eux un quelconque Poe, Verlaine, Hugo ou autre Baudelaire qu’il n’aurait pas encore en sa possession. Il feuilletait les pages sans vraiment les lires, respirait fort, en essayant d’arrêter ses pleures nerveux. Il tentait de se couper du monde, petit à petit, pour ne pas entendre le libraire arriver derrière lui pour le chasser de sa librairie avec tous ses présents qu’il ne voulait pas, ou se sentir d’autant plus jugé par le seul homme dont il ne désirait… non, dont il avait ardemment besoin du respect et de l’affection, quel qu’elle soit.


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Jeu 22 Juin 2017 - 21:54
▲▼Depuis trop longtemps  Le pauvre garçon, il avait l'air d'avoir terriblement chaud ! Par cette température aussi, c'était à en mourir ! Il espérait tout de même que le pauvre Edgar n'allait pas faire un malaise. Enfin, si jamais ça arrivait quand même, Nicolaus savait quoi faire. C'était le minimum. Et ça ne l'empêchait pas d'espérer fortement qu'il n'arrive rien de mauvais au jeune garçon. Peut-être pourrait-il lui proposer un verre d'eau ? Il ne savait pas trop. Il avait peur de le vexer, d'une manière ou d'une autre. Il ne voulait pas gâcher l'entente qu'il parvenait à avoir avec lui.

 « Malheureusement, pas encore. Pas encore. Mais ils devraient arriver avant le m-mois mo-mois prochain... »

Ils avaient du retard, d'ailleurs. Ça faisait une semaine qu'ils étaient censés être arrivés. La prochaine fois, il se rendrait lui même sur place, ça demanderait certes plus d'énergie, mais au moins les choses seraient faites rapidement et correctement. Et comme ça, il aurait des articles de qualité à proposer à ses clients, dont à Edgar. Enfin bon. Visiblement, le jeune garçon souhaitait lui parler. Lui parler de quoi, Nicolaus ne le savait pas. Mais il n’allait tout de même pas lui demander. Ça ne se faisait pas. Qu’est-ce qui se faisait, au juste ? Il n’en savait tellement rien, n’ayant absolument pas l’habitude de se soucier de ce qu’il pouvait dire ou faire. Alors ce qu’il jugeait être mieux , c’était de sourire gentiment et attendre patiemment, sans pour autant avoir l’air de particulièrement attendre quoi que ce soit. Ne pas le presser. Ça ne servirait strictement à rien.

En voyant le garçon poser son sac sur le comptoir, Nicolaus ne saisit pas directement. Il ne comprit même rien du tout. Encore moins en le voyant sortir diverses sucreries ainsi qu’une.. Un bouteille de Château Margaux ? Grands dieux. Qu’est-ce qu’il comptait faire avec tout ça, pas lui donner tout de même, si ? Eh bien si, visiblement. Mais voyons, ce n’était pas raisonnable du tout ! Et en quel honneur se voyait-il offrir tout ceci ? Sans s’en rendre compte, il se mit à cligner plusieurs fois des yeux, rapidement. Il ne pouvait décemment pas accepter, mais il n’allait pas refuser ! Il n’avait aucune envie de refuser ! C’était terriblement gentil de la part d’Edgar, et serait-ce là des guimauves maison ?

« Voyons Edgar.. V-Voyons, c’est extrêmement génér-gén-gé-généreux de votre part, c’est… C’est avec g-grand très gra-grand plaisir qu-que j’ac-j’ac.. J’ac-J’accepte. Mer-mer-merci… Beaucoup ! Merci beaucoup Edgar… »

C’était la première fois qu’il avait la chance de recevoir autant de petits présents, si ce n’étaient ceux de sa sœur. Et il devait avouer que ça le rendait.. Heureux. Qu’on puisse penser à lui, que ce soit pour Pâques ou pour la Pentecôte, et qu’on ait fait l’effort de venir le voir juste pour lui donner tout ça. Ça le touchait réellement,  et qu’il le veuille ou non, il avait l’impression que ça se verrait sur son visage. Les émotions fortes, ça le rendait plus expressif qu’il ne l’était en temps normal. Mais Edgar, Edgar il n’avait pas l’air heureux, pourtant. Pourquoi donc ? Encore une fois, Nicolaus ne comprenait pas. Est-ce qu’il parviendrait seulement à un jour parfaitement comprendre la personne qu’était ce garçon ?

« T-Tout… Tout…T-T-T-Tout va bie-bien, bien, Edgar ? »

Tout n’allait très visiblement pas bien, mais il préférait demander, il ne voulait pas se montrer envahissant, il se souciait juste de la réaction du plus jeune. Il avait raté quelque chose. Il avait peut-être même dit ou fait quelque chose qu’il  n’aurait pas dû. Il devait s’excuser, et ne pas laisser Edgar s’excuser et pleurer alors que lui n’avait rien fait de mal.

« E-Edgar ! »

Il l’avait suivi, parce qu’il ne voulait vraiment le voir dans un tel état par sa faute. ..C’était terriblement égoïste comme réaction. Mais le temps qu’il s’en rende compte, il avait déjà posé une main qui se voulait réconfortante sur son épaule.

« Merci enc-encore p-p-pour l-les cade-cadeaux. Les cadeaux. Cadeaux. J’apprécie v-vraiment vraiment… Je-je ne sais même pas com-com-comment comment v-v-v-vous vous vous remercier, mais j-je peux vous proposer un verre d’eau… Verre d’eau, et un en-en-end.. Un endroit.. Un endroit où vous… Un endroit où.. Où vous reposer ? Ou bien une ch-chaise. Plus.. Simplement. V-Vous… Vous semblez terriblement fatigué, c’est com-compré-compré-compréhensible avec cette chaleur.. Je-Je ne vou-vous forc-force à rien..À rien du tout. Je… M-Merci. Encore. »

Il avait enlevé sa main de l’épaule du garçon, et s’était mis à doucement sourire. Il voulait arranger la situation, et il allait le faire. Du mieux qu’il pouvait. C’était possible, il avait confiance en lui, pour une fois.

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Dim 3 Sep 2017 - 21:14
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L’espace d’un instant, Edgar eu l’impression d’entendre… D’entendre une réponse positive de la part de Nicolaus… ? C’était… C’était tout bonnement impossible, non ? Sans doute ses oreilles déjà bouchées par toutes les larmes qui lui montaient à la tête et sa respiration saccadée le faisaient mal entendre les choses, il n’y avait aucuns autres choix. C’était juste, juste, juste impossible, qu’un homme aussi bien que Nicolaus lui dise oui ! Vraiment horriblement impossible. Edgar comptait se le répéter jusqu’à en avoir mal à la tête pour oublier ses fichues hallucinations auditives ! Sans compter qu’à cause de sa bêtise, il avait fait cligner des yeux le libraire, et ça, ça il savait que s’était vraiment vraiment mauvais à faire ! Une des dernières choses qu’il voulait faire subir à l’homme pour qui il avait des sentiments aussi profonds était bien une crise de panique ! Alors après avoir fui comme un lâche, il ne su même pas faire attention à la question qu’il venait de lui poser, probablement lui avait-il demandé de sortir de sa boutique tant sa présence pesante, gênante et ennuyeuse le mettait mal à l’aise, mettait tout le monde mal à l’aise. Certes, la boutique était complètement déserte. …Et bien Il rendait les livres de mauvaise humeur un point c’est tout ! voilà ! Mais parti comme il était, il n’allait sûrement pas pathétiquement revenir sur ses pas totalement en larmes avec de la morve lui coulant partout sur le visage pour bégayer au bel homme de répéter la question. Heureusement qu'il avait appris avec les années à être silencieux, manquerait plus qu’il couine et gémisse, rompant définitivement le calme et la sérénité des lieux.

Perdu dans les pages qu’il faisait sauter quatre par quatre mécaniquement sans même savoir lire ou voir un quelconque mot à cause de ses yeux troublés, il ne remarqua au début absolument pas que Nicolaus l’avait suivi, ou appelé, il avait simplement sursauté et fermer un peu trop brutalement le recueille qu’il avait en sa possession, sentant une main se poser sur son épaule.  Il tremblait toujours autant, et il appréhendait affreusement ce que le libraire comptait lui dire. Le mettre à la porte, oui, oui, oui, définitivement le mettre à la porte, qu’est-ce qu’il voulait bien faire d’autre ? Au moins il avait eu la délicatesse de ne pas lui ramener son sac plein des cadeaux rejetés. Edgar était tellement obsédé par l'idée de se faire virer qu'il n'avait pas remarquer que ses larmes coulaient à flot sur les pages du pauvre livre …Pourtant à sa plus grande surprise, les premiers mots qu’il entendit furent des remerciements. Avec une voix… Une voix qui ne montraient pas une once de dédains, ou d’agressivité, ou de dégoût, un ton très doux et gentil, forçant le jeune garçon à se tourner, pour mieux observer le visage de Nicolaus… Lui non plus, il n’avait aucunement l’air fermé, ou excédé… Ca lui coupa même l’espace d’un instant ses sanglots tant sa surprise était grande. En plus de tout ça, il s’inquiétait, il s’inquiétait, il s’inquiétait vraiment beaucoup de son état ! ……Ce qui suffit à le refaire pleurer, oui, mais pas de tristesse, il en était touché et extrêmement ému. Il allait certainement bien dormir en rentrant chez lui le soir, et son corps recommença finalement à trembler de partout. Ses mains un peu trop faibles, laissèrent tomber le livre au sol déjà bien amoché.

« Merci, merci, merci, m-m-m-m-m-m-mer-r-rci…. Vous-vous-vous êt-t-tes… trop gentil… trop…. Trop gen-gen-gentil… M-m-m-mmMonsieur Basham…. J-J-Je suis… Je suis… désolé de v-v-v-vous… de vous emba-emba-embarrassssssss-sss-er de la s-sorte…. »

S’il s’écoutait, tout de suite, il sauterait volontiers entre les bras du libraire, pour le serrer autant que son corps en mourant d’envie depuis plus d’un an le pouvait, mais il n’avait pas le droit, un tel retournement de situation après s’être lui-même humilié de la sorte restait inespéré, et le gâcher avec un stupide besoin d’affection physique allait certainement tout détruire. Il se contenta simplement de se baisser et ramasser le pauvre livre en piteux état, les feuilles étaient un peu plié, en prime d'être ruinées et humides… Quelle énorme cruche il faisait, franchement, pire qu’un gamin de trois ans, immature et stupide.

« La-La-La-La r-r-réserve… La réserve... E-e-et un ve-ver-verre d’d’d’d’eau… Ser-seseseront… largement suffi-suffi-suffisant… M-Monsieur… E-E-Excusez-sez-sez moi… pou-po-pour le livre… J-J-Je vous le rem-rem-rembourse…»

C’était bien le moins qu’il pouvait faire au vu de la situation, d’autant qu’il se voyait mal lui rendre une marchandise maintenant abimée par ses larmes et sa maladresse et s’attendre à ce qu’il le vende, même s’il possédait déjà un exemplaire du volume, tant pis. Ca lui fera un doublon, c’est toujours utile les doublons. D’un pas rapide, et fort bancale, Edgar se décida donc de revenir vers la caisse… Toujours recouverte de cadeaux, qu’il ne voulut même pas regarder, certes, Nicolaus avait accepté, mais était-ce vraiment sincère ? N’avait-il pas eu pitié de ses larmes… ? Il n’en savait rien, tout se mélangeait trop dans sa tête. Et puis, il n’osait pas non plus aller autre part, il n’avait aucunes idées d’où pouvait bien se trouver la réserve. Derrière la caisse ? Au fond du magasin ? Pourquoi il avait balbutié la réserve de toute façon ?? Il en demandait trop, tellement trop ! Il aurait très bien pu juste accepter une chaise au milieu d’un rayon calme et ne plus rien dire, son interlocuteur avait déjà été trop gentil de lui proposer tout ça ! En plus, si de nouveaux clients arrivaient, il allait le garder avec lui, occupé parce qu’il n’était pas capable de contrôler ses émotions de gros bêta.

« O-O-Ou bien… une chaise auss-aussi-aussi. Une chaise… c’est-c’est-c’est très bien… J—J-J-Je ne… Je ne veu-v-veux pas… pas vous dé-dé-déran-ranger plus… qu-qu-que je le fais d-dé-déjà… s-si vous voulez j-j-j-jje peux même p-p-p-partir… E-e-excusez m-m-m-moi… »

Le côté positif, c’est qu’il savait encore assez se contrôler pour ne plus hyperventiler, ou se remettre à pleurer et s’effondrer par terre. Après tout il avait bien vu ce que ça avait donné avec une de ses camarades, il n’avait pas envie de retenter l’expérience et se faire crier dessus. Il s’appuya assez maladroitement une nouvelle fois sur le comptoir, ramassant avec peine son sac maintenant presque vide, et se l’enfilant sur le dos, essuyant tant bien que mal la morve avec son poignet, gémissant un peu de dégoût en en tirant un énorme filet le geste terminé. Il se sentait terriblement malade maintenant, pire qu'avant et sa tête recommençait à lui tourner.

« E-E-Est-ce que… v-v-vous.. vous… vous avez r-r-reçu… D’aut…d’autres re-re-recueilles… D-D-Du M-M-Maupassant? »



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Ven 1 Déc 2017 - 22:27
▲▼Depuis trop longtemps Le pauvre garçon, mais le pauvre garçon..! Nicolaus se sentait mal pour lui, actuellement. Il se sentait même très mal. C'est à dire qu'il n'avait pas vraiment l'habitude de voir des gens pleurer. Ou bien il n'y faiasait pas attention, tellement pas attention qu'il ne se souvenait plus de si c'était déjà arrivé ou non. En tout cas, il était absolument certain qu'il n'avait jamais vu quiconque qu'il connaissait pleurer. Enfin, s'il pouvait se permettre de dire qu'il connaissait Edgar. Du coup, ça lui faisait très bizarre et il se sentait vraiment mal. Il n'avait même pas fait attention au livre qui était tombé, c'est dire. Il avait surtout hésité à prendre les mains d'Edgar dans les siennes pour faire en sorte qu'elles tremblent peut-être un peu moins, mais il s'était abstenu.

" P-P-Pas de soucis-soucis.. Vous ne-ne-ne-ne m'embê..tez pas du t-t.. Du tout ! Je suis dé-so-solé de pas savoir résoudre tous v-v-vos vos v-v-vos soucis comme ça, ça serait v-vraiment mi-mieu-mim-mieux, j'aimerais beau...Beaucoup.. "

Il avait failli se décider à lui prendre les mains, mais Edgars s'était baissé juste avant qu'il n'ait eu le temps de faire le moindre mouvement. Oh... Eh bien une autre occasion se présenterait sûrement, ce n'et pas comme si c'était très important. Et il culpabilisait un peu de l'avoir laissé se fatiguer à ramasser ce vulgaire bouquin, il avait l'air déjà bien assez fatigué comme ça.

" D'accord, tout tout t-tout de suite ! Ce n'est r-rien, ce n'est certai-cert.. Certain-cer-certainement pas le seul exem-ex-exemplaire exemp-..-laire que j'ai. Ne vous faites pas de souc-soucis. Je ne vous en v-veux pa-pas du tout ! "

Il n'avait aucune raison de lui en vouloir, le pauvre ! Il ne voulait pas l'idée avec l'idée d'un quelconque remboursement, ce n'est pas un quelconque livre, de quelque origine soit-il, qui allait changer la phase du monde de Nicolaus. Il allait donc poser sa main sur le bras du jeune garçon, pour le guider vers la réserve qui se trouvait à l'arrière de la boutique. Ils y seraient tranquilles, et les potentiels client n'auraient qu'à attendre qu'il ait fini de s'occuper d'Edgar.

" Et que diriez v-vous d'une ch-chai-ch-chaise dans la rés-réserve..? Et je vous en p-p-p-prie, ne partez pas... Pas dans cet ét-état. Si vous ten-tenez vraiment à partir au plus tôt... je v-veux au moins qu-que que.. Que vous partiez avec le sou-le sourire. "

Parce qu'il était vraiment magnifique, quand il souriait. Non. Ca ne se dit pas, enfin. ALlez, il allait hâter le pas vers la réserve, et attraper une petite boîte de mouchoir sur une des étagères au passage, pour en proposer au plus petit en souriant.

" C'est votre jou-jour de chance, Edg-Edgar... Parce que si j-je je ne me tr-tr-trooo.. Trompe pas, j'ai trois nouveaux recueils d-de Maupassant.. Je vai-vais vous chercher ça en plus d-de votre ve-verre d'-d'eau, je ser-serai-serai là d'ici trente secon-secondes, je vous le promet ! "

Et Nicolaus était du genre à tenir ses promesses. Alors il allait courir. Courir prendre les trois recueils, il savait bien où ils étaient situés, tout comme les verres et les bouteilles d'eau qu'il gardait en cas de besoin. Du coup, il était de retour après une vingtaine de secondes. Il n'avait pas su remplir le verre d'eau sur le chemin, mais il allait le faire maintenant après avoir délicatement posé les trois ouvrages sur les genoux d'Edgar.

" Le Horla, l'Inutile Beauté, et Mademoiselle Fifi. Ils sont arrivés la semaine passée, et aucun n'a été ach-ach-acheté. Je vous les o-les offre, si ça peu-peut vous red-redonner redonner le sourire.. "

Sourire qu'il avait lui même affiché, en se permettant de poser sa main sur l'épaule du jeune homme, tirant une chaise vers lui pour également s'asseoir. Il pouvait aussi lui donner son verre d'eau, maintenant.


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It's not puppy love [PV. Nicolaus B.]

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